Cour d'assises : les parents d’un enfant lourdement handicapé accusés d'assassinat

Le 30 mai 2023, à 13h23, Gilles Viaene envoie une vidéo à sa compagne, Marjorie Brizard. Sur les images, on aperçoit leur fils Esekia allongé sur un divan. L’enfant semble éprouver des difficultés respiratoires. Les secours ne sont appelés qu’à 14h44, soit une heure et vingt et une minutes plus tard. Pour Esekia, il est trop tard.
Né le 10 janvier 2012, Esekia souffrait d’une infirmité motrice cérébrale diagnostiquée à l’âge de six mois. Incapable de marcher ou de parler, il devait être nourri au biberon et avait besoin d’une personne pour tous les gestes de la vie quotidienne : kinés, infirmières,… Il devait également recevoir des compléments alimentaires pour maintenir son poids. Ces dernières semaines, ces personnes qui venaient pour les soins trouvaient régulièrement porte close.
Depuis octobre 2019, le Service d’aide à la jeunesse (SAJ) suivait sa situation. Esekia était pris en charge jusqu’à quelques mois avant son décès par le centre YAKAPA (AVIQ) où il recevait des soins trois jours par semaine.
Dans la maison de Frameries où il vivait avec ses parents et les cinq autres enfants, l’hygiène est aléatoire. Pour dormir, il y a des matelas par terre, il n’y a pas de WC fonctionnel, le frigo est vide et des chiens sont confinés dans une pièce. Le couple dispose pourtant de revenus estimés à un montant de 4 à 5000 euros. Il s’agit des revenus de la mère augmentés des allocations. Le père est adepte du jeu en ligne, il boit des bières et fume des joints.
Le centre YAKAPA avait alerté le SAJ du fait que l’enfant perdait du poids, qu’il avait raté plusieurs rendez-vous médicaux et présentait de sérieux problèmes d’hygiène et que les parents ne répondaient pas aux sollicitations. En février 2023, le centre a aussi informé le SAJ qu’ils mettaient fin à la collaboration étant donné que les parents ne payaient plus les soins, et ne se présentaient pas aux convocations. Esekia a donc été pris en charge à domicile où il est décédé quelques mois plus tard. Entre-temps, le SAJ avait donc demandé à la justice de se saisir de l’affaire.
Le Service d’Aide à la Jeunesse avait déjà été alerté plus de 3 ans avant le décès de l’enfant sur les manquements répétés des parents. Le 26 avril 2023, le SAJ demandait une judiciarisation du dossier. Comme évoqué plus haut, la justice avait fixé une audience le 1er juin 2023… Esekia est décédé la veille.
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