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Wednesday, November 4, 2026

Le nouveau plan sur 15 ans d’Hydro-Québec, en quatre questions

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Hydro-Québec a déposé mardi son nouveau Plan d’approvisionnement 2027-2041 à la Régie de l’énergie. Ce document expose ses prévisions des besoins d’électricité du Québec pour les 15 prochaines années, et la manière dont elle prévoit y répondre. Tour d’horizon.

Pourquoi Hydro-Québec ralentit-elle la cadence ?

Le plan d’approvisionnement témoigne d’un ralentissement de la cadence de développement d’Hydro-Québec. Les objectifs auparavant fixés pour 2035 (accroissement de 30 % de la production, investissements de 200 milliards de dollars) ont été reportés à 2041.

Ce qui justifie ce report, c’est une révision à la baisse de la demande prévue qui découle de « perspectives plus prudentes » sur le rythme de décarbonation industrielle, de l’électrification des transports et de l’essor de la filière batterie, explique Hydro-Québec.

Toutefois, selon la société d’État, le ralentissement de la demande « ne remet pas en cause les tendances structurelles qui soutiennent la croissance de la demande d’électricité ». Elle relève trois « tendances structurelles » fortes : l’électrification des transports, la décarbonation des procédés industriels et la construction de centres de données.

Même si elle lève un peu le pied, Hydro-Québec avertit que des « volumes significatifs de nouveaux approvisionnements » seront requis dès 2029. Cela découle de l’achèvement de contrats d’achat d’énergie éolienne entrés en vigueur 20 ans plus tôt, conjugué à la hausse progressive de la demande globale.

Pour équilibrer l’offre et la demande, la société d’État prévoit devoir importer jusqu’à cinq térawattheures (TWh) par année durant la décennie 2030. Elle est devenue l’an dernier une importatrice nette d’électricité, et ses contrats d’exportation aux États-Unis diminuent sa marge de manœuvre.

Quels secteurs génèrent la demande prévue ?

Hydro-Québec prévoit que les ventes d’électricité au Québec passeront de 182 TWh en 2026 à 240 TWh en 2041, soit une hausse annuelle moyenne de 1,9 %. La puissance nécessaire lors des pointes hivernales augmentera de 12 000 mégawatts (MW) pour atteindre 52 000 MW.

L’électrification des transports (y compris les usines de la filière batterie) engendrera une hausse de la demande de 22 TWh par année à l’horizon 2041. Le secteur industriel va demander 31 TWh de plus par année qu’aujourd’hui, dont 11 TWh pour la décarbonation des procédés industriels et 11 TWh pour les centres de données.

À l’heure actuelle, la consommation des véhicules électriques et celle des centres de données sont marginales dans le bilan québécois. Leur poids va se démultiplier en 15 ans.

Comment Hydro-Québec compte-t-elle répondre à cette demande ?

Hydro-Québec prévoit d’abord « préserver ses approvisionnements existants », c’est-à-dire renouveler ses contrats sur le point d’expirer avec des propriétaires des parcs éoliens. Elle envisage aussi de « rééquiper » certains de ces parcs pour accroître leur production.

Ensuite, l’entreprise publique veut développer « de nouvelles capacités » dans « cinq filières complémentaires » : « L’éolien et la grande hydraulique comme piliers de l’équilibre énergétique, complétés par le solaire, le thermique de pointe et le stockage par batteries. »

En ce qui concerne les éoliennes, elle veut ajouter 14 000 MW de capacité d’ici 2041, y compris les parcs éoliens découlant des appels d’offres postérieurs à 2020. Cela correspond à environ 2300 grandes éoliennes modernes.

Sa stratégie solaire prévoit l’installation de 2 750 MW de panneaux d’ici 2041, sans compter l’autoproduction solaire des clients. Hydro-Québec prévoit aussi l’ajout de 500 MW de capacité de stockage d’énergie par batteries sur son réseau d’ici 2035.

Sa « production thermique de pointe » découlera de la centrale de turbines à gaz de Bécancour, qui est actuellement en réfection. Cette centrale devrait entrer en service dès 2030 et générer 350 MW. Hydro-Québec veut l’alimenter avec du gaz de source renouvelable.

Hydro-Québec veut aussi accroître sa production de « grande hydraulique » de 9000 MW d’ici 2041, mais ne parle pas de harnacher de nouvelle rivière. Elle prévoit optimiser ses centrales existantes (3 500 MW) et envisage d’ajouter des centrales à des réservoirs existants (3000 MW).

Le plan d’approvisionnement d’Hydro-Québec ne prend pas en compte l’entente entre le Québec et Terre-Neuve-et-Labrador. Si cette entente se concrétise, Hydro-Québec pourrait toucher 10 000 MW en provenance du Labrador, soit le double de celle qu’elle tire actuellement de Churchill Falls.

Quel rôle pour l’efficacité énergétique ?

Hydro-Québec veut que ses clients réalisent des économies d’énergie de 21 TWh par année d’ici 2035. Cela est considérable : sur la même période, elle estime que la demande annuelle des consommateurs québécois va augmenter d’environ 30 TWh.

Elle espère aussi que ses programmes permettront à ses clients de réduire leur demande de puissance en pointe de 3 500 MW d’ici 2035. Pour y arriver, elle veut s’allier au gouvernement et renforcer les « signaux économiques » qui incitent au décalage de la consommation vers les heures creuses.

Depuis 2025, la société d’État déploie un plan d’efficacité énergétique assorti de 10 milliards de dollars sur 10 ans. Ce plan comprend des subventions pour les thermopompes et les thermostats intelligents, ainsi que des solutions pour les clients commerciaux et industriels. Hydro-Québec affirme avoir atteint 20 % de sa cible de 21 TWh.

En campagne électorale, le Parti québécois avait affirmé que le Québec doit « produire plus d’énergie », mais il avait signalé son intention de mettre l’accent sur la sobriété et l’efficacité énergétiques. Le Québec doit faire de l’économie d’énergie sa « prochaine Baie-James », disait-il.

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