Le Québec «fait du surplace» en économie depuis 16 ans, selon le CPQ
Dans la moyenne faible en 2010 en matière économique, le Québec a essentiellement « fait du surplace » depuis, estime le Conseil du patronat du Québec.
Le CPQ avait accordé une note globale de C dans son tout premier Bulletin de la prospérité du Québec qui couvrait une vingtaine d’indicateurs en matière de performance économique et de politiques publiques il y a 16 ans. L’évaluation a plusieurs fois été répétée par la suite, mais est toujours arrivée au même résultat, y compris cette année.
Rebaptisé Boussole du CPQ — Analyse de l’état de l’économie du Québec, le rapport de presque 70 pages dévoilé jeudi s’appuie sur des indicateurs qui vont du produit intérieur brut par habitant au niveau d’investissement dans les nouvelles technologies, en passant par les succès du système scolaire, l’état des finances publiques et le poids de la fiscalité des entreprises.
L’évaluation est basée sur une comparaison avec l’Ontario, la Colombie-Britannique et Alberta, et, la moitié des fois où les données sont disponibles, aussi sur une comparaison avec les pays membres de l’OCDE. On y attribue un A lorsque le Québec compte parmi les chefs de file, un B ou C, lorsqu’il est dans la moyenne plus ou moins forte et un D lorsqu’il arrive en queue de peloton.
Le Québec s’est quand même amélioré dans certains domaines, reconnaît le CPQ. Notamment en termes d’obtention de diplômes universitaires de premier cycle, où le Québec se mérite désormais un A, des applicables aux nouveaux investissements (A) et du niveau d’investissement dans les technologies d’information (B). À l’inverse, il a perdu du terrain du côté de l’âge moyen des infrastructures publiques de transport (C), les dépenses en recherche et développement (B) et en nombre d’entrepreneurs par habitant (C-).
Et puis, la performance du Québec continue d’être pour le moins « décevante » (D), selon le CPQ, en matière de décrochage scolaire, du poids des taxes sur la masse salariale, de dette publique, du nombre d’exigences réglementaires et de règles trop prosyndicales.
Appel au nouveau gouvernement
Dans ce contexte, le prochain gouvernement devrait se concentrer sur « deux grands axes d’action », dit l’organisme.
Premièrement, il doit s’attaquer aux enjeux de rareté et de qualité de la main-d’œuvre. « Le vieillissement de la population freine notre élan », rappelle-t-on. Il faudrait « urgemment » apprendre à mieux utiliser la main-d’œuvre disponible, retenir les travailleurs expérimentés et « ajuster l’immigration selon les besoins réels ». Il serait également « impératif » de rehausser la littératie et la numératie, réduire le décrochage scolaire, notamment des garçons, et assurer une meilleure formation continue.
Deuxièmement, le gouvernement « doit procéder à un véritable allègement du fardeau réglementaire et fiscal » des entreprises, en plus d’encourager la recherche et l’innovation et retaper les infrastructures. Il est aussi « primordial » d’assurer l’accès des entreprises à l’énergie nécessaire à leur développement « à des tarifs qui demeurent concurrentiels ».
« Le message du milieu des affaires est clair, a déclaré dans un communiqué de presse la présidente et cheffe de la direction du CPQ, Michelle LLambías Meunier. Rattraper un retard ou dépasser les autres pays sur un indice économique ne se fait pas par magie. Cela exige du temps, une stratégie rigoureuse et des actions concrètes qui doivent survivre aux cycles politiques et aux effets yo-yos qui viennent avec des stratégies partisanes. »
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