ESPN DeportesCR7 pide suspender a fans por burlas a Diogo JotaRTP DesportoEuroVolley 2026. Portugal soma quarta derrota consecutiva frente à UcrâniaESPN'I'm willing to do whatever it takes': Inside the 274 days that rebuilt Patrick MahomesThe Jerusalem PostUS President Donald Trump shares his music taste with reporters in odd exchange on Air Force OnePunchNASEMA distributes relief materials to disaster, banditry victimsInquirerSenate approves on 3rd reading 5-year term of barangay, SK officials3DNewsИлон Маск помирился с Apple — но X Corp и SpaceXAI продолжат судиться с OpenAIBusiness AMDenemarken en VS streven naar diplomatieke oplossing voor geschil over GroenlandRapplerLIVE UPDATES: First BARMM parliamentary electionsAntara NewsChinese hiker injured on Indonesia's Mount Rinjani, SAR team deployedBillboardMacklemore Dropped From Ed Sheeran Tour Over His ‘Free Palestine’ CommentsCNN بالعربية"لكن أنا الذي أستحقها".. لامين يامال يسمّى منافسه الوحيد في سباق الكرة الذهبية 2026
The Daily Newsstand · Free, Always
Monday, September 14, 2026

Bilan des incendies en Europe : des surfaces brûlées qui battent tous les records, avec quelles conséquences sur la santé ?

Translate

Ce dimanche matin là, les vents, faibles à modérés, soufflent vers le sud-ouest. Il y a de la grisaille et les fumées restent bloquées dans les basses couches de l’atmosphère. Elles se déplacent jusque dans les provinces de Namur et de Luxembourg.

À 88 kilomètres des Fagnes à vol d’oiseau, à Namur, une brume enveloppe la citadelle. Le 16 août, c’est le premier jour où les températures redescendent après la troisième vague de chaleur de l’été. Certains habitants ouvrent grand leurs fenêtres pour rafraîchir leur maison. Un geste déconseillé en cas de pic de particules fines. Taux de PM2.5 à Namur à 11 heures : 29,2 µg/m³ d’air. À ce niveau, la qualité de l’air est jugée médiocre. C’est presque dix fois plus élevé que la moyenne habituelle.

À Ciney, dans le Condroz, le train de 10 heures vers le Luxembourg entre en gare. Les passagers qui descendent sur le quai sont surpris par l’odeur. L’air est irrespirable. Pull, foulard ou leur main… les navetteurs s’emparent de ce qu’ils trouvent pour le mettre devant la bouche et le nez. Taux de PM2.5 relevé dans la station la plus proche, à Sinsin : 202,8 µg/m³ d’air. Qualité de l’air : exécrable.

C’est le dimanche du week-end du 15 août. Certaines familles ont prévu de se réunir autour d’un barbecue. C’est typiquement l’activité à éviter en cas de pic de particules fines. Mais aucun message transmettant ce genre d’informations n’est envoyé à la population via Be-alert.

"Les alertes horaires que la population doit recevoir selon cette directive européenne, c’est quand il y a des pics d’ozone", explique Anne-Claude Ramin. Ce sont les fameuses alertes "smog". "Là, effectivement, même si c’est relativement court, les personnes qui sont abonnées au système d’alerte reçoivent un SMS et c’est annoncé dans les journaux météo." Autre cas de figure : en cas de fortes chaleurs.

Autrement dit, les autorités européennes publient des alertes "smog" en demandant par exemple, de réduire notre vitesse en voiture les jours de pics d’ozone. Cela permet de les réduire et d’améliorer notre qualité de l’air. Mais d’un autre côté, les incendies viennent émettre des taux qui battent tous les records horaires.

Un paradoxe souligné par l’Organisation mondiale météorologique dans son dernier bulletin. "Alors que les réglementations en Europe et en Amérique du Nord ont réduit les émissions industrielles et liées aux transports de PM2.5, l’exposition aux PM2.5 provenant des incendies a augmenté", écrivent les auteurs du bulletin.

Alors, faut-il s’inquiéter de ce pic de PM2.5 de cet été ? "Non", répond d’emblée Anne-Claude Romain. La moyenne horaire, là est le cœur de l’analyse du risque : ce n’est pas parce que les pics ont été dépassés, de manière aussi importante soit-elle, sur quelques heures que toute la population va subir des impacts négatifs sur la santé à long terme.

Pas d’impact sur la santé de la population à plus long terme

Anne-Claude Romain, professeur à l’Université de Liège
et directrice du laboratoire SAM

"Ces pics vont avoir des effets aigus très rapides au moment même où les particules fines sont inhalées : les yeux qui piquent, la gorge qui gratte, une toux, des irritations. Mais les particules fines sont redescendues très rapidement à des valeurs normales de concentration, détaille la directrice. On peut donc émettre l’hypothèse que ça n’aura pas d’impact sur la santé de la population, même sur les personnes sensibles, à plus long terme."

"Si la moyenne annuelle des valeurs venait à dépasser 10 microgrammes par mètre cube d’air à Vielsalm ou dans une autre station de mesure, alors, oui, là cela pourrait impacter la santé des habitants à proximité de cette station de mesure. C’est le seuil pour les effets à long terme sur la santé." Mais selon Anne-Claude Romain, ce n’est pas ce seul événement qui va faire exploser cette moyenne annuelle.

Pour s’en assurer, une évaluation des effets des fumées est en cours, affirme l’Aviq. "Une analyse a été réalisée par un opérateur scientifique et fait actuellement l’objet d’échanges entre les acteurs concernés. À ce stade, ces travaux ne permettent pas encore de tirer des conclusions définitives."

Concernant l’évaluation des effets sur la santé, "l’impact potentiel d’une exposition peut varier en fonction de nombreux facteurs propres à chaque personne, tels que l’âge, l’état de santé, les pathologies préexistantes, les traitements suivis ou encore le niveau et la durée de l’exposition, explique l’Aviq. Il appartient dès lors au médecin traitant d’évaluer la situation au cas par cas, avec son patient, et d’assurer, le cas échéant, le suivi médical le plus approprié."

C’est la première fois que la Wallonie s’est retrouvée dans une telle situation mais jusqu’ici, notre pays semble épargné par une surmortalité due aux fumées des feux de forêts.

En 2023, le pays comptait 2940 morts prématurés dus au dépassement de la valeur d’exposition à long terme (moyenne annuelle) à des particules fines de moins de 5 microgrammes par mètre cube d’air pour la Belgique. Ce sont 72% en moins qu’en 2005, explique l’Agence européenne de l’environnement. Il faudra donc voir comment ce chiffre évolue après cet épisode. 

"Les incendies de forêt d’une ampleur extrême se multiplient dans de nombreuses régions du monde, ce qui entraîne des conséquences sanitaires considérables", écrivent les auteurs de ce chapitre du bulletin de l’OMM. Des conséquences sous-estimées selon une étude épidémiologique menée en Europe citée dans le bulletin de l’OMM : "Les modèles de risque classiques, fondés sur les concentrations totales de PM2.5, peuvent sous-estimer la mortalité attribuable aux feux de forêt jusqu’à 93% lorsqu’ils sont appliqués à des épisodes d’incendie."

La situation ne cesse de s’aggraver

Un mois plus tôt, le 8 août dernier, c’est la revue scientifique The Lancet qui ouvrait son édition avec une alerte sur les morts dus aux fumées d'incendies de végétation. "La situation ne cesse de s’aggraver. À elles seules, les décès imputables à la pollution atmosphérique par les PM2.5 issues des feux de forêt ont atteint un niveau record de 154.000 en 2024, soit une hausse de 36% par rapport à la moyenne enregistrée entre 2003 et 2012. Ces incendies auront des conséquences désastreuses sur la santé des Européens."

L'Agence européenne de l'environnement estime quant à elle que "plus de 180 000 décès dans l’UE étaient attribuables à l’exposition à des concentrations de particules fines (PM2.5) supérieures aux valeurs guides de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) en 2023."

Concrètement, "il y a des publics particulièrement vulnérables, explique Céline Bertrand, diplômée en Santé publique, médecine environnementale et membre de la société scientifique de médecine générale au sein de la cellule environnement. Les femmes enceintes, les personnes qui ont déjà des maladies chroniques comme des insuffisances respiratoires ou cardiaques, les personnes âgées, les jeunes enfants… Toutes ces personnes vont être particulièrement vulnérables par rapport à la toxicité des fumées et peuvent développer des problèmes de santé."

De quoi parle-t-on ? "C’est très large, explique l’infirmière de formation. Des maladies respiratoires, cardiovasculaires, des accidents vasculaires cérébraux ou des infarctus par exemple. Chez les femmes enceintes, il existe des risques sur la prématurité, le petit poids de naissance, des troubles neurologiques…".

Ceux qui respirent de près ces fumées, comme les pompiers, sont particulièrement concernés. L’exposition du métier a même été classée comme "cancérogène" par le Centre international de Recherche sur la Cancer. Cette exposition professionnelle peut être à l'origine de cancers de la vessie et de mésothéliome, une sorte de cancer qui touche les membranes des organes vitaux comme les poumons ou le cœur.

Ces risques devront donc s’évaluer à l’échelle européenne et même mondiale au vu de l’ampleur des incendies de cet été. Celui des Fagnes, bien qu’impressionnant pour notre pays est en effet bien plus petit que ceux qui ont touché la France ou l’Espagne par exemple. À votre tour de vous représenter ces surfaces brûlées :

View the original on RTBF Info

KioskNews shows a cleaned-up reading view extracted from the publisher’s page — the original always lives on their site, not ours.