Victime d’une erreur judiciaire | Claude Paquin recevra plus de 20 millions

La Ville de Montréal et le gouvernement du Québec ont accepté de verser un total d’un peu plus de 20 millions à Claude Paquin, condamné à tort pour un double meurtre en 1983 et exonéré l’automne dernier, a appris La Presse.
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M. Paquin, le gouvernement et la Ville annonceront plus tard aujourd’hui qu’ils ont conclu une entente à l’amiable.
Après 43 ans à clamer son innocence, Claude Paquin réclamait 64 millions en dédommagement à l’État. Ce n’est qu’à l’âge de 81 ans qu’il a finalement été acquitté des crimes pour lesquels il avait été erronément condamné.
« Ce dossier n’est pas qu’une erreur judiciaire : c’est l’histoire d’une vie volée, d’une condamnation prolongée bien au-delà des murs de la prison. Une existence confisquée », plaidaient ses avocats dans la poursuite. « Derrière les barreaux, il perd tout : son fils, sa liberté, ses années, son identité. »
En raison de l’implication du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) dans l’engrenage qui a permis l’erreur judiciaire, la Ville contribuera au règlement à l’amiable à hauteur de presque 9 millions, selon nos informations. Le reste sera assumé par Québec.
Vendredi avant-midi, les avocats de Claude Paquin n’ont pas voulu commenter les informations de La Presse. Québec et la Ville de Montréal n’ont pas immédiatement répondu à un courriel.
Faux témoignage
En 1983, Claude Paquin est reconnu coupable des meurtres de Ronald Bourgouin et de Sylvie Revah, à Saint-Colomban, et est condamné à la prison à vie sans possibilité de libération conditionnelle avant 25 ans.
Son procès avait été dominé par le témoignage du délateur vedette Bernard Provençal – son ancien patron dans le milieu interlope – qui l’accusait des crimes.
En réalité, Provençal mentait et accablait un innocent, comme l’a démontré une enquête de l’organisme Projet Innocence Québec amorcée en 2010. Provençal a fini par reconnaître qu’il était lui-même derrière le double meurtre, ce qui a contribué à faire acquitter Claude Paquin.
Des documents découverts par l’équipe de défense de M. Paquin ont révélé que le délateur avait reçu une somme d’argent des autorités, dans les années 1990, après avoir menacé de révéler publiquement qu’il avait faussement accusé des innocents.
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