InquirerZamboanga del Sur launches tourism website, tourist policeCNN TürkAnTuTu'da rekor kırdıESPNJJ Gabriel and the 'nightmare' battle for Premier League academy talentThe Jerusalem PostIran is renewing progress on its nuclear program, Netanyahu tells UAE President MBZ - reportBollywood HungamaEXCLUSIVE: CBFC orders 45-50 cuts for Dhurandhar The Revenge’s TV Premiere; U/A 16+ version is 10 minutes shorterDaily MaverickPOLITICALLY AWEH: Inside the Gathering 2026 — South Africa’s cities crisis collides with chaotic election preparationPunchKebbi warns civil servants against lateness, absenteeismUOLAdvogado morre após quadra de tênis desabar durante temporal no ParanáThe RegisterUK rail cops' £320K face-scanning spree nets zero matchesThe Straits TimesCommunity initiative in Yishun encourages artists, public to showcase creative works at 8 bus stopsالنهاروفاة زوجة المنتج صادق الصباح.. تفاصيل الدفن والعزاء3DNewsAnthropic признала опасную зависимость от Amazon и Google — они одновременно являются её покупателями, продавцами и конкурентами
The Daily Newsstand · Free, Always
Wednesday, September 30, 2026

Dans le 450, «les gens sont tannés d’être pris dans le trafic»

Translate

Les journalistes du Devoir ont parcouru le champ de bataille électoral un calepin de notes à la main. L’objectif : visiter une circonscription, décrire un enjeu et rapporter les propositions des partis pour le régler. Aujourd’hui, la congestion routière dans le 450.

Par un matin de semaine, une file interminable de voitures s’étire dans les deux voies de la route 116 en direction de Montréal. C’est une heure de pointe comme les autres à Saint-Basile-le-Grand, en Montérégie. Les gens s’en vont travailler en « char » dans la métropole. Pare-choc contre pare-choc.

« La congestion routière, c’est le gros enjeu de la campagne électorale. Les gens sont tannés d’être pris dans le trafic », lance Kim Méthot, mairesse de la ville de 17 000 habitants.

Nous rencontrons l’élue de 39 ans à la gare de la municipalité. Il est 8 h 20. L’endroit est désert, parce que le dernier train de banlieue en direction de Montréal est parti à 8 h 14. De toute évidence, un grand nombre de travailleurs de la Rive-Sud se déplacent encore vers Montréal à cette heure-là. Le service de train reste mal adapté à la réalité des usagers.

« Les gens qui vont porter leurs enfants à l’école ou à la garderie risquent de manquer le dernier train. J’aimerais qu’on augmente la fréquence des trains. Les besoins sont là. Et je ne vous parle pas des fins de semaine : on n’a pas de service le samedi ni le dimanche », déplore Kim Méthot.

« Ça ne va pas bien en mobilité. On a la 116 qui est complètement bouchée aux heures de pointe, puis là, on nous annonce des coupes dans les transports en commun », ajoute-t-elle en soupirant.

En croisade pour le transport

La mairesse de Saint-Basile-le-Grand n’est pas la seule à s’indigner du manque de financement des transports collectifs. Tous les maires et mairesses de ce qu’on appelle le 450, d’après l’indicatif régional des banlieues, mènent une croisade contre ces coupes jugées « insensées » : la population des couronnes explose et la congestion routière s’aggrave, mais Québec sabre dans les budgets des sociétés de transport.

Le gouvernement de la Coalition avenir Québec (CAQ) impose des compressions récurrentes de 19 millions de dollars à exo, la société qui gère les bus et les trains de banlieue dans les couronnes nord et sud de Montréal. La fréquence des lignes de bus va diminuer. Certaines lignes risquent de disparaître.

Les élus municipaux rappellent que les cinq partis en campagne ont intérêt à les écouter, parce que les élections provinciales se jouent en bonne partie dans le fameux 450. Les circonscriptions des banlieues de Montréal ont la réputation de faire et de défaire les gouvernements.

La CAQ de François Legault s’est maintenue au pouvoir durant huit ans en ravissant ce territoire au Parti québécois (PQ) à compter de 2014. Le chef péquiste, Paul St-Pierre Plamondon, paraît en bonne position pour reprendre ces anciennes forteresses souverainistes. Peu importe la couleur du prochain gouvernement, les électeurs réclament un coup de barre en matière de mobilité.

« Déménager à cause de la congestion »

« C’est vraiment compliqué de se déplacer dans la région », raconte Avril Issazadeh, caissière à la boulangerie et pâtisserie Bec sucré, à Saint-Basile-le-Grand.

L’étudiante de 23 ans a quitté la maison familiale de Mont-Saint-Hilaire et s’est établie à Saint-Lambert, près de Longueuil, pour se rapprocher de son travail et du lieu où elle étudie, soit l’Université Concordia, au centre-ville de Montréal.

La jeune femme a essayé de se rendre au travail en bus et en train, mais aucun de ces services n’est fiable, selon elle. « J’ai déjà eu 40 minutes de retard en bus », raconte-t-elle. Le soir, elle ne se sent pas en sécurité en attendant l’autobus le long de la route 116. Il fait noir. Les voitures roulent vite.

Avril envisage de faire comme plusieurs de ses amis et de « déménager à Montréal à cause de la congestion ». « Ici, tout le monde est en auto. Et tout le monde chiale contre les bouchons de circulation. Je connais beaucoup de gens qui aimeraient se déplacer en transports en commun, mais le service n’est pas adapté aux besoins », déplore-t-elle.

L’exaspération prend de l’ampleur

La mairesse de Saint-Basile-le-Grand n’en revient pas qu’en 2026, la campagne électorale porte « encore » sur l’importance des transports collectifs. « C’est une évidence, qu’on a besoin de meilleurs services de transport ! Le gouvernement nous demande de densifier autour des zones de transport en commun, la population va augmenter, mais on nous annonce qu’on va couper dans le transport en commun », laisse tomber Kim Méthot.

La couronne sud s’attend à un déficit de 84 millions de dollars en 2029 pour les transports collectifs, indique la mairesse. La facture annuelle de Saint-Basile-le-Grand triplerait, à plus de 5 millions de dollars par année. Pour compenser ce manque à gagner, Kim Méthot devrait augmenter les taxes foncières de 9 % par année sur trois ans — pour un service non pas amélioré, mais diminué.

« Nos citoyens ne peuvent pas accepter ça », tranche la mairesse. Elle ne cache pas son exaspération face aux responsabilités qui sont pelletées par Québec dans la cour des villes sans que le financement suive : « Je ne me sens pas entendue. Je pense que mon feeling est généralisé parmi les maires et les mairesses. »

Kim Méthot milite pour que les entreprises contribuent au financement des services de bus et de train, comme c’est le cas dans certaines régions en Europe. Elle rêve aussi que la Ville ait le pouvoir de développer des projets immobiliers autour des gares, par exemple au-dessus du stationnement incitatif de Saint-Basile-le-Grand (propriété d’exo). Une partie des revenus seraient injectée dans les transports collectifs.

Le vélo à la rescousse

L’histoire se répète au nord de Montréal. L’autoroute 15 se transforme en immense stationnement aux heures de pointe le matin et le soir. « La congestion devient insoutenable dans les couronnes. Par manque de vision, par manque d’ambition, par manque d’un financement stable et prévisible pour les transports collectifs, on incite les gens à prendre leur voiture et à aller dans la congestion », déplore Liza Poulin, mairesse de Blainville.

Les 21 maires de la région dénoncent d’une même voix les coupes annoncées dans les transports en commun. Ils ont réclamé aux partis provinciaux des engagements en matière de transport en vue du scrutin du 5 octobre.

En attendant des progrès en matière de bus ou de train, sept municipalités de la région ont adopté un plan vélo pour donner une solution de rechange aux gens qui n’en peuvent plus d’être « pris dans le trafic ».

Ensemble, soutenons la réflexion

Média rigoureux et lucide, Le Devoir ne se contente pas de relater les faits.
Nos journalistes vous offrent les clés pour mieux comprendre l'actualité
d'ici et d'ailleurs. En soutenant notre mission, vous assurez la pérennité
d'un journalisme indépendant, exigeant et engagé.

View the original on Le Devoir →

KioskNews shows a cleaned-up reading view extracted from the publisher’s page — the original always lives on their site, not ours.