Infrastructures : les jeunes du PLQ proposent d’élaborer un plan sur 25 ans

Les jeunes du Parti libéral du Québec (PLQ) réclament que l'État s'attaque au déficit de maintien d'actifs avant qu'il ne devienne trop lourd à porter; une prise de position qui pourrait se frayer un chemin dans la plateforme électorale de la formation de Charles Milliard à l'aube de la campagne électorale en voie d'être déclenchée.
Une résolution sur la stratégie de gestion des infrastructures publiques sera soumise au vote des membres lors du 44e congrès de la Commission jeunesse du PLQ (CJPLQ), qui se tient en fin de semaine au Collège Durocher de Saint-Lambert. Elle devrait normalement être débattue samedi après-midi.
La question inquiète les jeunes libéraux, explique la présidente sortante de la CJPLQ, Charlie Bourdages, qui montre du doigt la Coalition avenir Québec (CAQ).
Le déficit de maintien d'actifs sous le gouvernement de la CAQ est passé de 20 à 45 milliards de dollars en à peu près cinq ans, donc ça a plus que doublé, déplore-t-elle. C'est une dette dont notre génération va écoper sur plusieurs années. Donc oui, il faut qu'il y ait un revirement.
La résolution, qu'elle a corédigée, propose que le PLQ s'engage à présenter un Plan québécois des infrastructures (PQI) sur 25 ans, et non pas sur 10 ans, comme c'est le cas actuellement, s'il remporte les élections.
Planifier sur 25 ans, ça nous permet d'avoir ce qu'on n'a pas avec un PQI qui est réformé chaque année, c'est-à-dire de la prévisibilité et de l'imputabilité, soutient Mme Bourdages. Nous, on ne souhaite pas que, chaque année, un gouvernement puisse retirer ou ajouter un projet d'infrastructure.
Pour transcender la partisanerie, la résolution en question prévoit la création d'une commission indépendante responsable de la planification et la gestion des infrastructures publiques.
Elle préconise en outre la mise en place d'une révision stratégique quinquennale du PQI, en dehors de laquelle il serait impossible pour les gouvernements de modifier ou de retirer les projets qui y sont inscrits, sauf exception.
D'autres propositions à l'ordre du jour
Jusqu'à 17 résolutions pourraient être soumises aux membres de la CJPLQ en fin de semaine. Certaines pourraient toutefois être tablettées, faute de temps, puisque deux périodes de 90 minutes seulement seront consacrées à l'étude de ces textes.
La résolution sur la gestion des infrastructures devrait figurer parmi les premières à être débattus. Une autre portant sur la création d'un ministère de la Jeunesse sera présentée de manière prioritaire.
Outre ces deux propositions, la CJPLQ suggérera notamment à ses membres de prendre position pour mettre fin au changement d'heure, pour rétablir les cours d'économie familiale dans les écoles secondaires et pour relancer le projet de REM de l'Est dans sa version originale.
Un effectif trois fois plus important qu'il y a deux ans
Quelque 400 jeunes sont attendus en fin de semaine, de même que plusieurs élus et candidats, dont le chef du parti, Charles Milliard, qui prononcera un discours, samedi, vers 13 h 15.
Des ateliers de préparation en vue de la campagne qui s'amène, où il sera notamment question des bonnes et mauvaises pratiques sur les médias sociaux sont aussi au programme.

Le chef du Parti libéral du Québec, Charles Milliard (photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Sylvain Roy Roussel
La CJPLQ revendique actuellement plus de 1700 membres âgés de 16 à 25 ans, soit trois fois plus qu'en 2024, une progression que la Commission explique par la tenue de deux courses à la chefferie en deux ans.
Les jeunes libéraux, qui disposent d'une influence déterminante sur l'accès à la direction du parti, avaient été nombreux à soutenir Charles Milliard en 2025, puis en 2026, lorsque ce dernier a été élu par acclamation, après la démission de Pablo Rodriguez.
Pour cette raison, il est raisonnable de croire que certaines des résolutions adoptées en fin de semaine par la CJPLQ, à deux semaines du déclenchement de la campagne, pourraient se frayer un chemin jusque dans la plateforme électorale du parti, laquelle n'a pas encore été dévoilée.
Questionnée à ce sujet vendredi, Charlie Bourdages n'a pas pu confirmer que ce sera le cas, mais elle a souligné que le chef actuel du PLQ était plus qu'ouvert aux propositions des jeunes libéraux.
Je pense que Charles Milliard le sait très bien qu’il a été élu par et pour des jeunes, et il gouverne en conséquence.
Mme Bourdages, dont le mandat prendra fin le 31 août, participera en fin de semaine à son dernier congrès comme présidente de la CJPLQ. Le vice-président aux affaires internes de la Commission, Abdenour Douraid, lui succédera.
Questionnée sur ses intentions, Charlie Bourdages a précisé qu'elle n'entendait pas briguer les suffrages aux élections générales du mois d'octobre.
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