«Ces horreurs continuent»: en Hongrie, le Premier ministre veut agir contre les violences dans des foyers pour mineurs

En Hongrie, les révélations se multiplient sur les violences physiques et sexuelles subies par des mineurs placés dans des institutions publiques. Deux ans après le scandale qui avait provoqué la démission de la présidente de la République et de la ministre de la Justice, le Premier ministre Péter Magyar estime que l’État a « complètement failli » à sa mission de protection de l’enfance et annonce une refonte du système.
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Avec notre correspondante à Budapest, Florence La Bruyère
En 2024, la présidente hongroise avait gracié le complice d’un directeur d’orphelinat condamné pour des abus sexuels sur des enfants. Cette décision, prise alors que le parti au pouvoir se présentait comme un défenseur des familles, avait suscité une forte indignation et contribué à l’émergence de Péter Magyar, ex-mari de la ministre de la Justice, aujourd’hui Premier ministre.
Depuis, d’autres révélations ont mis en lumière les conditions de vie dans les institutions accueillant des mineurs placés sous la protection de l’État, notamment parce qu’ils souffrent de troubles mentaux ou ont eux-mêmes subi des violences dans leur famille.
Quelque 23 000 enfants vivent aujourd’hui dans 510 foyers gérés par l’État hongrois. Selon Péter Magyar, leurs moyens sont si faibles que certains enfants ne mangent pas à leur faim. « Beaucoup d’enfants placés sous la protection de l’État ont souffert de la faim. De plus, ils ont subi des abus physiques et sexuels, de manière systématique », affirme-t-il.
Un rapport gouvernemental resté sans suite
Un rapport établi en 2024 sous le gouvernement de Viktor Orban faisait également état de situations dans lesquelles des enfants, affamés, acceptaient d’être abusés par d’autres mineurs en échange de nourriture. Le gouvernement n’avait pas osé publier ce rapport à l’époque et n’avait pris aucune mesure pour remédier à la situation.
« Ces horreurs continuent aujourd’hui… soit entre les enfants, soit autrement », déplore Péter Magyar. « En tant que citoyen, et père de famille, je trouve cela inacceptable : le gouvernement Orban savait, il a vu ce qui se passait, et il n’a rien fait ». Le Premier ministre a annoncé un premier plan d’urgence : l’État doit immédiatement injecter 9,5 milliards de forints, soit l’équivalent de 26 millions d’euros, dans la protection de l’enfance.
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