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Friday, October 16, 2026

«L’unité n’est pas l’uniformité», assure Mark Carney lors d’un rassemblement à Calgary

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Des milliers de sympathisants fédéralistes ont pris d’assaut le BMO Centre de Calgary, jeudi soir, à l’occasion de la venue du premier ministre Mark Carney, venu prêter main-forte aux forces fédéralistes à quelques jours du référendum albertain.

Victime de son succès, l’événement a débuté avec près de 45 minutes de retard, le temps que les nombreux sympathisants puissent franchir les imposants dispositifs de sécurité requis par la visite d’un premier ministre en fonction.

Tous ou presque avaient répondu à l’invitation des organisateurs : porter des vêtements et symboles aux couleurs de l’Unifolié.

Parmi eux figurait Kira Fisher, résidente de Cochrane, dans la banlieue nord de Calgary, pour qui la présence à cet événement était un incontournable.

« Je suis ici parce que je soutiens l’Union canadienne, et je veux montrer mon soutien. Je respecte aussi le premier ministre, et je pense que nous avons de la chance de l’avoir. »

Kira était l’une de celles qui ont acclamé de toutes leurs forces le premier ministre à son arrivée sur la scène.

« Quelle célébration, quel pays ! », a lancé d’emblée le dirigeant libéral, suscitant un tonnerre d’applaudissements qui a failli couvrir ses paroles.

Avec une verve qu’on lui voit rarement, Mark Carney a lancé un appel à l’unité du pays. « L’Alberta a le choix entre une Alberta forte dans un Canada solide pour nos enfants ou être prise dans une division durant des années », a déclaré le premier ministre. Cette dernière hypothèse a suscité quelques huées dans l’audience.

Mark Carney a par la suite rappelé le contexte mondial complexe qui, selon lui, n’est pas propice à la division.

« En équipe, nous pouvons faire plus que chacun de notre côté », a-t-il affirmé.

Selon les derniers sondages, un peu plus d’un Albertain sur cinq serait tenté d’entamer le processus vers l’indépendance de la province.

Parmi eux, environ la moitié souhaiterait davantage lancer un message au gouvernement fédéral que réaliser l’indépendance de la province.

À cette tentation qu’ont certains d’envoyer un message aux dirigeants fédéralistes, le premier ministre canadien a lancé ceci : « Ne vous laissez pas tromper par le discours voulant qu’un vote pour l’option 2 [entamer un processus juridique pour tenir un référendum] soit un vote de contestation. Ce n’est pas une partie de poker. »

Mark Carney a par la suite rappelé, en français, que « l’unité n’est pas l’uniformité », faisant résonner des applaudissements devant une foule où ceux qui maîtrisaient réellement la langue de Molière étaient très peu nombreux.

Le discours du premier ministre a également été retardé de plusieurs minutes en raison du malaise d’un participant.

« Prenez le temps qu’il faut, je ne m’en vais nulle part », a lancé le premier ministre à la foule qui lui a répondu en scandant son nom, ce à quoi il a plutôt suggéré de scander « Canada ».

Les enjeux du référendum et l’immigration

Les Albertains seront amenés le 19 octobre prochain à se prononcer sur 10 questions.

Plusieurs portent sur l’immigration. Les Albertains sont notamment invités à se prononcer sur la réduction des seuils d’immigration, ainsi que sur la possibilité de facturer les soins de santé et les services sociaux aux non-citoyens.

Dans son allocution, le premier ministre a rappelé que le tiers de la population de l’Alberta est né et a grandi dans une autre province canadienne, invitant les Albertains à voter Non à ces questions soumises par la première ministre albertaine Danielle Smith.

Thomas Lukaszuk, fondateur de Forever Canada — fer de lance du mouvement fédéraliste albertain et initiateur de l’événement de jeudi —, a rappelé à l’auditoire son parcours d’ancien jeune immigrant fuyant le régime communiste jusqu’à son poste de vice-premier ministre de l’Alberta.

Rencontré en marge de l’événement, l’ancien premier ministre albertain et ministre de l’Immigration sous Stephen Harper, Jason Kenney, a quant à lui souligné le flou entourant les questions.

« J’ai été celui qui a occupé le plus longtemps le poste de ministre de l’Immigration au Canada, et bien honnêtement, j’ai eu de la difficulté à comprendre les questions. Pourtant, s’il y a bien quelqu’un qui peut comprendre ces enjeux, c’est bien moi. »

L’expérience québécoise au cœur des conversations

L’expérience québécoise est d’ailleurs revenue souvent dans les discussions, notamment chez ceux qui ont attendu plus de deux heures avant de se frayer un chemin dans la salle.

Parmi eux figurait Joanne, une Montréalaise établie en Alberta depuis près de quarante ans. Cette dernière ne croyait jamais devoir voter à nouveau lors d’un référendum sur la question indépendantiste.

« Je crois au Canada, et j’ai voté Non lors du premier référendum au Québec. Je veux que le Canada reste ensemble », lance celle qui admet avoir quitté la Belle Province en partie en raison de la loi 101.

« Je ne suis pas parfaitement bilingue, alors je ne pouvais plus trouver d’emploi », explique t-elle au Devoir avant d’être invitée à rentrer dans la salle par la sécurité.

Quelques mètres derrière elle, un résident de Calgary, Steven Sweeny, cite lui aussi l’expérience québécoise comme un contre-exemple.

« L’effort souverainiste du Québec a fait beaucoup de dégâts par le passé, et il n’y a absolument aucune raison pour que l’Alberta souffre de la même manière », argumente-t-il au sortir de l’allocution du premier ministre, visiblement satisfait de sa soirée.

Les fédéralistes canadiens se réuniront à nouveau vendredi à Edmonton. En plus du premier ministre canadien qui y prononcera à nouveau un discours, le chef conservateur Pierre Poilievre et la première ministre Danielle Smith devraient également être de la partie.

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