Un vendredi sous haute tension en France: “Dans la rue, les enfants sont en danger”
Blocages scolaires
Le mouvement de contestation des lycéens français lancé la semaine dernière en région parisienne s’étend désormais à de nombreuses villes du pays où les affrontements se multiplient. L’évolution de la situation à suivre en direct ci-dessous.
Source: Belga, AFP
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09:50
Le ministre de l'Education appelle les parents à l'aide
Quatre cents lycées fermés par les autorités, de nombreux cours en distanciel: après les violences de jeudi en France, le mouvement des lycées se poursuit vendredi sous haute tension, alors que le ministre de l'Education doit rencontrer syndicats et associations lycéennes.
Le mouvement de blocage des lycées, rejoint par les étudiants pour demander davantage de moyens, s'est enflammé jeudi dans de nombreuses villes de France, Matignon condamnant des "violences urbaines" et en imputant la responsabilité à La France insoumise.
Vendredi matin, le ministre de l'Education nationale Edouard Geffray a demandé l'aide des parents : "dans la rue, les enfants sont en danger", a-t-il souligné sur BFMTV.
Jeudi, 900 actions ont été dénombrées devant des lycées, tous les départements étant désormais concernés, et les forces de l'ordre ont procédé à près de 2.000 interpellations, selon les autorités. Plus de 300 policiers et gendarmes ont été blessés, le ministre Laurent Nuñez condamnant "une violence débridée".
De son côté, Édouard Geffray a annoncé que 65 personnels de l'Éducation nationale - dont 40 proviseurs et 170 élèves - ont été blessés depuis le début du mouvement. "Il y a clairement une entreprise d'attaque et de destruction du service public de l'Éducation".
"Plus d'une centaine de lycées ont connu des dégradations sévères", a par ailleurs indiqué M. Geffray.
Le garde des Sceaux Gérald Darmanin a demandé aux procureurs d'engager la responsabilité civile des parents en cas de dégâts provoqués par leurs enfants afin de leur faire "payer les réparations", a-t-il dit vendredi sur RTL.
Tous les préfets ont pris des arrêtés d'interdiction de manifester vendredi aux abords des lycées fermés.
A Rennes, vendredi matin, la tension est déjà présente, avec devant le lycée public Jean-Macé, des lycéens cagoulés et en noir, non loin de nombreux policiers.
20:34
Hier
Près de 2.000 interpellations jeudi, 305 policiers et gendarmes blessés
Près de 2.000 personnes (1.949) ont été interpellées jeudi en France dans le cadre du mouvement de blocage des lycées, essentiellement pour atteinte aux personnes dépositaires de l'autorité publique, violences et attroupements, a annoncé le ministère de l'Intérieur.
Au cours de la journée, la place Beauvau a décompté 305 policiers et gendarmes blessés, le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez condamnant "une violence débridée".
En tout, 900 actions ont été dénombrées ce jeudi devant des lycées, tous les départements étant désormais concernés, selon une source sécuritaire.
17:29
Hier
Les revendications des lycéens: des moyens supplémentaires à la suppression de Parcoursup
Les lycéens mobilisés sur les blocus revendiquent plus de moyens humains et financiers pour l’Éducation nationale, se plaignent de la pression de Parcoursup, de professeurs non remplacés, de bâtiments délabrés ou encore d’emplois du temps trop chargés.
17:02
Hier
Manuel Bompard (LFI) accuse le gouvernement de "sombrer dans le complotisme"
Le coordinateur de LFI Manuel Bompard a reproché jeudi à Matignon de "sombrer dans le complotisme".
"J’appelle le gouvernement à ne pas sombrer dans le complotisme et dans l’infantilisation des lycéens. Ce mouvement spontané est né d’une exaspération face à des conditions d’éducation absolument indignes (...) Il est temps que le premier ministre renonce à jouer la stratégie du pourrissement et de la provocation", a-t-il confié à l'AFP.
16:56
Hier
Le centre, la droite et l'extrême droite accusent LFI
À 7 mois de la présidentielle, le mouvement de colère des lycéens attise les tensions entre les différents camps politiques. Le gouvernement de Sébastien Lecornu, le centre, la droite et l'extrême droite ont tiré à boulets rouges sur le parti de Jean-Luc Mélenchon, l'accusant d'exploiter les événements.
Le mouvement a basculé vers des "violences urbaines", a affirmé jeudi le gouvernement français, qui évoque une "manoeuvre organisée" par la gauche radicale.
Mercredi, Gabriel Attal (Renaissance) avait déjà accusé LFI de se "servir des jeunes comme de la chair à canon électorale" et de "les mettre en danger".
Édouard Philippe (Horizons) a dénoncé "l'exploitation cynique" et "scandaleuse" des "lycéens par LFI".
"En envoyant ses députés devant les établissements, Jean-Luc Mélenchon porte une lourde responsabilité dans la situation que connaît aujourd’hui notre pays", a déclaré pour sa part Marine Le Pen sur X.
Le candidat LR Bruno Retailleau voudrait même faire étudier "l’interdiction de LFI, un parti qui est fasciné par la violence, qui appelle à la sédition et même qui essaie d’organiser l’insurrection".
Éric Ciotti (UDR, proche du RN) maire de Nice, a également dénoncé les "gourous d'ultra gauche derrière les violences" et espéré qu'ils soient "condamnés avec une sévérité absolue". Il a appelé à sanctionner les familles des "casseurs" impliqués.
16:11
Hier
Matignon pointe une "manoeuvre organisée par LFI et ses proxys de l'ultra gauche"
Les services de renseignement français estiment que le mouvement de blocus des lycées est une "manoeuvre organisée par LFI et ses proxys de l'ultra-gauche", a indiqué jeudi Matignon à l'issue de la cellule interministérielle de crise qui s'est tenue sur le sujet.
Les services du Premier ministre estiment par ailleurs que le mouvement a basculé vers des "violences urbaines".
Pour Matignon, il existe un "constat partagé par les services de renseignement sur l'origine du mouvement": ce serait une "manoeuvre organisée par LFI et ses proxys de l'ultra gauche", accusent-ils.
16:03
Hier
Édouard Philippe dénonce "l'exploitation cynique des lycéens par LFI"
Le candidat d'Horizons à l'élection présidentielle et maire du Havre, Édouard Philippe, a pointé du doigt l'influence de LFI dans le mouvement de colère des étudiants à travers la France. "L’exploitation cynique des lycéens par LFI et les forces politiques qui veulent tout conflictualiser est scandaleuseé, a-t-il écrit sur X. "Tout peut déraper très vite. Et tout drame serait immanquablement exploité par ceux qui ont intérêt à l’affrontement", a-t-il ajouté.
15:29
Hier
Le ministre de la Justice, Gérald Darmanin, réunit les procureurs généraux en urgence
Le ministre français de la Justice, Gérald Darmanin, a convié les 36 procureurs généraux à une réunion d'urgence en visioconférence à 17h30 ce jeudi, relate Le Figaro.
Par leur intermédiaire, le garde des Sceaux entend transmettre une directive aux parquets: la fermeté de la justice face aux débordements des mouvements lycéens.
15:04
Hier
Un journaliste de M6 agressé à Marseille
Un journaliste de la chaîne M6 a été "violemment agressé" en plein reportage devant le lycée Saint-Exupéry, à Marseille, relate la SDJ de la rédaction de M6 info. Sa caméra a également été "détruite", ajoute la même source.
Le groupe M6 a condamné les faits et annoncé son intention de porter plainte.
15:03
Hier
Budget Education 2027: "On ne fait pas d'économies sur la jeunesse"
"La priorité à l'éducation est objectivement préservée": le ministre Édouard Geffray, alors que les lycéens sont dans la rue, défend son budget 2027 pour l'Education nationale en hausse de 1,2 milliard d'euros, malgré les contraintes budgétaires, pour un total de 64 milliards.
"Ce budget apporte d'abord une réponse très concrète à la question du manque d'enseignants, grâce à la réforme du concours qui nous a permis d'atteindre un taux de recrutement inédit depuis vingt ans", a souligné le ministre français [...] On a un budget qui augmente dans un contexte de fortes contraintes. Le gouvernement ne fait pas d'économies sur la jeunesse. On investit pour leur avenir."
15:00
Hier
La direction d'un lycée "éclabousée d'essence" à Marseille
À Marseille, les équipes administratives du Lycée Victor-Hugo ont été agressées ce jeudi, éclaboussés d'essence selon le rectorat et la préfecture de police, relate BFM.
Un proviseur, un proviseur adjoint, une secrétaire générale et un chef d'équipe ont été visés. Ils ont annoncé déposer plainte.
14:57
Hier
Des campus universitaires rejoignent le mouvement
Des facultés ont rejoint jeudi les lycées qui, à travers la France, organisent des blocages pour réclamer des remplacements de professeurs et davantage de moyens, dans ce qui pourrait prendre corps et devenir "l'acte II" de cette mobilisation sociale de la jeunesse.
Selon l'Union étudiante, une trentaine de campus sont bloqués jeudi matin, à Paris, Strasbourg, Marseille, Lyon 2, Reims, Poitiers ou encore Nanterre. Il s'agit d'une mobilisation "historique" selon le syndicat étudiant. Les accès sont empêchés mais les universités peuvent passer les cours en distanciel, selon le syndicat.
Pour la seule journée de mercredi, 625 personnes ont été interpellées et 83 policiers et gendarmes blessés. Depuis le début des blocus, 119 élèves et personnels ont été blessés.
14:48
Hier
Mouvement des lycéens: transports en commun interrompus à Marseille et Strasbourg
La circulation des bus, tramways et métros a été interrompue jeudi à Marseille en raison "des déprédations et des agressions de conducteurs" survenues dans la matinée sur le réseau, en marge du mouvement des lycées, a annoncé la Régie des transports métropolitains (RTM).
"L'exploitation reprendra dès que les conditions le permettront, en lien avec les forces de l'ordre", a précisé la RTM, dans un communiqué, ajoutant que l'exploitation du tramway d'Aubagne est également interrompue.
À Strasbourg, la circulation des tramways est interrompue à la demande de l'Etat, "afin de limiter les mouvements des casseurs et manifestants", a annoncé jeudi le préfet du Bas-Rhin, alors que des dégradations se produisent devant plusieurs lycées de la capitale alsacienne.
Le préfet Amaury de Saint-Quentin a en outre interdit jusqu'à vendredi la détention, le transport et l'utilisation de mortiers d'artifices ainsi que le transport de carburant en bidon, selon un communiqué de la préfecture.
Douze personnes ont été interpellées, a ajouté le représentant de l'Etat, faisant état de dégâts "significatifs". Un magasin d'articles de sport a en outre été "victime de pillages", a-t-il précisé.
Comme ailleurs en France, des journalistes de l'AFP ont vu des jeunes s'attaquer au mobilier urbain à proximité de plusieurs lycées strasbourgeois. Devant le lycée Couffignal, dans le sud de la ville, certains s'en sont pris aux abris du tram et ont incendié des poubelles et des barrières en plastique, provoquant la fonte de caténaires.
14:35
Hier
Une dizaine d’écoles bloquées par des élèves à Liège
Des actions spontanées sont menées par des étudiants devant plusieurs écoles de la région liégeoise depuis jeudi matin.
Au total, une dizaine d’écoles seraient touchées, selon le secrétaire régional de la CGSP Enseignement, Jorre Dewitte. Les forces de l’ordre ont fait état de jets de projectiles (pétards, œufs, pommes, barrières...) et de “nombreuses dégradations”.
Dans la foulée de leurs collègues français, les élèves revendiquent “des classes moins nombreuses et des professeurs en suffisance, mais aussi une vraie écoute des élèves et des parents, ainsi qu’une école accessible à tous”, a-t-il précisé.
14:30
Hier
Le Premier ministre Sébastien Lecornu convoque une cellule de crise interministérielle: une école incendiée à Nantes
En tout, 340 actions étaient en cours dans la matinée devant des lycées et 169 blocages ont été comptabilisés, selon les remontées policières. En Île-de France, plus de 200 lycées étaient perturbés, dont une cinquantaine "le théâtre de violences, d’affrontements et de dégradations", selon la Région.
À Nantes, un "incendie volontaire", dont l'origine n'a pas été précisée, a été déclenché dans le hall du lycée Nelson Mandela. À Marseille, le proviseur adjoint et deux autres personnels du lycée Victor-Hugo ont été éclaboussés par des "individus qui mettaient de l’essence dans des conteneurs", a précisé le rectorat. Des incidents violents ont également eu lieu à Besançon, et à Toulouse où des jeunes ont envahi certaines artères et les rails du tramway, bloquant complètement la circulation en certains points. À Strasbourg, la circulation des trams a été interrompue pour "limiter les mouvements des manifestants".
Réunion de crise à Matignon
Face à la situation, Sébastien Lecornu a convoqué une réunion de crise jeudi à 13h au ministère de l'Intérieur. Le Premier ministre avait dénoncé lundi sur le réseau X une "surenchère irresponsable" d'élus de la France insoumise qui avaient appelé, comme le député Louis Boyard, à "étendre" le mouvement de blocage des lycées. Le leader de la France Insoumise Jean-Luc Mélenchon lui avait aussitôt répondu en l’accusant d'avoir "ordonné la répression" du mouvement "avec un arrière-goût raciste évident", et en appelant élus et militants LFI à s'"interposer partout où" ils le peuvent.
Plateforme de concertation
Pour tenter d'apaiser la colère des lycéens, le ministre de l'Education Édouard Geffray avait lui proposé mercredi, l'ouverture d'une "plateforme de concertation" à laquelle "tous les lycéens pourront contribuer". Il rencontrait jeudi matin à Versailles des lycéens élus du conseil académique de la vie lycéenne (CAVL).
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