JD Vance ou Marco Rubio : qui sera l’héritier de Donald Trump pour les présidentielles de 2028 ?

Depuis 2016, le parti républicain américain a été porté par la figure de Donald Trump et le mouvement MAGA. Aujourd’hui, le parti lui cherche un successeur, capable de fédérer le parti pour 2028. Deux hommes semblent d'ores et déjà se démarquer : le vice-président de Donald Trump, J.D. Vance, et Marco Rubio, secrétaire d’État des États-Unis.
© Chip Somodevilla/Getty Images
Le paléo-conservatisme de J.D. Vance
Le vice-président américain a pendant longtemps été désigné comme le successeur naturel de Donald Trump. Mais aujourd’hui, J.D. Vance semble être désavoué par ce dernier, avec lequel il partage de nombreuses divergences. C'est notamment le cas sur leur façon de faire politique, avec un J.D. Vance plus en retrait par rapport à Donald Trump, souvent sur le devant de la scène.
Mais ce qui semble le plus coûter à J.D. Vance aujourd’hui est son manque de soutien indéfectible envers Israël, largement soutenu dans le camp républicain estime Guy Millière : "Au sein du mouvement conservateur américain, le soutien à Israël est quelque chose de très important, je dirais même quelque chose d’essentiel. C’est quelque chose qui est au cœur du discours des évangéliques". Le vice-président est aussi proche de Tucker Carlson, ancien commentateur sur Fox News qui, depuis son licenciement, tient des positions antisémites affichées. Plus récemment, il s’est aussi montré critique envers Donald Trump lui-même.
Au niveau de la politique extérieure, J.D. Vance s'inscrit dans une trajectoire isolationniste, propre au paléo-conservatisme. Il se montre notamment plus critique vis-à-vis de l'Iran et soutient plus conditionnellement Israël, avance encore l'essayiste : "J.D. Vance a dit qu’il faut que le gouvernement israélien sache qu’il ne reste plus qu’un seul allié et il faut qu’il prenne des précautions en parlant de cet allié qui est les États-Unis".
L’interventionnisme de Marco Rubio
De son côté, Marco Rubio a affiché une politique beaucoup plus interventionniste. Grâce à sa nomination en tant que secrétaire d’État mais aussi de conseiller national à la sécurité, il possède une place de choix dans la doctrine de défense et de politique étrangère de l’administration Trump. Il affiche un interventionnisme particulièrement fort en Amérique Latine remarque Guy Millière : "Il y a eu la mise en place par Trump, mais je dirais que Marco Rubio a joué pour beaucoup là-dedans, de quelque chose qui s’appelle The Shield of America, le bouclier des Amériques, et qui est destiné à lutter et qui a mis en place une lutte contre les cartels de la drogue qui pourrissent l’Amérique latine". Il est d’ailleurs particulièrement populaire chez les électeurs républicains latino-américains grâce à son ancien poste en tant que sénateur de Floride et ses origines cubaines.
Plus largement, Rubio défend une ligne conservatrice traditionnelle, qui se distingue du courant paléo-conservateur et isolationniste. Son soutien à Israël est aussi plus marqué. Rubio apparaît ainsi comme un héritier potentiel de Donald Trump capable de rassembler une large partie de l’électorat républicain autour de positions conservatrices, tout en privilégiant une politique étrangère plus interventionniste que celle défendue par les courants isolationnistes du parti.
D’autres candidats en rupture avec Donald Trump ?
Derrière J.D. Vance et Marco Rubio, d’autres figures républicaines pourraient-elles incarner l’avenir du parti ? Les voix dissidentes, plus isolationnistes, comme celles de Marjorie Taylor Greene et Thomas Massie, ont été éliminées du parti républicain. D’autres personnalités tentent d’émerger comme Newt Gingrich, figure historique du conservatisme américain, ancien président de la Chambre des représentants, mais ne constitue pas une véritable opposition à Donald Trump.
Pour Guy Millière, l’héritage républicain est néanmoins déjà tracé : "Dans l’ensemble, les républicains soutiennent les positions de Donald Trump et effectivement Marco Rubio est dans le consensus républicain".
► Écoutez ci-dessus l’intégralité de cette discussion dans le podcast des Couleurs de l’Info.
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