Déclenchement d’élections partielles | Carney mise sur le Québec

(Ottawa) Le premier ministre Mark Carney pourra de nouveau mesurer la solidité de ses appuis en déclenchant des élections partielles dans six circonscriptions au pays, dont trois sont situées au Québec. Selon nos informations, ces partielles seront déclenchées d’ici deux semaines et le vote aurait lieu au début de décembre.
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Au Québec, les troupes de Mark Carney souhaitent l’emporter dans les trois circonscriptions, après la victoire sans équivoque du libéral Daniel Gobeil lors de l’élection partielle en août dans Chicoutimi-Le Fjord, afin d’inciter le nouveau gouvernement minoritaire péquiste à privilégier la collaboration au lieu de la confrontation avec Ottawa.
Les électeurs des circonscriptions de Laurier–Saint-Marie, de Rosemont–La Petite-Patrie et de Saint-Hyacinthe–Bagot–Acton, au Québec, ainsi que les électeurs de Brantford–Brant-Sud et de Scarborough-Nord, en Ontario, et ceux de Yorkton–Melville, en Saskatchewan, auront donc l’occasion de porter un jugement sur les décisions prises par le gouvernement Carney au cours des derniers mois.
Ces élections partielles surviendront après le dépôt du budget fédéral, prévu le 5 novembre, et la promesse du gouvernement Carney d’entreprendre la construction d’un nouvel oléoduc reliant l’Alberta et la Colombie-Britannique d’ici un an afin d’augmenter les exportations de pétrole vers les marchés d’Asie, entre autres décisions.
Ces élections partielles sont devenues nécessaires parce que tous les députés élus dans ces circonscriptions au scrutin du printemps 2025 ont décidé de tirer leur révérence.
Changer de palier
En prévision de ces batailles électorales, on assiste à un petit jeu de chaises musicales entre Québec et Ottawa. Les libéraux ont recruté l’ex-députée caquiste Chantal Soucy comme candidate dans Saint-Hyacinthe–Bagot–Acton.
« Ce ne sera pas facile, mais on aime quand même nos chances d’arracher cette circonscription », a confié une source libérale, tout en se félicitant d’avoir réussi à recruter une telle candidate dans une circonscription généralement acquise au Bloc québécois.
PHOTO EDOUARD PLANTE-FRÉCHETTE, ARCHIVES LA PRESSE
Chantal Soucy
Cette circonscription est vacante depuis le départ du bloquiste Simon-Pierre Savard-Tremblay, qui a fait le trajet inverse pour se faire élire député sous la bannière du Parti québécois. Il a été nommé ministre responsable des Relations avec les Premières Nations et les Inuit au sein du nouveau gouvernement de Paul St-Pierre Plamondon à l’Assemblée nationale.
Chantal Soucy avait été élue pour la première fois pour la Coalition avenir Québec en 2014, puis réélue en 2018 et 2022. Elle avait choisi de ne pas se représenter lors des dernières élections générales. Elle avait été première vice-présidente de l’Assemblée nationale durant son dernier mandat, mais n’avait jamais siégé au Conseil des ministres.
Mark Carney lui a souhaité la bienvenue dans l’équipe libérale.
Chantal Soucy comprend les défis auxquels font face les familles, les agriculteurs et les entreprises de Saint-Hyacinthe–Bagot–Acton, et a consacré sa carrière à défendre leurs intérêts.
Sa principale adversaire sera l’ex-directrice générale de la Fédération internationale du lait, Caroline Émond, qui portera les couleurs du Bloc québécois. Les bloquistes avaient remporté la victoire avec 43,9 % des voix en 2025. Les libéraux avaient récolté 33,6 %.
« Il est intéressant de constater que le résultat de l’élection du 5 octobre qui a porté le Parti québécois et Simon-Pierre Savard-Tremblay [que Mme Soucy de la CAQ a évité d’affronter] au pouvoir à Québec n’a pas entaché la proximité entre les libéraux de Mark Carney et la CAQ. Ce sera en quelque sorte l’élection que Mme Soucy de la CAQ vient d’esquiver », a commenté jeudi le chef du Bloc québécois, Yves-François Blanchet.
Autres candidatures
Le Parti conservateur pourra quant à lui compter sur la candidature de l’ancien joueur de centre des Alouettes de Montréal, Luc Brodeur-Jourdain, dans cette circonscription très convoitée.
Le Parti libéral a aussi annoncé que Jean-Sébastien Vallée serait de nouveau candidat dans Rosemont–La Petite-Patrie. Il avait affronté le néo-démocrate Alexandre Boulerice, au dernier scrutin. Ce dernier a décidé de poursuivre sa carrière politique à l’Assemblée nationale et il a été élu député solidaire de Gouin au scrutin du 5 octobre.
Dans l’espoir de conserver la seule circonscription qu’il détenait au Québec, le NPD a jeté son dévolu sur Pierre Céré, ancien coordonnateur du Comité Chômage de Montréal. De son côté, le Bloc québécois a confirmé il y a quelques mois la candidature d’Alexandre Curzi, le directeur général de l’Union des artistes. Il est le fils de l’acteur et ex-député péquiste Pierre Curzi.
Dans Laurier–Saint-Marie, qui est vacante depuis la démission en août de l’ancien ministre Steven Guilbeault, les libéraux comptent annoncer le candidat qui défendra les couleurs du parti la semaine prochaine.
Dans le cas du NPD, Nimâ Machouf portera de nouveau le message du parti. Le Bloc promet une candidature de haut calibre dans Laurier–Sainte-Marie, ancien fief de Gilles Duceppe qui a dirigé le parti durant près de 15 ans.
Dans les trois autres circonscriptions ailleurs au pays, la lutte dans Brantford–Brant-Sud sera à suivre, d’autant que le député conservateur Larry Brock a décidé de reprendre ses fonctions au sein du bureau du procureur de la Couronne.
Une victoire libérale pourrait affaiblir le leadership du chef conservateur Pierre Poilievre. Le maire de Brantford, Kevin Davis, portera les couleurs du Parti conservateur dans cette circonscription.
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