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Thursday, November 5, 2026

Les jeux de hasard perdent en popularité, mais le jeu en ligne progresse

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Les jeux de hasard et d’argent ont moins la cote qu’auparavant, mais la popularité de ceux qui se déroulent en ligne a plus que triplé en sept ans chez les adultes montréalais, révèle un nouveau rapport sur l’évolution des pratiques et des risques associés à ces jeux réalisé par la Direction régionale de santé publique de Montréal.

L’analyse, qui se base sur une enquête réalisée en 2025 et en 2026, chiffre à 39 % la proportion d’adultes qui ont joué à au moins une forme de jeu de hasard ou d’argent en 2025, contre 54,5 % lors de l’exercice précédent, en 2018. Par comparaison, 4,4 % des répondants de 2018 avaient dit avoir pris part à de tels jeux en ligne, proportion bien moindre que celle de 13,3 % observée en 2025.

Les billets de loterie et les jeux en casino, tous deux hors ligne, demeurent toutefois les jeux de hasard les plus répandus. Pour ce qui est du jeu en ligne, les sites non réglementés par Loto-Québec font partie intégrante du paysage : 38 % des joueurs en ligne questionnés affirment utiliser exclusivement ces sites ; 46 %, uniquement les sites réglementés ; 16 %, un mélange des deux.

Comment expliquer la baisse générale observée ? Lorsqu’il est question de la perception du risque, en général, la population « perçoit les jeux de hasard et d’argent en ligne comme une pratique assez risquée pouvant avoir des impacts sur leurs finances ou sur leur qualité de vie. Presque autant que le tabac », mentionne en entrevue Jean-François Biron, coauteur du rapport.

Moins de joueurs, mais pas moins de risques

Les données montrent également que « les populations qui sont plus susceptibles de vivre des méfaits — et de s’adonner à des jeux qui accentuent les excès — sont, de par leurs caractéristiques, moins sensibles aux risques », note l’expert en jeux de hasard et d’argent à la Direction régionale de santé publique de Montréal.

En règle générale, « parmi les personnes qui jouent, on observe que le risque est quand même plus élevé que ce qu’on observe habituellement », dit-il.

« Quand on mesure l’ensemble des méfaits [liés à ces jeux], c’est cohérent avec la baisse d’exposition, la baisse de gens qui jouent », explique M. Biron. « Mais comme il y a un mouvement vers des pratiques de jeu qui vont plus vite, où on peut miser de l’argent plus rapidement et où il y a des dispositifs de gratification plus importants, ça se reflète également. On sait que ce sont des jeux qui ont tendance à favoriser les excès », résume-t-il.

En données, cela se traduit par une proportion de personnes dont la santé ou la qualité de vie est affectée par les jeux de hasard plus basse qu’en 2018 (7,7 % aujourd’hui, contre 12,1 % précédemment), mais avec un « niveau de jeu problématique » plus élevé — 4,6 % des personnes qui jouent sont classées à risque élevé ou modéré.

Les jeunes hommes plus à risque

Ce sont d’ailleurs les jeunes hommes de 18 à 34 ans qui sont les plus à risque d’être affectés par les jeux de hasard et d’argent. Et ils sont aussi ceux qui sont les plus portés à parier en ligne, soutient le rapport. « Les jeunes hommes ont tendance, de façon générale, dans leurs traits de personnalité, à être davantage à la recherche de sensations fortes. [Il y a] davantage d’impulsivité également », avance Jean-François Biron pour expliquer ces données.

Mais il ne s’agirait pas de la seule explication : « Il ne faut pas oublier, ajoute M. Biron, toute la culture au niveau des paris sportifs, qui est très normalisée, et le ciblage publicitaire. Donc, ils sont plus vulnérables, et les algorithmes et les opérateurs vont les cibler davantage. »

La publicité pour les jeux de hasard en ligne était d’ailleurs sur le radar des auteurs du rapport. Environ 73 % des répondants ont estimé que cette publicité devrait être interdite, et 70 % ont jugé que ces jeux étaient trop accessibles.

À terme, M. Biron espère que le rapport permettra « une réflexion plus approfondie sur le sujet » et ne reposant pas sur « des préoccupations superficielles ou, disons, très basées sur ce que ça peut rapporter à court terme ».

La question d’une réglementation des sites illégaux de jeu de hasard avait notamment été évoquée par le Parti libéral du Québec et le Parti québécois lors de la récente campagne électorale québécoise.

« Comme d’autres chercheurs, on a toujours été en faveur ou on a même recommandé qu’il y ait un organisme de régulation indépendant de celui qui commercialise [les jeux de hasard et d’argent] », affirme d’ailleurs l’expert. « Pour justement réfléchir au type de jeux qui sont offerts, à l’ampleur de leur publicité [et à] tout leur encadrement. »

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