Kev Adams : « Pour la première fois de ma vie, je ressens un profond besoin de solitude »


Qu’avez-vous envie de transmettre au public avec cette nouvelle comédie ?
Du lâcher-prise ! C’est un film feel good qui se partage en famille ou entre amis. On a tenté de faire la comédie la plus rythmée et la plus drôle possible, tout en transmettant des messages importants. On explore aussi plusieurs registres d’humour, de l’humour noir à l’absurde, dans la lignée de ce que faisaient Les Nuls à l’époque, en passant par la comédie de situation, que Philippe Lacheau maîtrise très bien. On s’est vraiment éclatés à faire ce film. J’espère qu’il séduira un large public.

Une séquence dans laquelle une spectatrice critique ouvertement votre film est devenue virale sur les réseaux sociaux. Êtes-vous aujourd’hui plus détaché face aux critiques ?
Ça fait partie du jeu. On a vu plus de 50.000 personnes lors des avant-premières, et une seule a exprimé un avis négatif. J’ai été surpris par sa réaction, mais je n’ai pas réagi avec dédain ou énervement. J’ai tenu à l’écouter et à prendre en considération le ressenti de cette jeune femme. Et puis, ce buzz en dit long sur la société d’aujourd’hui et notre époque. Ce qui plaît sur les réseaux sociaux, c’est le sang. C’est ce que les gens cherchent. Vous savez, je suis même heureux de l’ampleur qu’a prise cette vidéo. Au moins, ça fait parler du film ! Il y a quelques années, un buzz de la sorte m’aurait clairement fait chier. Je suis moins control freak qu’avant.
Dans « La Maison de nos rêves », votre personnage enchaîne les péripéties pour devenir propriétaire d’un bien. Et dans votre vie, quelle place l’immobilier occupe-t-il ?
Je m’en fous complètement ! On m’a toujours dit qu’il valait mieux investir son argent dans l’immobilier. Alors, je tente de m’y atteler intelligemment. J’ai la chance d’avoir un père qui a travaillé pendant longtemps dans ce domaine. Il me conseille un peu, mais la seule chose qui me passionne vraiment dans la vie, c’est mon métier.
Vous avez pourtant acheté une maison aux États-Unis…
C’est vrai ! J’en rêvais depuis toujours. Vous savez, je crois énormément au pouvoir de la manifestation. Depuis mon plus jeune âge, je tiens un carnet dans lequel j’inscris tous mes rêves. J’en ai rayé beaucoup, et j’en suis très fier. Quand l’opportunité d’acheter à Los Angeles s’est présentée, j’ai foncé. Là-bas, je retrouve cette énergie du débutant. J’ai l’impression de devoir à nouveau faire mes preuves, et c’est très stimulant.
Votre participation à « America’s Got Talent » a fait l’unanimité. Ça vous a redonné confiance ?
(Il réfléchit.) J’ai toujours eu confiance en moi, c’est d’ailleurs l’une de mes plus grandes qualités. Cela dit, je ne m’attendais pas à ce que mon passage marque autant les gens. Dans ma tête, il y avait une espèce de séparation entre la France et les États-Unis. J’étais convaincu que personne ne verrait ce passage. J’ai reçu énormément de messages positifs. Certaines personnes ont pris conscience du travail que cela impliquait de faire de l’humour en anglais. Cette expérience m’a ouvert des portes aux États-Unis et me permet aujourd’hui d’y partir en tournée avec mon prochain spectacle. C’est incroyable. Même si je cultive ce « rêve américain », je n’oublie pas d’où je viens. Quand on fait ce métier, le plus dur, c’est de durer.
Ce qui plaît sur les réseaux sociaux, c’est le sang
Craignez-vous parfois d’être oublié ?
De moins en moins. Avant, ça me faisait extrêmement peur. Quand j’ai connu mes premiers succès à 21 ans, j’avais peur que ce soit éphémère. J’étais pourtant convaincu d’être à ma place. Par la suite, j’ai connu des échecs qui m’ont à chaque fois servi de leçon et fait grandir. Aujourd’hui, je suis beaucoup plus tranquille et apaisé. Pour la première fois de ma vie, je ressens un profond besoin de solitude. Je n’ai plus envie de combler mon agenda avec des milliers de projets.
Ressentez-vous le besoin de devenir père ?
Oui. J’aimerais beaucoup fonder une famille. Je pense être prêt à endosser ce rôle.
Vous ne serez pas dans le jury de la prochaine saison de « Mask Singer »…
C’est vrai ! J’ai besoin de lever le pied et de trouver de la créativité ailleurs. Après neuf saisons, je pense avoir fait le tour. Je trouve ce programme formidable, mais j’ai l’impression de ne plus trouver la même joie qu’avant.
En détail
« La Maison de nos rêves », au cinéma dès le 7 octobre.
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