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Thursday, September 10, 2026

Les centristes qui restent sur la bande du milieu exaspèrent les automobilistes : qui sont-ils ?

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Ils agacent de nombreux automobilistes et peuvent perturber la fluidité du trafic, les " centristes ", comme les appelle elle-même la police fédérale sont ces conducteurs qui occupent inutilement la deuxième voie d’une autoroute à trois bandes alors que celle de droite est libre.

Le phénomène est loin d’être anecdotique, une enquête de Vias (Vias Magazine n°107) indiquait qu’en 2019, 55% des automobilistes belges interrogés déclaraient avoir l’habitude de rouler en permanence sur la bande du milieu. Ils étaient encore 52% en 2020.

Ces chiffres proviennent toutefois d’une enquête déclarative ancienne et ne permettent pas d’affirmer qu’un automobiliste belge sur deux adopte encore ce comportement aujourd’hui.

Pourquoi certains conducteurs restent-ils au milieu ?

Les raisons sont multiples, certains ignorent tout simplement qu’ils commettent une infraction, d’autres estiment avoir une meilleure vue d’ensemble de la circulation depuis cette position.

Il y a aussi ceux qui souhaitent éviter les changements de voie répétés, notamment à proximité de plusieurs poids lourds. D’autres anticipent leur prochain dépassement tellement tôt qu’ils finissent par conserver leur position pendant plusieurs kilomètres, certains de nos témoignages évoquent aussi la paresse.

Il faut cependant apporter une nuance importante, lorsqu’un automobiliste dépasse plusieurs véhicules rapprochés, la police fédérale indique que si des camions se suivent à environ 50 mètres, il n’est pas obligatoire de revenir systématiquement à droite entre chacun d’eux. Il n’est évidemment pas question de zigzaguer continuellement entre plusieurs camions qui se suivent à faible distance.

En revanche, lorsqu’une véritable possibilité de reprendre sa place à droite existe, continuer à circuler au milieu constitue une infraction.

Le Code de la route impose de tenir sa droite

La règle est simple : en Belgique, sauf dans certaines situations prévues par le code, le conducteur doit tenir sa droite.

Rouler à la vitesse maximale autorisée ne dispense pas de cette obligation. Un automobiliste circulant à 120 km/h doit lui aussi reprendre sa place à droite lorsque les conditions le permettent.

La situation est différente lorsque la circulation est dense et s’effectue en files. La présence d’un véhicule sur la deuxième voie ne signifie donc pas automatiquement que son conducteur est en infraction.

Pourquoi ce comportement pose-t-il problème ?

Au-delà de l’agacement qu’il provoque, il peut compliquer inutilement la circulation.

Prenons une autoroute à trois bandes, un automobiliste roule normalement à droite et arrive derrière un véhicule plus lent installé au milieu.

Pour le dépasser dans les règles, il peut être contraint de rejoindre la deuxième voie, puis celle de gauche. Une fois le dépassement terminé, il doit effectuer le chemin inverse.

Résultat : quatre changements de voie peuvent être nécessaires au lieu de deux.

Chaque manœuvre implique également des contrôles supplémentaires, rétroviseurs, angle mort, clignotant, appréciation des distances et insertion dans le trafic.

Une capacité autoroutière moins bien exploitée

Lorsque de nombreux véhicules délaissent la voie de droite, celle-ci se retrouve sous-utilisée tandis que les deux autres supportent davantage de trafic.

La voie de gauche peut alors accueillir davantage de véhicules contraints de dépasser ceux qui occupent inutilement le milieu.

Une autoroute à trois bandes peut ainsi perdre une partie de son efficacité simplement parce que les véhicules sont mal répartis sur la chaussée.

Une amende de 128 euros

Le fait de ne pas tenir sa droite sans raison constitue une infraction du deuxième degré.

Depuis le 1er juillet 2026, les perceptions immédiates pour les infractions routières ont augmenté de 10%. Pour une infraction du deuxième degré, le montant est désormais fixé à 128 €.

Les anciens montants de 116 euros que l’on retrouve encore dans certaines publications ne sont donc plus d’actualité.

Attention au dépassement par la droite

Face à un conducteur qui ne reprend pas sa place, certains automobilistes sont tentés de poursuivre leur route à droite et de passer devant lui.

Mais le mauvais comportement d’un conducteur n’autorise pas les autres à commettre une infraction, le dépassement par la droite peut lui aussi constituer une infraction dont le montant est identique, 128 €.

Comment la police contrôle-t-elle les " centristes " ?

Contrairement à un excès de vitesse, cette infraction nécessite généralement d’observer le comportement du conducteur.

Il faut notamment tenir compte de la disponibilité de la voie de droite, de la densité du trafic, de la durée pendant laquelle le véhicule conserve sa position et de l’existence éventuelle de dépassements successifs.

Le contexte est donc essentiel pour déterminer si le conducteur occupe réellement la deuxième voie sans raison valable.

Un comportement particulièrement irritant

Les " centristes " figurent régulièrement parmi les comportements qui énervent le plus les automobilistes.

Une enquête de Vias a ainsi montré que 27% des Belges interrogés citaient le fait de rester sur la bande du milieu comme le comportement le plus irritant sur autoroute.

Le phénomène agaçait davantage encore les Wallons, ils étaient 36% à le placer en tête. À Bruxelles, la proportion atteignait 34%, contre 22% en Flandre.

C’est dans la province de Namur que l’exaspération était la plus forte, 48% des personnes interrogées citaient les " centristes " en premier lieu.

À titre de comparaison, le fait de talonner arrivait loin derrière avec 14%, suivi par la non-utilisation du clignotant avec 11%.

Des distances de sécurité préoccupantes

L’agacement provoqué par certains comportements peut également conduire à de mauvaises réactions : se rapprocher du véhicule précédent, le coller ou tenter de lui faire comprendre qu’il doit changer de voie.

Une vaste étude de Vias permet de mesurer l’ampleur du problème des distances de sécurité sur les autoroutes belges.

Près de 4 millions de voitures ainsi que 400.000 camions et bus ont été observés.

Résultat : 58% des voitures particulières circulaient à moins de deux secondes du véhicule précédent, hors embouteillages.

Mais les résultats diffèrent fortement selon la voie utilisée :

  • 49% sur la voie de droite ;
  • 64% sur la deuxième voie ;
  • 65% sur celle de gauche.

Plus inquiétant encore, 27% des voitures observées circulaient à moins d’une seconde du véhicule précédent. Sur les deuxième et troisième voies, cette situation concernait environ une voiture sur trois.

Cela ne signifie pas que les " centristes " sont responsables de ces mauvaises distances de sécurité. Les données montrent en revanche que le problème du talonnage est nettement plus présent sur les deux voies utilisées pour dépasser.

Et en France ?

De nombreux automobilistes belges nous font souvent part d’un phénomène centriste récurrent sur les autoroutes de l’hexagone. La règle est sensiblement la même, un conducteur doit circuler sur la voie la plus à droite lorsqu’il n’effectue pas de dépassement et le phénomène est également très présent.

Selon l’Observatoire Sanef des comportements sur autoroute, 38% des conducteurs de véhicules légers observés en 2024 continuaient d’occuper la voie du milieu alors qu’ils pouvaient se rabattre.

La nuit durant le week-end, le phénomène concernait 57% des conducteurs, soit plus d’un automobiliste sur deux.

L’étude repose sur l’observation de plus de 100.000 véhicules sur une section à trois voies de l’autoroute A13.

Il s’agit donc d’un phénomène qui dépasse nos frontières mais qui, nous l’espérons, fait son petit bonhomme de chemin dans la prise de conscience des automobilistes.

Retrouvez le rendez-vous "RTBF Mobilité" tous les jeudis dans "C’est pas fini" sur RTBF Vivacité

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