Incendies et vagues de chaleur : pour Yves Coppieters, il faut "accélérer la transition climatique environnementale, c'est une priorité"

"Il y a un changement des réalités climatiques considérable", estime d'emblée Yves Coppieters qui, outre sa casquette politique, est aussi médecin et épidémiologiste de formation. Il confirme donc avoir été surpris par l'ampleur des événements de cet été. Il rappelle les quinze jours de températures supérieures à 30 degrés et 44 jours au-dessus de 25 degrés. Mais aussi qu'au niveau de la sécheresse, 70% de l'ouest de la Wallonie est en déficit hydrique et 40% à l'est du territoire. Il ajoute que la situation est toujours compliquée pour les agriculteurs malgré les pluies.
"On doit accélérer la transition climatique environnementale, c'est une priorité. Il faut trouver des budgets dédiés pour cette transition, ça c'est aussi une priorité. Et enfin, il faut des solutions à long terme. Il faut des solutions systémiques et qu'on puisse se projeter sur les dizaines d'années à venir pour trouver des solutions", explique le ministre wallon de la Santé et de l'Environnement.
Le risque climatique ne va pas disparaître. Au moment de la première vague de chaleur, Yves Coppieters dénonçait l'absence de coordination fédérale et l'inaction du Premier ministre Bart De Wever. Depuis lors, le constat a changé. Le ministre rappelle néanmoins les défaillances au départ. Tout d'abord, un problème de prise de conscience du risque lors de la première vague de chaleur. "Un risque énorme dans lequel on se trouvait, à la fois pour l'environnement, mais (aussi) pour la santé". Il rappelle d'ailleurs que "la mortalité énorme des 3000 personnes sous les trois vagues de chaleur était tout à fait inattendue."
Il y a aussi eu un problème de coordination au départ entre les différentes structures, lors des premières réunions de crise, reconnait-il. Des structures où les personnes ne se connaissaient pas et n'avaient pas l'habitude de travailler ensemble. "Mais je ne le dénonce pas, parce qu'après les choses se sont vraiment bien mises en place", dit-il ce matin. Ces structures collaborent à présent. "Et c'est vrai que c'est une avancée majeure de cette crise, cette coordination a très bien fonctionné par la suite. Et ces gens se parlent, il y a des protocoles communs maintenant en santé, en environnement, par rapport au pouvoir public". Il note aussi cette volonté d'être plus réactif dans les messages d'alerte à la population, sans oublier des mesures de prévention qui doivent être mises en place.
La volonté est à présent de travailler sur une cartographie permettant d'identifier plus rapidement les zones à risque. Il s'agit aussi de mieux identifier les personnes socialement isolées socialement et d'entrer en contact rapidement avec elles afin de leur délivrer des messages de prévention.
Revoir le système BE-Alert ?
Comment fait-on concrètement pour envoyer un message ou appeler les personnes vulnérables ? La réponse du ministre comporte deux volets. Le premier : "Je pense qu'il faut que le système BE-Alert soit revu". Yves Coppieters souhaite que le système soit "beaucoup plus adaptatif pour que toutes les personnes qui sont présentes sur un territoire soient prévenues par les risques de crise potentielle".
Concernant l'identification des personnes vulnérables, il souligne le travail des CPAS : "On les identifie, on téléphone, on leur donne des conseils et on envoie des personnes à domicile pour, je dirais, accompagner ces personnes."
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