Rentrée scolaire : plus de 3000 postes d’enseignants encore à pourvoir au Québec

À moins de deux semaines de la rentrée scolaire au Québec, 3132 postes d’enseignants, soit 3,6 % de l’ensemble de l'effectif, sont toujours à pourvoir au Québec, un nombre en baisse par rapport à la même période de 2025 et de 2024. Des acteurs du réseau scolaire demeurent toutefois prudents avant de se réjouir de ces données du Tableau de bord de l’éducation (nouvelle fenêtre).
Nombre et proportion de postes d’enseignants à pourvoir
| Postes à pourvoir | Proportion de postes à pouvoir | |
|---|---|---|
| 10 août 2026 | 3132 | 3,6% |
| 11 août 2025 | 4115 | 4,4% |
| 14 août 2024 | 5705 | 6,1% |
C’est encore préoccupant, même s’il y a une légère amélioration de la situation
, indique le président de la Fédération des syndicats de l’enseignement (FSE-CSQ), Richard Bergevin.
Il reste du travail à faire
, confie le président de la Fédération québécoise des directions d’établissement d’enseignement (FQDE), Francis Côté. Il y a une légère inquiétude quant au nombre de postes à pourvoir. Mais ça fait partie du processus normal des choses et on va suivre la situation de près
, assure-t-il.
Je crois qu’il y aura des gens dans les écoles. Mais est-ce qu’on aura du personnel qualifié? La question est davantage là
, poursuit M. Côté, qui est toutefois soulagé de constater un certain retour à la normale
quant à la santé financière du réseau scolaire, qui a été bousculé l’an dernier par un yoyo budgétaire important et déstabilisant, rappelle-t-il.
Il ne faut pas normaliser quelque chose qui ne l’est pas. On doit soutenir ceux qui arrivent et qui n'ont pas toute la formation nécessaire pour être capables de prendre en charge des groupes
, enchaîne M. Bergevin. Les données au sujet du nombre d'enseignants non légalement qualifiés seront connues, elles, plus tard cet automne.

Richard Bergevin, président de la Fédération des syndicats de l'enseignement (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Louis-Philippe Arsenault
MM. Bergevin et Côté affirment qu'ils souhaiteraient aussi que le portrait des postes vacants du personnel professionnel et de soutien soit publié, histoire d’avoir une vue d’ensemble des besoins du réseau. Il y en a de moins en moins, de ce personnel-là, pour aider les élèves à la réussite. Et ces gens-là, s'ils ne sont pas là, ce sont les enseignants qui se retrouvent avec leurs tâches sur les épaules, et c'est de plus en plus lourd
, décrit M. Bergevin.
Rien pour améliorer le phénomène de désertion des enseignants qui est en cours, rappelle-t-il.
De son côté, le nouveau président de la Fédération des comités de parents du Québec (FCPQ), Jimmy Meunier, dit préférer voir le verre à moitié plein qu’à moitié vide. C’est certain que, comme parent, c’est toujours un peu inquiétant de savoir qu’à deux semaines de la rentrée, il y a encore des postes d’enseignants à pourvoir. Par contre, on a un peu plus de prévisibilité depuis quelques années, et c’est ce qu’on souhaitait
, résume-t-il.
Depuis l’été 2024, à la demande de l’ancien ministre de l’Éducation Bernard Drainville, les enseignants connaissent en effet leurs affectations deux à trois semaines plus tôt qu’avant.

Francis Côté, de la Fédération québécoise des directions d'établissement d'enseignement (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Cédrick Tremblay
Une méthodologie ajustée
Le ministère de l’Éducation a apporté des changements à sa méthode de dénombrement des postes totaux dans le réseau scolaire en avril dernier. Par exemple, certains postes qui ne devaient pas être pris en compte, comme les postes abolis ou les doublons, ont été retirés du calcul.
Cela explique en grande partie pourquoi le nombre total de postes d’enseignants est passé de près de 93 000 l’an dernier à un peu plus de 87 000 cette année, selon le ministère. Il ne s’agit pas d’une baisse réelle du nombre de postes, mais d’une amélioration dans la façon de les comptabiliser
, est-il précisé dans le Tableau de bord de l’éducation.
Si ce n’était ce changement, la proportion de postes à pourvoir aurait été de 3,3 % et non de 3,6 %, précise le ministère. Le représentant des parents Jimmy Meunier se réjouit de ces ajustements qui permettent d’avoir un portrait plus juste de la situation
.
La Fédération autonome de l’enseignement (FAE) émet, elle, une sérieuse réserve quant aux nouvelles statistiques. Tant mieux si la façon de chiffrer la pénurie est plus représentative de la réalité. Toutefois, personne ne peut affirmer que moins de postes demeurent à pourvoir, puisque nous ne sommes plus en mesure de comparer ces données avec celles de l'année précédente. On parle quand même de plus de 3000 personnes enseignantes à recruter, ce qui pose problème à deux semaines de la rentrée scolaire
, souligne la vice-présidente à la vie professionnelle de la FAE, Annie-Christine Tardif.
Des différences régionales
Certains centres de services scolaires (CSS) se démarquent par leur forte proportion de postes d’enseignants à pourvoir. Par exemple, les CSS de Montréal (7,1 %), de Laval (6 %), des Laurentides (8,4 %) et des Premières-Seigneuries (5,5 %), ce dernier dans la région de Québec, sont parmi les grands centres de services scolaires se situant franchement au-delà de la moyenne québécoise.
À l’inverse, d’autres, comme les CSS de la Capitale (0,3 %) et des Découvreurs (0,1 %), dans la région de Québec, des Affluents (1,3 %), dans Lanaudière, des Mille-Îles (1 %), dans les Laurentides, ainsi que de Marguerite-Bourgeoys (2 %) et de la Pointe-de-l’Île (2,9 %), à Montréal, manquent moins d’enseignants que la moyenne.
La ministre de l’Éducation, Sonia LeBel, n’a pas souhaité commenter l’ensemble de ces nouvelles données à leur sortie. Il s’agit d’un processus administratif habituel. On laisse le processus suivre son cours
, s’est contenté d’indiquer son cabinet.
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