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Monday, November 2, 2026

Décès d’Esekia : le père filmait son fils quelques instants avant sa mort. Sa respiration difficile n’a pas fait réagir les parents

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Ils sont à trois mètres de distance et ne se jettent pas un regard. Les parents du petit Esekia, 11 ans, comparaissent depuis ce lundi 2 novembre devant la cour d'assises à Mons pour l’assassinat de leur fils de onze ans.

Alors que l’avocat général lit l’acte d’accusation, détaillant les conditions de la mort du petit garçon, aucun des deux ne sourcille. La mère d’Esekia, Marjorie Brizard, complètement immobile, ferme les yeux. Son père regarde tantôt ses chaussures, tantôt la Cour.

Le résumé de la vie du petit Esekia, lourdement handicapé et des circonstances qui ont mené à sa mort tient en moins de 20 pages mais il est accablant. On en retient les témoignages du personnel du centre de soins qu’il fréquentait 3 jours par semaine, le centre Yapaka, où l’on constatait "une perte de poids chaque fois qu’il revient au service", ainsi que des problèmes d’hygiène. Le personnel pointe aussi l’absence de réponse des parents aux appels et courriers. Le centre Yapaka met fin à la collaboration en février 2023 en raison du fait que les parents ne payaient pas leur part des soins, les médicaments et ne s’intéressaient pas au suivi thérapeutique de leur enfant. Auditionné, Gilles Viaene admet qu’Esekia n’a plus vu le médecin depuis qu’il ne va plus au centre.

Je trouvais que ses respirations étaient bizarres mais pour moi il n’était pas en train de mourir

A la lecture de l’acte d’accusation, la cour d'assises apprend aussi que le père du petit garçon a filmé son agonie. Une vidéo de 25 secondes qu’il a envoyée à la mère, où on voit Esekia respirer difficilement et bruyamment. "Je trouvais que ses respirations étaient bizarres, dira Gilles Viaene, mais pour moi il n’était pas en train de mourir". Ceci explique sans doute qu’il n’ait appelé les secours que plus d’une heure 20 après cette vidéo. Il était trop tard pour le petit garçon.

Une autopsie accablante

L’autopsie du corps d’Esekia révélera un "état de dénutrition chronique" et l’absence de toute trace du médicament qu’il devait prendre pour limiter les mouvements incontrôlés, mouvements qui causaient une perte d’énergie inutile chez un enfant dont le poids devait être une préoccupation constante en raison de son handicap et de son retard de développement.

L’acte d’accusation révèle aussi que dans son audition, la mère d’Esekia à admis que l’enfant avait passé plusieurs mois sans médicament et un an sans soins de kiné.

"On dirait qu’il sort d’un camp": le personnel du centre de soins se dit atterré par l’état de l’enfant

Le centre Yapaka, centre Provincial de prévention de la maltraitance, où Esekia se rendait trois jours par semaine jusqu’en février 2023, s’est constitué partie civile dans ce procès. La psychologue de ce centre, entendue durant l’enquête, s’est dite atterrée : "nous ne l’avions jamais vu dans un tel état de maigreur et de souffrance". Idem pour l’éducatrice du centre, heurtée par son décharnement : "on dirait qu’il sort d’un camp", déclarera-t-elle en voyant l’état de maigreur de l’enfant.

Le procès se poursuit avec l’interrogatoire des accusés, et ensuite les premiers témoins. Dans les jours suivants, la responsabilité du Service d’aide à la jeunesse pourrait être évoquée, sachant qu’il a été alerté à maintes reprises et que l’audience qui devait se pencher sur l’avenir d’Esekia a eu lieu le lendemain de son décès.

De l'interrogatoire du père on retient que Gilles Viaene estime les revenus du ménage à un peu moins de 4000 euros, dont 2500 allocations familiales. Celles d'Esekia étaient majorées à hauteur de 800 à 900 euros. Gilles Viaene admet qu'il avait 52.000 euros de dettes, qu'il ne travaillait pas pour qu'on ne lui saisisse pas son salaire. Ces dettes sont issues des contributions alimentaires qu'il ne payait pas à ses deux ex compagnes avec qui a 5 enfants au total, mais qui ne vivaient pas sous le même toit qu'Esekia et ses 5 frères et soeurs.

Le président l'interroge sur ses dépendances. L'accusé admet que la consommation de bière tournait autour de 3 à 4 cannettes de "cara" par jour. Qu'il consommait 2 à 3 grammes de stupéfiants quotidiennement. Des quantités qu'il a réduites "quand Majorie a commencé à travailler" faisant baisser le budget stup de 600-900 euros par mois à 120-150 euros mensuels. A ces dépenses s'ajoutent les paris en ligne sur les matchs de football. "Je suis monté une fois jusque 600 euros", admet l'accusé. Sous les questions du président, il reconnaît qu'il lui est arrivé d'emprunter pour financer sa consommation de stups.

Le casier judiciaire de Gilles Viaene mentionne plusieurs condamnations pour stups, faux et usage de faux, escroquerie. Au total, il cumule deux années de prison pour ces faits.

Dans la suite de son interrogatoire, on entend un père qui confirme que tous les soins se sont arrêtés pour Esekia à la sortie du centre Yapaka: le kiné, les soins,... A la question du président: "pourquoi avez-vous arrêté les soins à domicile

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