«Nintendo Switch Sports Resort» : sous le soleil virtuel
Il y a un plaisir très simple, presque naïf, qui émane en jouant à des jeux comme Wii Sports (2006) : au lieu de frapper une balle de tennis en appuyant sur un bouton, on agite sa manette, comme si on tenait une vraie raquette, ou l’on boxe en imitant un jab ou un uppercut dans son salon. Si la technologie était tout simplement révolutionnaire à l’arrivée de la Wii il y a 20 ans, c’est bien moins le cas en 2026… mais Nintendo Switch Sports Resort est la preuve que le sentiment va plus loin que le simple émerveillement.
Reprenant le décor paradisiaque de l’île Wuhu qui est apparu pour la première fois dans Wii Sports Resort (2009), le cinquième jeu de cette série (une suite directe de Nintendo Switch Sports, 2022) offre cette fois-ci une douzaine de « sports », des classiques comme le tennis ou le golf aux nouveaux venus comme la bataille de pouces ou la planche à roulettes.
Pour chacun d’entre eux, la prise en main consiste à émuler le sport via des mouvements captés par les manettes Joy-Con, ce qui offre une immersion unique en son genre, et ce, malgré la direction artistique qui s’éloigne on ne peut plus du réalisme.
Le rendu est particulièrement réussi et instinctif dans des sports comme le tennis sur table, où utiliser sa raquette dans le jeu consiste tout simplement à bouger sa manette, ou le bowling. Pour d’autres, comme le volleyball ou le basketball, les mouvements nécessaires sont légèrement plus complexes et demandent un moment d’adaptation qui se traduit en une expérience qui fait brouillon.
D’autant plus que le temps d’apprentissage n’est que rarement garanti dans une séance de Nintendo Switch Sports Resort où l’introduction à un sport et une compétition féroce entre proches ne sont séparées que de quelques instants.
À plusieurs, c’est mieux
C’est d’ailleurs toujours là que le jeu fait le mieux ses preuves : jouer en solo est possible, notamment via un mode où les joueurs doivent grimper les rangs dans neuf des douze sports ou du jeu en ligne, mais c’est en partageant le même espace à faire des mouvements qui paraissent ridicules d’un œil extérieur que le titre brille.
Comme de fait : les modes de jeu alternatifs, comme celui où quatre joueurs-archers se partagent une cible séparée en quatre cadrans — et où lancer une flèche sur un quart autre que le sien offre des points à un de ses adversaires —, s’avèrent tout particulièrement réussi et axé sur le jeu à plusieurs.
Mention spéciale toutefois aux trois sports qui offrent la possibilité d’explorer l’île Wuhu : l’hydravion, la planche à roulettes et la motomarine. Partir à la recherche des points photos dispersé sur la carte est un bon moment de ralentir entre la frénésie d’un duel de boxe et d’une ronde de golf.
Le trio terre, air et mer permettent trois niveaux d’explorations uniques, bien que parcourir l’eau entourant les îles soit bien moins intéressant que la liberté qu’offrent la voie du ciel et l’ingéniosité qu’est contrôler sa planche à roulettes en glissant sa manette à la manière d’une souris d’ordinateur pour avancer.
Les courses de motomarines disponibles, qui demandent de tenir son guidon comme un volant, parviennent toutefois à convaincre de la présence du sport.
Avec 12 sports, tous réussis à l’exception du volleyball et du basketball, l’offre est certainement plus alléchante que celle du décevant Nintendo Switch Sports. Mais si, à l’image de son prédécesseur, d’autres sports sont ajoutés après le lancement, les combats d’épées, le vélo et le canot de Wii Sports Resort seraient plus que les bienvenus pour étoffer ce qui est déjà un très bon jeu festif.
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