L’Espace Riopelle : le rêve d’un peintre né du souffle de mécènes

L’héritage artistique de Jean Paul Riopelle est colossal : un corpus de 7000 œuvres originales et une présence dans les institutions publiques de 60 villes, réparties à travers 18 pays et 5 continents.
Il aura exploré sans relâche le paysage infini des possibles dans l’espoir d’aller au bout de lui-même
, dit John Porter, fervent admirateur de la première heure de l’artiste.
Il se réjouit de l’hommage qui lui est rendu grâce à la générosité des mécènes. Je comprends que ce sont des multimillionnaires, et cetera, mais il y en a plein qui gardent leurs trucs pour eux. Mais là, ensemble, ils vont donner à la collectivité québécoise, canadienne, internationale
, se réjouit-il.
C'est un gars de la Colombie-Britannique qui vient nous interpeller par rapport à la reconnaissance d'un de nos artistes majeurs!
, enchaîne-t-il.
Qu'il s'agisse des mécènes, des entrepreneurs ou des équipes sur le terrain, le projet a généré un fort sentiment d'accomplissement partagé. Il y avait une intuition qu'on faisait quelque chose d'important. Puis moi, ça m'a beaucoup rassuré parce que des fois, les arts visuels ou la culture, on n'a pas toujours l'impression que c'est valorisé en société
, soutient le directeur du MNBAQ, Jean-Luc Murray.
L'exemple de Michael Audain vient donner tout son sens à cette observation. Cet homme d’affaires figure parmi les plus grands mécènes des arts visuels au Canada, incarnant un partenariat sans précédent entre l’État et le secteur privé, scellé par un don philanthropique historique.
Au fil des ans, j'ai appris à mieux connaître l'art, et plus je découvre des œuvres du monde entier, plus je respecte le travail de Riopelle et comprends sa place dans l'histoire de l'art. Je crois que beaucoup de Canadiens ne réalisent pas que Riopelle était l'un des plus grands artistes du XXe siècle
, estime Michael Audain.
Pour celui qui a consacré une grande partie de sa fortune et de son temps à la promotion, la préservation et l'accessibilité des arts, ce n’est pas un simple constat, mais bien le fruit d'une rencontre esthétique aussi intime que fondatrice.
« Je me souviendrai toujours de la première fois que j'ai croisé une œuvre de Riopelle. [...] Il a enrichi ma vie. »
En concrétisant le rêve de Riopelle avec son précieux legs, il s'inscrit maintenant pour toujours dans l'histoire de l'art canadien et international.
Les grands artistes sont des innovateurs, et c'est exactement ce qu'était Riopelle. Il a peint le paysage comme personne ne l'avait fait avant lui. Pour moi, le cœur de son œuvre réside dans la nature et l'énergie. Il exprimait l'énergie à travers tout ce qu'il créait tout en restant profondément ancré dans le monde naturel, et cela, du début à la fin de sa vie
, raconte M. Audain.

Loin d’être un simple sanctuaire nostalgique, l’Espace Riopelle se veut un lieu vivant consacré à la création contemporaine et future. Grâce au soutien de MM. Lassonde et Audain, il accueillera une salle d’exposition permanente consacrée aux Automatistes. Ce projet s'inscrit dans la continuité du don de 2 millions de dollars effectué l'an dernier par M. Audain, qui a permis de poser les bases de la Chaire muséale Audain pour les Automatistes.
J'espère que, lorsque les jeunes vont venir au Musée, ils vont regarder ça, puis ils vont non seulement les aimer [les œuvres], mais que ça va leur donner le goût d'en savoir plus, d'en connaître plus [...] et de participer à l'art, par exemple, en devenant membre du Musée, en supportant les arts, les artistes
, souligne Pierre Lassonde.
Ce sera le rôle du Musée, de réinscrire Riopelle dans les grandes expositions internationales d'art moderne, explique Jean-Luc Murray. Ça va être un peu notre job aussi, de ramener Riopelle, qui a peut-être été un peu oublié depuis quelques années
, souligne-t-il. On débute le projet, on est très fiers, mais c'est un début
, affirme-t-il.
Ça prend une locomotive au départ pour tirer tout le monde
, estime pour sa part Pierre Lassonde. Et la locomotive pour moi, c'est Riopelle.
KioskNews shows a cleaned-up reading view extracted from the publisher’s page — the original always lives on their site, not ours.