Chrysanthèmes : les familles limitent leurs dépenses pour la Toussaint

C’est un rituel incontournable de la fin octobre. À quelques jours de la Toussaint, les clients affluent dans les pépinières pour acheter les traditionnels chrysanthèmes. "C’est un budget certain, mais par respect pour nos morts et nos défunts, je pense que c’est important de faire le petit effort une fois par an", témoigne cette cliente.
Les arbitrages financiers se font sentir dans les achats. Honorer les sépultures est une tradition, mais cette année, elle demande un effort particulier. "Il y a d’autres priorités. Il y a des priorités par rapport au chauffage, par rapport à l’éclairage, par rapport à l’eau qui va augmenter, tout simplement la vie de tous les jours. Étant veuf, je dois faire attention". "On limite, mais nous mettons quand même sur les tombes habituellement de la famille. Donc ça représente quand même un petit budget d’une centaine d’euros", confient ces deux autres clients.
Jusqu'à 30 % de ventes en moins
La clientèle est bien au rendez-vous, mais les volumes achetés sont en baisse par rapport à l’an dernier. "Les gens nous font part de leurs préoccupations" explique Julien Castiglione, pépiniériste et producteur de chrysanthèmes à Berloz. "Ils s’interrogent sur comment remplir la cuve à mazout, les palettes de pellets. Ils ont d’autres préoccupations, je pense, pour le moment. On est facilement 30 % en dessous des ventes au même moment de l’année dernière."
À Vivegnis, le constat est similaire pour Jean-Pierre Houben, commerçant. Depuis 19 ans, il propose des chrysanthèmes à sa clientèle et observe aussi une baisse des ventes. "Cette année, c’est flagrant. Moi, je connais mes clients, ils sont tous des habitués. Je sais plus ou moins ce qu’ils prennent. Un client qui prenait 7 fleurs ou 10 pouponnettes, cette année, il en prend 3 ou 2. Ils me le disent honnêtement, écoute, cette année, on va restreindre un petit peu parce que les finances ne sont pas très réjouissantes et ils prennent nettement moins."
Dans certaines familles, malgré les préoccupations financières du moment, la tradition de fleurir les tombes demeure. Cette année encore, les chrysanthèmes resteront le symbole d’un amour et d’une amitié que les crises ne parviendront pas à gommer.
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