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Thursday, August 27, 2026

Guerre commerciale | Dominic LeBlanc se réjouit de la souplesse des Américains sur la question du français

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(Ottawa) Le ministre Dominic LeBlanc se réjouit de voir les États-Unis reconnaître l’importance du français au Canada et abandonner leurs demandes sur la découvrabilité et l’étiquetage. Dans une entrevue accordée à CBC la veille, le représentant américain au Commerce, Jamieson Greer, a affirmé que l’administration Trump ne voulait pas faire tomber une entente commerciale avec le Canada pour une question de langue.

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« Le Canada se réjouit que les États-Unis reviennent désormais sur leurs positions concernant la découvrabilité et l’étiquetage, et qu’ils confirment que les mesures visant à promouvoir la langue française et la culture canadienne ne feront pas l’objet de futures mesures commerciales de la part des États-Unis », a réagi le ministre LeBlanc, qui est responsable du Commerce Canada – États-Unis.

Nous attendons avec intérêt de nouvelles précisions constructives de la part des États-Unis concernant leurs autres positions, ce qui ouvrirait la voie à un accord commercial mutuellement avantageux et respectueux de la souveraineté canadienne.

Dominic LeBlanc, ministre responsable du Commerce Canada – États-Unis

Les deux hommes ont passé la semaine dernière à la table des négociations à Washington. Le représentant au Commerce des États-Unis a accordé une entrevue de près de 20 minutes à la journaliste Rosemary Barton, diffusée à heure de grande écoute à l’émission Power & Politics de la CBC. Un extrait de Jamieson Greer s’exprimant en français a également été diffusé à Radio-Canada.

PHOTO MARK SCHIEFELBEIN, ARCHIVES ASSOCIATED PRESS

Le représentant américain au Commerce, Jamieson Greer

Il avait alors affirmé que lui et le président Donald Trump reconnaissaient « l’importance et la sensibilité de la langue française au Canada » et que la protection de la langue n’était pas une ligne rouge. Sa version contredit celle du premier ministre Mark Carney, qui avait affirmé samedi que les Américains avaient exigé des concessions de dernière minute « inacceptables pour son gouvernement ».

Les lois au Canada imposant des redevances aux diffuseurs de contenu en ligne et les forçant à promouvoir le contenu canadien et le contenu francophone constituent toutefois des motifs d’irritation dans la relation commerciale entre les deux pays, mais pas au point de torpiller une entente.

« C’est un point sur lequel les États-Unis ont toujours eu des questions, a-t-il reconnu. Nous en avons discuté, mais nous avons fait preuve d’une grande souplesse. Et nous estimons qu’il est hors de question de laisser passer un bon accord pour quelque chose comme ça. »

L’administration Trump et le gouvernement Carney se livrent à une bataille de l’opinion publique, offrant chacun des versions différentes sur ce qui a fait échouer l’entente vendredi soir. Les deux s’accusent mutuellement d’avoir émis de nouvelles exigences à la dernière heure qui ont tout fait dérailler. Elle survient alors qu’un nombre croissant d’élus américains, démocrates et républicains, dénoncent publiquement le traitement hostile de l’administration Trump envers le Canada.

« Nous étions très, très confiants quant à l’accord conclu tard mardi soir », a affirmé M. Greer. C’était moins de deux heures avant l’entrée en vigueur de la nouvelle salve tarifaire du président Donald Trump de 50 % sur 28 milliards de produits canadiens.

Ces droits de douane sont finalement entrés en vigueur après que les négociateurs canadiens eurent quitté la table. Le gouvernement Carney a répliqué avec des contre-tarifs équivalents qui entreront en vigueur le 8 septembre. Le ministère des Finances a annoncé sans grandes pompes en fin de soirée mercredi qu’il allait enlever les fruits de mer et les poissons de la longue liste de produits américains visés par la riposte canadienne à la lumière des commentaires de l’industrie.

Lors de l’entrevue avec CBC, l’ambassadeur Greer a laissé planer la menace d’une escalade pour tenter de convaincre le gouvernement Carney de faire marche arrière. « Si le Canada devait prendre de nouvelles mesures de rétorsion, nous ne resterions évidemment pas les bras croisés, a-t-il affirmé. Notre position est la suivante : il ne faut pas recourir aux représailles. »

Il a plaidé que les États-Unis avaient offert « la meilleure entente » au Canada par rapport à leurs autres partenaires commerciaux dans le cadre de leur politique de réindustrialisation des États-Unis.

Les Américains avaient offert au Canada de diminuer les droits de douane sur l’acier et l’aluminium de 50 % à 25 %, puis ceux sur les automobiles de 25 % à 15 % et potentiellement jusqu’à 7 %.

Il n’a pas offert d’information sur ce qu’il faudrait pour relancer les négociations ni si une entente commerciale entre le Canada et les États-Unis est toujours possible. « Je ne connais pas la réponse à cette question », a-t-il répondu. Une chose est sûre, l’administration Trump n’abandonnera pas sa politique de réindustrialisation.

« Il y a une situation où le Canada aussi peut participer dans la réindustrialisation de l’Amérique du Nord. Peut-il y avoir un accord dans le futur ? Pour l’instant, je ne sais pas, mais ça aurait été très bien si on avait pu en arriver à cet accord », a-t-il conclu.

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