Avec un dernier but contre le Bénin, Messi fait ses adieux à l'Argentine entre émotion et gratitude

Buenos Aires (Argentine) (AFP) – Des ovations à répétition, des chants en boucle, des larmes et bien sûr... un but et des passes décisives. Lionel Messi, idole de l'Argentine du football, a disputé mardi ses dernières minutes avec l'Albiceleste dans une atmosphère de fièvre mêlant gratitude, et nostalgie déjà, pour l'adieu à un génie
Publié le : Modifié le :
5 min Temps de lecture
L'octuple Ballon d'or, 208 sélections, et désormais 126 buts avec l'équipe d'Argentine, a disputé à 39 ans l'intégralité de la rencontre devant plus de 80 000 privilégiés au Monumental de Buenos Aires, dans un match amical aux airs de fête face au Bénin battu 3-0.
Joueur le plus en vue de son équipe, Messi a inscrit sur penalty son 126e but en sélection (70e), et délivré deux passes décisives, ses 66e et 67e avec l'Albiceleste. Trouvant sur corner le défenseur Nicolas Otamendi (48e), qui, à 38 ans, jouait lui aussi son dernier match avec la Seleccion. Et servant dans le jeu Nicolas Paz (60e).
Pour afficher ce contenu X (Twitter), il est nécessaire d'autoriser les cookies de mesure d'audience et de publicité.
Intenable, avec sa vista et son placement intacts, la Pulga ("la puce") aurait pu en marquer deux ou trois de plus, passant à un bout de crampon de connecter des centres de Rodrigo De Paul, de Lautaro Martinez, et trouvant le poteau en fin de seconde période.
Vous avez dit amical ? La soirée à Buenos Aires avaient des airs de match de Mondial, avec partout dans la rue sur les épaules, des maillots floqués du N°10, des drapeaux, une foule sur le parcours du bus de la sélection, des monuments illuminés en ciel et blanc, une fan zone à la cité universitaire, avec écran géant.
À lire aussi«Des souvenirs jusqu’à la fin de leur vie», le Bénin euphorique pour le match d’adieu de Messi
« Gracias mi capitan »
Rien, vraiment, d'un match comme un autre, jusqu'à ce maillot spécial confectionné pour l'occasion. Ou l'hymne argentin chanté par un ancien combattant de la guerre des Malouines (1982). Ou cet arrêt de jeu à la 10e minute (hommage au numéro 10), ponctué d'une ovation, encore. Messi lui-même a été rattrapé par l'émotion. Dans le bus vers le stade, où il a été vu se séchant les yeux, de nouveau lors de l'hymne. Des larmes ont coulé aussi sur la joue de son entraîneur Lionel Scaloni.
Auparavant, les messages avaient afflué du monde du football, dont d'ex-coéquipiers tel Neymar (Barcelone puis PSG): « Ce n'est pas seulement l'Argentine, c'est le monde entier qui te remercie pour tout ce que tu as apporté au football ». Merci, merci. Partout des mercis. Sur des panneaux publicitaires en ville. Sur une gigantesque banderole en tribunes : « Gracias por todo, mi capitan », (« Merci pour tout, mon capitaine »). Sur un immense maillot numéro 10 déployé sur la pelouse. Ou sur le « Gracias Leo » (« Merci Leo ») dessiné dans le ciel par un show de drones à la fin du match. Avant un tour d'honneur du génie gaucher.
Autour de la Pulga, sur la pelouse, une formation type, très proche du onze qui a conquis le titre mondial au Qatar en 2022. Hormis Angel Di Maria, déjà retraité international (mais présent), et Nahuel Molina, suspendu. Des tribunes incessamment, ont ruisselé les chants : « Viens, viens, chante avec moi, avec Messi, on fera le tour d'honneur », « Muchachos » (le chant des supporters argentins au Mondial 2022), ou les « Mes-si ! Mes-si ! » scandés.
Une grande peine
Si Messi avait annoncé fin août sa retraite internationale, Scaloni et la Fédération argentine avaient décidé de le convoquer pour un dernier tango, une célébration à la hauteur de son legs à l'Argentine, grande nation du foot qu'il a replacée sur le toit du monde en plus de deux décennies à son service.
Après avoir longtemps buté sur le plafond de verre, enchaînant les échecs sur la grande scène avec l'Albiceleste, Messi a fini par le percer, offrant à son pays en 2022 la troisième Coupe du monde de son histoire, face à la France, après 36 ans d'attente depuis 1986 et le sacre de l'autre icône, Diego Maradona.
Pendant ses 22 ans sous le maillot argentin, il a aussi gagné un Mondial des moins de 20 ans (2005), un titre olympique (2008), deux Copa América (2021 et 2024) et une Finalissima (match entre vainqueurs de l'Euro et Copa, 2022). De quoi entrer dans la légende, pour une sélection sevrée de titres depuis la fin des années 90. Et maintenant ? Messi c'est fini ? Il est encore sous contrat jusqu'en 2028 avec son club, l'Inter Miami, mais avait laissé entendre qu'il pourrait arrêter définitivement plus tôt que prévu, après le décès de son père et agent, Jorge, il y a deux mois.
Mais mardi soir, une dernière fois, l'heure était à l'Albiceleste. « Je n'ai rien d'autre que des remerciements (...) Ne plus revenir va être une grande peine », a conclu l'homme aux 8 Ballons d'Or.
KioskNews shows a cleaned-up reading view extracted from the publisher’s page — the original always lives on their site, not ours.