À Squamish, un estuaire aux multiples courants


Faire face aux vents contraires
Le bruit des moteurs a été remplacé par le son du vent qui claque dans d’immenses toiles multicolores. Squamish est un lieu incontournable pour les kitesurfeurs (aussi appelés amateurs de surf cerf-volant, ou planche volante). En milieu de semaine, à marée basse, le vent est généreux, et une soixantaine de voiles multicolores virevoltent déjà dans le ciel, un nombre qui double durant la fin de semaine.
Olivier Corbeil s'implique depuis cinq ans au sein de l’association qui organise un système de navette entre le centre-ville et une île, vestige de la digue. Il explique que les coûts d’exploitation de la Squamish Windsports Society ont triplé et que le nombre de membres a diminué de moitié depuis le retrait de la route.
Ça apporte des difficultés au niveau de la logistique immense par rapport à avant. On a besoin d'un bateau-taxi par exemple, on a beaucoup moins de visiteurs, donc moins de revenus
, souligne-t-il.

Nous croisons Melissa Lynn Sheehy, sanglée dans un harnais, prête à s’envoler.
Cette adepte de sports extrêmes vient de Whistler six fois par semaine pour pratiquer ce sport : Je viens à Squamish juste pour le vent. J'adore le vent et la communauté des kitesurfeurs.
Elle déplore le fait qu’il n‘est plus possible d’y organiser des événements internationaux : Avant, on avait un événement, le Kite Clash, une compétition avec des athlètes du Mexique, de la République dominicaine, des États-Unis, d’Europe même! Mais là, c’est terminé, parce que l’accès n’est pas pratique.
En chargement
À toute heure de la journée, le paysage se métamorphose au rythme des marées. Lorsque la mer se retire à marée basse, elle révèle une vaste étendue de sable où se dessinent encore les traces de l’ancienne route, témoignant des récentes transformations dans la région.
Olivier Corbeil parcourt constamment l’horizon du regard, naviguant entre le ballet incessant des voiles. Tour à tour, il tient l’aile d’un passionné qui s’apprête à s’élancer ou accueille un adepte qui revient sur la nouvelle plage créée par les sédiments. Il est convaincu que le tourisme va bientôt dominer toutes les autres industries à Squamish. Il aurait préféré que l’accès à ce site exceptionnel soit maintenu grâce à un réseau de ponts.

En arrière-plan, on aperçoit au loin le terminal et ses deux postes d'accostage.
L'administration portuaire de Squamish conteste les travaux de restauration. Selon elle, le retrait de la digue modifie les courants et compromet la sécurité de la navigation. En février, elle a donc déposé un avis de poursuite civile devant la Cour suprême de la Colombie-Britannique et réclame des dommages-intérêts.
Si l’agitation est bien visible à la surface des flots, l’activité est tout aussi intense sous nos pieds. Fortis BC a récemment achevé le creusage d’un tunnel à 25 mètres sous l’estuaire. Ce passage abritera le gazoduc Eagle Mountain–Woodfibre, relié à la future usine de gaz naturel liquéfié de la baie Howe. L'entreprise soutient que ces travaux n'ont aucun impact direct sur le cours d'eau.
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