Bilan annuel | Le réseau d’eau potable de Montréal arrive « à un point critique »

Le réseau de distribution et de production d’eau potable de la métropole arrive « à un point critique », prévient l’administration Martinez Ferrada. Celle-ci appelle le gouvernement péquiste de Paul St-Pierre Plamondon à faire de son entretien une priorité du prochain mandat.
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« Cet été, Montréal a réellement failli manquer d’eau potable. […] On n’a plus le luxe de prendre ce genre de risque », a fait valoir mercredi le responsable des infrastructures au comité exécutif montréalais, Alan DeSousa.
Il faisait ainsi référence à l’appel qui avait été lancé par Montréal à la fin du mois de mai. La Ville avait alors prié 1,3 million de citoyens de réduire leur consommation en raison d’une conduite névralgique fragilisée, en plus de suspendre elle-même plusieurs activités municipales jugées gourmandes en eau. On a appris depuis que la municipalité veut même bientôt cesser d’utiliser l’eau potable pour laver les rues.
M. DeSousa présentait en avant-midi le « Bilan de l’eau 2025 » de la Ville de Montréal, qui fait état de besoins immenses à combler. À lui seul, le réseau hydrique de la métropole « est évalué à 47 milliards présentement, et nécessitera plus de 10 milliards d’investissements dans les prochaines années », a averti l’élu.
D’entrée de jeu, un chiffre parle de lui-même dans le rapport : depuis 2006, presque 800 kilomètres de conduites ont été remplacés, mais cela ne représente que 17 % du travail à accomplir. La Ville a pris du retard à ce chapitre depuis 2019, en raison de la pandémie.
Certaines données sont néanmoins plus encourageantes. Dans les 10 dernières années, Montréal a par exemple réduit de 21 % la quantité d’eau distribuée par habitant, ce qui dépasse la cible provinciale. Cela dit, une hausse ponctuelle de 4 % a été enregistrée l’an dernier, ce qui s’explique probablement par un « été particulièrement chaud, avec 22 jours de canicule », lit-on dans le rapport.
Pendant ce temps, la consommation résidentielle, elle, demeurée élevée, à 306 litres par personne en moyenne chaque jour. C’est bien au-delà de la moyenne canadienne, évaluée à environ 220 litres sur une base quotidienne.
Un message à Québec
Alan DeSousa a profité de sa sortie, mercredi, pour envoyer un message clair au gouvernement de Paul St-Pierre Plamondon. Ce dernier avait prévenu, peu après son élection, que certains projets « devront attendre » pour s’attaquer au déficit record de maintien d’actifs au Québec, évalué à entre 40 et 45 milliards.
PHOTO ROBERT SKINNER, ARCHIVES LA PRESSE
Le responsable des infrastructures au comité exécutif, Alan DeSousa.
« On a un nouveau gouvernement qui a manifesté un intérêt certain pour les infrastructures. J’espère que ce bilan est un témoignage éloquent des besoins qui nous permettra de s’entendre et d’obtenir des résultats concrets dans les semaines à venir », a lancé l’élu municipal, le sourire en coin.
En insistant sur « l’ampleur des besoins et l’état préoccupant » de la situation, le maire d’arrondissement a ajouté qu’un rehaussement des investissements sera « indispensable pour assurer la fiabilité du réseau, et sa pérennité pour les générations futures ».
L’an dernier, 314 fuites d’aqueducs ou de conduites ont été repérées grâce aux programmes d’inspection. « Malgré ces avancées, les pertes demeurent significatives et Montréal n’atteint toujours pas les cibles gouvernementales en matière de contrôle de fuite, plus particulièrement dans le secteur Atwater », a prévenu M. DeSousa.
À l’heure actuelle, près du tiers de l’eau potable que Montréal produit ne se rend jamais dans les robinets des Montréalais, en raison du grand nombre de fuites qui gangrènent le souterrain de l’île. Le déficit d’entretien de base est évalué à approximativement 3 milliards de dollars.
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