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Thursday, September 3, 2026

Cette école déborde-t-elle en raison des «nouveaux élèves» issus de l’immigration?

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Quand le chef du Parti québécois (PQ), Paul St-Pierre Plamondon, a lié l’immigration et le manque d’espaces dans une école de la banlieue de Québec, samedi, il n’a fait pas de distinction entre les élèves tout juste arrivés au Québec et les immigrants de deuxième génération, qui sont nés ici.

« [Cette] école déborde en raison d’un trop grand nombre de nouveaux élèves qui viennent de l’immigration », a-t-il déclaré devant l’école secondaire Roger-Comtois, située dans le quartier Loretteville. Des propos qui ont fait sursauter plusieurs de ses adversaires politiques.

« Je trouve ça épouvantable », a lancé la solidaire Ruba Ghazal. « Ça manque de classe », a déclaré le libéral Charles Milliard.

Mais qu’en est-il vraiment ?

Située dans la circonscription de Chauveau, l’école secondaire Roger-Comtois a inauguré lundi son nouveau pavillon modulaire de 24 locaux. Destiné à accueillir « près de 500 élèves » et conçu pour demeurer en place « pour plusieurs années », il « vise à répondre à la croissance soutenue de la population scolaire de l’établissement », a expliqué par courriel le Centre de services scolaire de la Capitale (CSSC).

Selon des données fournies par le CSS au Devoir, le nombre d’élèves immigrants fréquentant Roger-Comtois est passé de 83, en 2019, à 293, en 2026. Cela, sur un total de 2441 élèves pour l’année scolaire en cours. Les élèves immigrants constituent donc aujourd’hui 12 % de la population étudiante à Roger-Comtois.

Interrogé à ce sujet samedi, le Parti québécois (PQ) n’avait pas pu fournir de chiffres précis sur l’établissement de la Capitale-Nationale.

Citant des données du ministère, son équipe a tout de même souligné que le nombre d’élèves immigrants fréquentant des écoles du CSSC avait augmenté de deux fois et demie depuis l’année scolaire 2015-2016.

Le PQ n’a toutefois pas précisé qu’une partie de cette hausse (32 %) était liée à l’immigration « de deuxième génération », soit aux élèves nés au Québec d’au moins un parent né à l’étranger.

En élargissant la loupe à l’ensemble du Québec, il est possible d’observer que l’augmentation des élèves dans les écoles depuis 2015-2016 est davantage attribuable à l’immigration de deuxième génération (53 %) qu’à celle de première génération (47 %). En avril, le réseau scolaire québécois comptait donc, au total, 752 000 élèves « non issus de l’immigration », 265 000 immigrants de deuxième génération et 179 000 immigrants « nouveaux arrivants ».

Pas de distinction pour « PSPP »

Pour Paul St-Pierre Plamondon, cependant, il n’y a pas de distinction à faire entre les première et deuxième générations. « Ça ne change absolument rien au fait [que le manque d’espace dans les écoles] ne peut pas provenir d’un baby-boom », a-t-il lancé mardi, en réponse aux questions du Devoir.

« Si les écoles débordent, il faut qu’il y ait une explication. Et peu importe la segmentation statistique que vous appliquerez à ce phénomène-là, ça ne pourra pas venir d’une explosion des natalités au Québec », a-t-il dit, citant l’indice synthétique de fécondité, estimé à 1,36 enfant par femme en 2025.

Répondant aux questions du Devoir, le CSS de la Capitale a apporté quelques nuances à la version des faits du chef péquiste.

« Jusqu’en 2025-2026, l’école secondaire Roger-Comtois ne disposait ni de classes d’accueil ni de ressources en francisation. Par conséquent, les élèves nécessitant un soutien en francisation étaient dirigés vers d’autres établissements », a-t-il indiqué dans un courriel.

« Pour l’année scolaire 2026-2027, quelques ressources ont été déployées afin d’offrir ce service à l’école. »

Sur les 293 élèves immigrants inscrits à Roger-Comtois en date du 31 août, 56 nécessitent des services de francisation.

« Pendant plusieurs années, les élèves qui auraient bénéficié de ce service-là et qui étaient sur le territoire de l’école Roger-Comtois étaient redirigés vers d’autres d’autres points de service plus au sud de l’école, à Neufchâtel ou à l’école de La Camaradière, entre autres », a affirmé le président du Syndicat de l’enseignement de la région de Québec, François Bernier, en entrevue avec Le Devoir.

« Il a été décidé d’arrêter, en bon français, de barouetter ces élèves-là et de leur offrir le service sur place », a-t-il ajouté. « Donc, c’est sûr qu’il peut y avoir une apparence d’immigration qui crée le débordement, mais ces élèves ne sont pas nouveaux. »

Selon M. Bernier, dont le syndicat représente les enseignants de Roger-Comtois, il serait exagéré de parler d’une « hausse flagrante, dans les derniers mois, des élèves issus de l’immigration ».

Il faut par ailleurs prendre en compte les mouvements de population à l’intérieur même de la ville de Québec.

« L’augmentation de la clientèle […] s’explique notamment par l’arrivée de nouvelles familles ainsi que par la croissance résidentielle observée au cours des dernières années dans les secteurs de Val-Bélair, de Saint-Émile et de La Haute-Saint-Charles », a écrit le CSSC au Devoir cette semaine.

S’il est porté au pouvoir le 5 octobre, le PQ propose de réduire les seuils d’immigration à 35 000 nouveaux arrivants permanents par année. Il souhaite également rabaisser le nombre d’immigrants temporaires sur le territoire québécois.

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