Mobilisation étudiante à Mons : les élèves portent leurs messages et écartent les casseurs

Diane à 18 ans et étudie à Mons, elle est en 6e secondaire à l’Institut d’Enseignement Paramédical Provincial et depuis lundi son quotidien est le même : le rendez-vous est fixé à 7h30 devant l’Institut Saint-Luc de Mons pour manifester contre les réformes de l’enseignement. Une accumulation de réformes et de mesures qui font exploser la colère des jeunes "Le prix des études commence à devenir cher, la hausse du minerval et le prix du bus, même si j’ai vu qu’il n’y a pas si longtemps, ça avait encore changé, ça a quand même augmenté… On ne pense pas assez aux jeunes, à leur mental, à leur épuisement. Ils viennent à peine de commencer leur vie et ils sont déjà à bout". Elle poursuit "On a vu ce qu’il s’est passé en France et dans les autres régions belges, on comprend, on partage ce ressenti donc on se mobilise aussi".
Une importante présence policière
Il n’est pas encore 8 heures mais devant les écoles, la présence policière est forte. Ils sont plusieurs dizaines en uniforme ou en civil à contrôler des élèves, à veiller à leurs moindres faits et gestes, à les mettre en garde et à les inciter à rentrer en cours. Alors pour que la mobilisation ait lieu Diane et ses camarades optent pour le mouvement "On ne pouvait pas rester là, risque de troubler l’ordre public dit la police alors ce qu’on fait c’est qu’on fait le tour de la ville et des écoles avec nos pancartes comme ça les autres jeunes nous voient, comprennent ce qu’on fait et peuvent nous rejoindre". L’objectif : faire connaître la mobilisation grâce à une déambulation pacifique dont la police est informée. Sur le parcours ils se croisent et échangent quelques mots "On a essayé de mettre de côté les casseurs. Les casseurs, on sait où ils sont, mais ils ne sont pas avec nous, ça c’est sûr. Et on reste dans le calme, il n’y a aucun souci". Un dialogue apprécié des forces de l’ordre qui prennent note du futur parcours des étudiants.
Se dissocier des casseurs : une priorité
Un dialogue important. L’an dernier Diane s’est mobilisé contre le décret paysage et elle veut se servir de cette expérience pour que tout se passe dans le calme "On part du principe que tant qu’on est calme et transparent, eux, ils font leur travail, ils ne sont pas là pour nous casser, ils sont là pour nous accompagner, pour éviter que nous, on ait des soucis, les autres aussi et eux par la même occasion" avant d’insister "s’il y a de la casse dans une mobilisation la seule conséquence c’est de décrédibiliser notre mouvement et on ne veut absolument pas, nous, on veut être entendu !".
L’union fait la force
Après de longues minutes de déambulations, le groupe d’une quinzaine de jeunes en rejoint d’autres au niveau de la Haute Ecole en Hainaut "Tout se fait via le bouche à oreille mais surtout les réseaux sociaux, on a des groupes et on discute. On a su que les étudiants du supérieur se mobilisaient donc nous sommes venus ici". A leur arrivée, les sourires s’affichent sur les visages. La satisfaction de se sentir plus nombreux pour manifester. Unis dans un combat. Noémie, 20 ans s’est jointe à la mobilisation, elle explique pourquoi "On ne nous écoute pas et on a vu que les écoles secondaires faisaient beaucoup de bruit donc on s’est décidé à s’y mettre". L’un des professeurs de la Haute Ecole en Hainaut, Amand Lefebvre poursuit "On a pris conscience depuis plusieurs semaines finalement de la gravité de la situation par rapport à ces coupes budgétaires qui font que très naturellement on a rejoint le mouvement sous l’impulsion de nos étudiants". Les voitures qui passent devant le rassemblement klaxonnent de quoi donner le sourire "ça montre que nous sommes soutenus, ça fait plaisir, un klaxon c’est positif" poursuit Vanina.
Une manifestation pacifique amenée à se reproduire
En fin de matinée, ils sont plusieurs centaines à rallier la grand-place en scandant des slogans tels que "une seule solution la manifestation" ou "étudier est un droit, on ne négociera pas". Une satisfaction pour Diane à la manœuvre depuis le début de la matinée "Tout était calme, on a pu crier nos slogans, on a pu nous faire entendre, mais pacifiquement, c’était vraiment génial aujourd’hui !". De nouveaux rassemblements sont prévus ces prochains jours.
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