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Friday, August 21, 2026

Rosa Parks : que s’est-il passé dans les heures et jours qui ont suivi son refus historique ?

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Le jeudi 1er décembre 1955 vers 18 heures, dans les rues de Montgomery, grande ville de l’Alabama, Rosa Parks monte dans l’un des bus orange de la ville. Cette couturière afro-américaine vient de quitter son travail et rentre chez elle. Elle s’installe sur des sièges attribués aux Noirs. À l’époque, les bus de ville sont divisés en deux sections. L’avant est exclusivement réservé aux blancs, le reste aux Afro-Américains.

Après quelques minutes de route, des hommes blancs montent dans le bus, mais il n’y a plus de place pour eux. James F. Blake, le chauffeur, ordonne aux Afro-Américains installés au milieu du bus, dans la section réservée aux Noirs, de quitter leurs sièges. Trois obéissent sauf une : Rosa Parks.

Ce jour-là, elle ne le sait pas encore mais par ce geste, elle deviendra l’une des figures les plus marquantes du 20e siècle. Par son refus, elle vient de marquer l’histoire.

Pendant plusieurs minutes, Rosa Parks refuse, s’obstine car elle est déjà dans une section réservée aux Noirs.

Ce chauffeur raciste veut faire régner la terreur. Il s’en prend aux Noirs, passagers de son bus ou non. Certains se laissent faire, d’autres comme Rosa Parks refusent. Rosa est consciente qu’il ne faut plus rester les bras croisés et que plus on accepte, plus l’oppression grandit.

C’en est trop pour le chauffeur qui veut faire respecter les lois ségrégationnistes. Il appelle la police. Rosa Parks redoutait ce moment. Elle avait déjà croisé la route du chauffeur douze ans auparavant… et cela s’était mal terminé.

Leur première rencontre de 1943 après-midi dans le centre de Montgomery, sur la Cleveland Avenue (d’ailleurs rebaptisée 20 ans plus tard, la Rosa Parks Avenue) avait monté dans les tours. Après avoir acheté un ticket à l’avant du bus, Rosa Parks s’était dirigée vers l’arrière, en passant par la section réservée aux blancs. Le chauffeur lui avait demandé de descendre et de rentrer par la porte du fond, pour éviter de traverser la zone réservée aux blancs.

Ne voulant pas obtempérer, James F. Blake l’avait attrapée par la manche de sa veste pour la tirer vers l’avant du bus. Dans l’action, elle avait fait tomber son sac à main. Pour le ramasser, elle s’était assise sur un siège pour blanc, rendant le chauffeur fou de rage.

Depuis cette altercation, Rosa avait toujours évité le bus de James Blake… jusqu’à ce 1er décembre 1955, où leurs chemins se recroisent.

Rosa expliquera plus tard, dans son autobiographie, qu’elle a senti à cet instant précis qu’elle avait la force de tous ses ancêtres avec elle. Cette force qui lui a donné le courage de dire non, de confronter James F. Blake et d’attendre patiemment la police : "À ce moment-là, je repense à mon enfance. Je repense à ces nuits terribles où je ne dormais pas. Ces nuits où mon grand-père attendait sur le porche l’arrivée du Klu Klux Klan, son fusil à la main. Je repense à la peur dans laquelle vivait ma famille dans cette petite ville, au nord de Montgomery. Depuis mes six ans, j’ai compris que nous n’étions pas libres".

La police arrivée sur place, elle est emmenée au commissariat.

Dans la communauté noire de Montgomery, Rosa Parks est une femme appréciée, respectée. Surtout, c’est une secrétaire de la NAACP – la National Association for the Advancement of Colored People –, une organisation américaine de défense des droits civiques.

Au téléphone avec son mari Raymond au cours de ses quelques heures de détention, elle comprend qu’un mouvement, une protestation est née. La communauté noire le sait : Rosa Parks est en prison. La couturière comprendra plus tard que le président du groupe d’activistes de Montgomery a été l’un des premiers de la communauté à être au courant. Sa voisine a vu Rosa se faire arrêter dans le bus. Et l’homme a prévenu tout le monde.

Pour les activistes de Montgomery, cette nouvelle arrestation injuste est une aubaine. Depuis des mois, ils cherchent une personne victime des lois ségrégationnistes, mais dont le profil est inattaquable. Rosa Parks, une couturière appréciée, aimante, qui n’a jamais fait de mal à personne, arrêtée pour avoir refusé de céder sa place, alors qu’elle était dans la zone du bus réservée aux Noirs : c’est l’histoire parfaite. C’est l’histoire qui permettra d’attaquer en justice les lois ségrégationnistes. En quelques heures seulement, de nombreuses personnes s’activent.

Le 4 décembre, la veille du procès, une réunion a lieu dans la Dexter Avenue Baptist Church, une petite église dans le centre de Montgomery pour préparer la riposte aux lois ségrégationnistes. Elle est tenue par un pasteur de 25 ans, un certain Martin Luther King. C’est à ce moment-là que les destins de Rosa Parks et Martin Luther King se croisent.

Cette rencontre débouchera sur l’une des plus grandes contestations du 20e siècle. Les semaines, les mois et les années qui suivent ont changé à jamais l’histoire des États-Unis.

Sous quelle forme et quelle ampleur s’est traduite la contestation ? Comment Rosa Parks est-elle sortie gagnante de son procès, au point de devenir une icône de la lutte pour les droits civiques ? Cet épisode de L’Heure H remonte le fil d’un des plus grands mouvements protestataires de l’histoire des États-Unis.

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