Gaz naturel | Du bac brun à votre cuisinière

Si vous cuisinez au gaz, vous faites peut-être cuire votre repas grâce aux restes de la veille. Sans tambour ni trompette, Montréal a récemment commencé à injecter le gaz naturel issu des bacs bruns de la métropole dans le réseau de gaz naturel d’Energir, a appris La Presse.
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L’usine municipale de biométhanisation n’a pas encore été inaugurée, mais elle accueille le compost de toute la moitié est de l’île de Montréal depuis le 1er juin et a commencé à distribuer sa production le 1er septembre.
« L’usine de la Ville de Montréal a commencé ses activités il y a environ un mois et injecte déjà des volumes appréciables dans le réseau. Les quantités injectées devraient toutefois augmenter à mesure que les opérations se stabiliseront, jusqu’à atteindre leur plein potentiel de production », a indiqué Elaine Arsenault, conseillère en communication chez Energir, par courriel. « Une période de rodage, qui s’échelonne sur plusieurs mois, est prévue afin de permettre aux installations d’atteindre leur rythme de croisière. »
À terme, l’usine doit produire « environ 3,6 millions de mètres cubes de gaz renouvelable par année », soit la consommation d’environ 1500 consommateurs résidentiels. Elle « ingérera » 60 000 tonnes de résidus organiques par année.
L’installation, située au bord de l’autoroute 40, à Montréal-Est, a coûté près de 200 millions et accuse plus de quatre ans de retard. L’usine de biométhanisation devait être terminée en 2022, puis en mars 2023, puis en décembre 2023, puis en septembre 2024, puis en mai 2025. La « mise en service complète » de l’usine a finalement eu lieu en mars 2026, selon le Conseil du trésor. Le chantier a été complètement stoppé à deux reprises – dont une paralysie de 10 mois – en raison de mésententes sur les paiements.
C’est la multinationale française Veolia qui était responsable de la conception et de la construction de l’usine de biométhanisation depuis qu’elle avait avalé sa concurrente Suez en 2022. Cette dernière avait remporté le contrat municipal quatre ans plus tôt. Elle a confié la construction du bâtiment à l’entrepreneur EBC.
« Le Centre de traitement des matières organiques de Montréal-Est est fonctionnel et nous permet déjà de mieux gérer les matières organiques », s’est réjouie la responsable de l’environnement au comité exécutif de la Ville, Gabrielle Rousseau-Bélanger, dans une déclaration écrite. « Certains ajustements techniques demeurent à compléter, il s’agit de correctifs mineurs qui ne remettent pas en question l’avancement du projet. »
Montréal refuse toujours de réceptionner l’usine
Ces « correctifs mineurs » ont tout de même un impact important : même si l’usine de biométhanisation a commencé à produire du gaz naturel, Montréal refuse toujours d’en prendre formellement possession. De l’avis des services municipaux, elle n’atteint pas encore les critères de performance requis pour passer l’étape de la « réception provisoire ». La Ville de Montréal a assuré qu’« aucune dépense supplémentaire [n’est] prévue » de sa part en vue de solutionner ces problèmes.
La réception provisoire d’un ouvrage s’accompagne du paiement d’une somme importante par le client (normalement 5 % du coût total du projet). Un paiement final équivalent est normalement dû au moment de la réception finale, une douzaine de mois plus tard (si tout va bien).
La Ville de Montréal se fait rassurante, plaidant que certains délais sont normaux.
La réception provisoire se fera prochainement. Nous poursuivons les échanges avec notre partenaire afin de finaliser les derniers éléments et sommes confiants de bientôt pouvoir annoncer une date d’inauguration.
« En vertu des modalités de notre entente contractuelle avec la Ville de Montréal, Veolia ne peut pas commenter publiquement les éléments liés au projet d’usine de biométhanisation située dans l’est de Montréal », a réagi l’entreprise par courriel. Son principal sous-traitant, EBC, n’a pas non plus voulu réagir.
Les délais avant la réception provisoire de l’usine de biométhanisation ne sont pas sans rappeler une situation similaire survenue en 2022 : Montréal a refusé de prendre possession de son nouveau centre de tri de Lachine pendant plus de deux ans en raison de problèmes de performance. L’installation produisait des ballots de papier et carton difficiles à revendre parce qu’ils étaient trop contaminés par des sacs de plastique.
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