Epidémie d’Ebola en RDC : Kinshasa se barricade tant bien que mal face à la propagation du virus

"Il faut reconnaître que les autorités ont mis en place des mesures pour éviter la propagation du virus dans la capitale, admet Danny Singoma, acteur de la société civile responsable du Réseau Proddes (Promotion de la Démocratie et des Droits Économiques et Sociaux). Ces mesures rappellent un peu celles qui avaient été mises en place pendant le Covid. Mais c’est un peu faible pour lutter contre une épidémie telle qu’Ebola. Car l’approche de suivi des voyageurs repose principalement sur leurs déclarations et leur honnêteté. Il faut aussi préciser que la capitale vit une prévention à deux vitesses. Des "dispositifs barrière", comme le lavage des mains, sont préconisés dans les hôtels et les supermarchés mais pas dans les boîtes de nuit, sur les marchés, ni dans les quartiers populaires."
Il existe encore de nombreux ports clandestins qui échappent aux contrôles.
"Je ne pense pas que les mesures prises pour l’instant permettent de protéger à 100% la capitale de toute contamination par le virus Ebola, poursuit un journaliste congolais, vivant à Kinshasa, sous couvert d’anonymat. On peut contrôler les arrivées par les aéroports et les ports officiels situés sur le fleuve, mais il existe encore de nombreux ports clandestins qui échappent aux contrôles. Il existe également de nombreux axes routiers menant aux provinces voisines qui sont dans un état tellement déplorable qu’il est impossible d’y organiser des contrôles. Et pourtant, ces axes sont fréquentés quotidiennement. Si une personne malade entre dans la capitale par une de ces routes, elle risque de contaminer d’autres personnes avant d’être identifiée par les autorités sanitaires."
Certains disent que c’est une maladie qui provient de forces maléfiques, d’autres sont convaincus qu’Ebola n’est qu’un mensonge.
"La question de la prévention contre Ebola préoccupe surtout les milieux intellectuels et la sphère médiatique, complète Danny Singoma. Elle est nettement moins présente dans les milieux populaires où des croyances diverses et variées sont toujours véhiculées. Certains disent que c’est une maladie qui provient de forces maléfiques, d’autres sont convaincus qu’Ebola n’est qu’un mensonge. Il y a tant de fake news qui circulent au sujet de cette épidémie qu’on peut se demander si les gens accepteraient de se faire vacciner si on venait enfin à vaccin permettant de lutter contre cette nouvelle souche du virus."
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