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Wednesday, November 4, 2026

Trump pourrait se «déchaîner» à l’international

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La victoire démocrate au Congrès laisse entrevoir deux années tumultueuses sur la scène mondiale. Avec une marge de manœuvre réduite en politique intérieure, Donald Trump pourrait se « déchaîner » à l’international.

« Trump adore gagner, a rappelé mardi soir Frédérick Gagnon, professeur à l’UQAM et directeur de l’Observatoire sur les États-Unis. [Puisqu’il a perdu gros], il va vouloir gagner encore plus pour la suite des choses. Où peut-il gagner ? À l’international. »

Avec une Chambre des représentants et un Sénat démocrate, une paralysie gagnera Washington. « Si c’est bloqué en politique intérieure, la seule façon pour lui d’affirmer, d’asseoir et d’accroître sa puissance et son pouvoir » sera en politique étrangère, a analysé Charles-Philippe David, fondateur de la Chaire Raoul-Dandurand.

La Constitution des États-Unis confère une grande marge de manœuvre au président en termes de politique extérieure, a rappelé Elisabeth Vallet, professeure au Collège militaire royal de Saint-Jean et directrice de l’Observatoire de géopolitique de la Chaire Raoul-Dandurand.

« Le président est vraiment contraint avec des poids et contrepoids [checks and balances] sur le plan de la politique intérieure. Mais les pères fondateurs n’ont jamais imaginé que la politique extérieure serait quelque chose d’important et que le président prendrait autant de poids dans l’équilibre global. »

Les trois chercheurs étaient réunis sur scène mardi soir à l’occasion d’une soirée de visionnement des résultats électoraux organisée à Montréal par la chaire. Ils ont tous dit redouter l’imprévisibilité décuplée de Trump qui pourrait bouleverser encore davantage la scène mondiale.

« Il a déjà fait des dégâts en politique extérieure. Il va aller encore plus vite, encore plus loin », a laissé entrevoir Mme Vallet. Trump sera à la recherche d’ennemis à l’encontre de qui il pourrait faire des gains. « Il pourrait devenir plus vindicatif et dangereux », a mentionné M. David.

Guerre en Iran

Le premier champ de bataille de Trump sera fort probablement l’Iran. « [Les États-Unis] ont recommencé à frapper l’Iran dans la nuit de lundi à mardi. Ça devrait s’intensifier, parce qu’il va avoir besoin de gagner et de marquer des points », a souligné Elisabeth Vallet.

« Il se fiche complètement de l’opinion publique américaine [qui est contre la guerre en Iran], a fait valoir Charles-Philippe David. Il sait que dans deux ans, c’est fini pour lui. »

Le président russe Vladimir Poutine — qui espère que Trump offrira à la Russie une issue positive à la guerre en Ukraine — voit fort possiblement les deux prochaines années comme une « fenêtre d’opportunité », croit Mme Vallet. « La constance de Trump vis-à-vis de Poutine est hallucinante », dit-elle. Et elle pourrait mener à encore plus d’instabilité.

Plusieurs diplomates européens craignent d’ailleurs l’éclosion d’une nouvelle guerre en Europe d’ici la fin de la présidence de Trump, a-t-elle rappelé. Cette crainte sera décuplée si Trump décidait de retirer les troupes états-uniennes d’Europe. « Il pourrait se chercher une cause et dire : ça ne me tente plus de payer pour la défense et la sécurité des Européens », a évoqué M. David.

Un trophée avec Cuba ?

Trump jettera-t-il son dévolu sur Cuba ? s’est questionné Frédérick Gagnon. « Est-ce que ce sera le trophée en politique internationale qu’il voudra donner aux Américains avant de quitter ? Ou cherchera-t-il à agrandir le territoire des États-Unis ? » Il n’y a pas si longtemps, le Groenland était dans sa ligne de mire, a-t-il rappelé.

Le Canada pourrait aussi payer les frais de cette agressivité dans le cadre de la guerre commerciale qui l’oppose aux États-Unis, a mentionné M. Gagnon. « Trump ne veut plus juste gagner sur les tarifs sur l’acier et l’aluminium. Il veut obtenir encore plus. [Trump et Vance] estiment que le Canada a une dette envers les États-Unis depuis des décennies. On va la payer comment ? En donnant accès à nos ressources ? »

Et pendant ce temps, la Chine pourrait chercher à accroître sa sphère d’influence, particulièrement en mer de Chine. « C’est très difficile de prédire tout ce qui va se passer », souffle Elisabeth Vallet.

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