Les 50 ans du métro de la STIB : "Le métro 3, ce n’est pas un échec" pour Brieuc de Meeûs

Brieuc de Meeûs : "Non, ce n’est pas un échec. Le métro 3, c’est deux parties. Il y a une partie qu’on ne va pas faire tout de suite, entre la gare du Nord et Evere. Il y a une autre partie qu’on continue. Et je vous invite d’ailleurs à venir visiter ce chantier, qui est un énorme chantier, qui est toujours en action. Et il y a beaucoup d’activités là autour. Ce n’est pas du tout un échec. D’ailleurs, ce n’est que l’image de l’histoire du métro […] qui s’est faite pendant 50 ans, petit à petit, chantier après chantier, difficulté après difficulté. Et puis on fêtait ça chaque fois comme il le fallait. C’est exactement l’image du métro. C’était sans doute beaucoup plus facile dans le passé, évidemment. Mais aujourd’hui, il y a des procédures qu’on doit respecter. Mais on le fait quand même. La preuve, c’est qu’on est toujours occupé à l’avenue de Stalingrad et près de la gare du Midi."
Elke Van den Brandt : "Vers l’Otan, on est en phasage de planning. Là, le chantier n’avait pas encore débuté. C’est le tronçon qui est en dessous de l’axe Nord-Sud qui était en chantier. Là, on va terminer le tunnel et faire en sorte que, dans l’attente du métro, on peut y mettre déjà des trams. Ça peut déjà améliorer la qualité de l’offre parce que ceux qui prennent le tram le matin savent que souvent, c’est très bondé. On a déjà mis le maximum de trams. Alors, ça donne déjà plus de capacités, un peu plus de confort aux voyageurs. Mais on va faire en sorte aussi que, dès que le budget le permet, on puisse reprendre le chantier et continuer avec le projet. On n’abandonne pas. On peut reprendre le chantier quand on veut. C’est une décision politique. Pour l’instant, la situation budgétaire de la Région est très difficile. Et si on veut faire survivre la Région, si on veut la résilience de la ville, ça passe aussi par un budget en équilibre. Il faut mettre de l’ordre dedans. Il faut aussi trouver des sous auprès du Fédéral et à l’Europe, comme ça se fait partout quand on creuse un métro. Mais le projet peut reprendre."
Brieuc de Meeûs sur l’avenue de Stalingrad : Aux commerçants et aux riverains, "on leur dit qu’on est en train de réaménager l’avenue de Stalingrad. Le marché est lancé, on va fermer ces trous. On va en garder un parce qu’on en a besoin techniquement. Mais autrement, cette avenue, dans un an et demi, elle va être magnifique. Donnez le temps aux ouvriers de refaire l’avenue quand même. Mais ça va être absolument splendide. Ce sera une rambla bruxelloise que tout le monde va nous envier".
Elke Van den Brandt : "Il y a des indexations et des adaptations (NDLR : de tarifs). Mais on n’arrête pas tous les investissements. Le grand métro, le projet 3, il sera mis en pause. C’est une question budgétaire. Ce n’est pas un choix qui m’amuse comme ministre de mobilité. Je veux avoir plus de métros, plus de bus, de trams. Aussi, il y a encore une ligne de tram qui continue, la ligne vers Tour et Taxis. Mais les autres projets de lignes de tram, il y en a beaucoup encore dans les cartons, qui sont retardés un peu pour faire en sorte qu’on puisse faire ça en équilibre du budget. On continue à investir dans la STIB. Pourquoi ? Parce que la STIB, ça rend les gens fiers. La STIB, ça fonctionne à Bruxelles. Ce n’est pas par hasard, c’est aussi grâce à M. De Meeus, aussi grâce aux investissements durant des décennies des gouvernements. La STIB, c’est un sixième du budget régional. Si on compare avec les deux autres Régions, l’impact de la STIB sur notre budget est plus élevé. Mais la qualité qu’on offre est encore là et ça fait en sorte que les gens ont une vraie alternative à la voiture. Et ça a un impact énorme sur les embouteillages."
Brieuc de Meeûs sur les économies : "Ce sont 10.000 personnes (NDLR : travailleurs de la STIB) qui font ça. On se serre la ceinture. Je crois qu’il y a encore un peu d’espace pour se serrer la ceinture. Et on participe à cet effort bruxellois parce que le gouvernement le demande. Mais aussi, parce qu’il faut participer à cet assainissement des finances bruxelloises. On regarde l’ensemble de nos dépenses. Cela va du papier de la photocopieuse à des dépenses beaucoup plus importantes. On fait attention à l’achat de matériel pour la maintenance. On fait attention à nos stocks. On consomme nos stocks avant de racheter. Il y a toutes sortes de techniques qui font […] que, à la fin de l’année, on se retrouve avec des millions et des millions d’économies. Depuis le 1er janvier, il y a un moratoire sur les engagements. C’est une décision du gouvernement. On n’engage plus et on vit un petit peu en roue libre. On essaie de tenir à bout de bras l’offre qui est toujours la même que celle du 1er janvier. Faire mieux avec moins, je crois que c’est possible. Jusqu’à une certaine limite, évidemment."
Brieuc de Meeûs : "Il faut faire des choix dans les investissements. On l’a dit, ce sont des énormes investissements. Ce système qui permet l’automatisation, c’est quand même des centaines de millions d’euros. Il faut le savoir, ce n’est quand même pas rien. (...) Ce n’est pas absolument indispensable aujourd’hui. Dans le futur, lorsqu’il faudra augmenter la fréquence et avoir un train toutes les minutes et demie, oui, il faudra que ce soit automatique parce qu’avec l’humain, ce n’est plus possible. C’est ce qui se passe à Paris. Mais aujourd’hui, non, ce n’est pas absolument indispensable. Bien qu’on va le tester sur trois stations, sur l’antenne Erasme. On va installer trois stations avec des portes palières (pour empêcher que les gens tombent sur les voies ou accèdent aux voies). On fera en sorte que ce train sur ces trois stations roule automatiquement pour montrer que le système le permet."
Elke Van den Brandt sur l’avenir du métro et le tram en site propre : "On a besoin des deux. Ce n’est pas un choix : le métro ou le tram. L’avantage du métro, c’est de transporter plus de monde et plus vite. Un tram, c’est plus capacitaire qu’un bus. Chaque mode de transport a sa fonction. Si le tram est trop bondé, on met le maximum de fréquence, comme on a fait sur l’axe Nord-Sud. On constate qu’il y a plus de monde? Il faut donc mettre un métro pour y répondre. La même chose pour les lignes de bus. Ceux qui empruntent le 95 ou le 71 savent que ces lignes sont souvent très bondées. Alors, il faut faire en sorte qu’il y ait un tram qui peut transporter plus de monde au même moment et donner plus de confort aux voyageurs. Les bus, ils ont aussi leur avantage parce qu’ils vont dans tous les quartiers. Ils peuvent aller partout. La colonne vertébrale est le métro, les axes structurants sont les trams et puis les bus vont dans tous les quartiers. Ça, c’est la logique. Pour moi, c’est une question rationnelle de voir quel est le meilleur mode de transport. Oui, le métro est en sous-sol. Mais ici en haut (NDLR: en surface comme à De Brouckère), ce n’est plus une autoroute, c’est le piétonnier de Bruxelles. On a donné plein d’espaces aux piétons. Et ça aussi, c’est le futur de Bruxelles. C’est créer des espaces publics où on peut se rencontrer, où nos enfants peuvent jouer, où c’est agréable. Ce n’est pas juste pour le transport, mais aussi un lieu pour être ensemble à Bruxelles, comme lors du Dimanche sans voiture, où tout le monde redécouvre sa ville."
KioskNews shows a cleaned-up reading view extracted from the publisher’s page — the original always lives on their site, not ours.