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Saturday, October 31, 2026

Entrevue exclusive avec Mark Carney | « Nous pouvons travailler ensemble »

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Le premier ministre Mark Carney tend une perche à son homologue québécois Paul St-Pierre Plamondon. En entrevue exclusive avec La Presse, il a dit souhaiter rencontrer le nouveau premier ministre du Québec le plus rapidement possible, d’ici une dizaine de jours, à Montréal, avant la tenue du Sommet de la Francophonie, afin d’établir des relations de travail durables et de tourner la page sur les frictions de la dernière semaine.

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En proposant une telle rencontre, Mark Carney a un double objectif. D’abord, fixer des cibles communes en prévision du Sommet de la Francophonie qui aura lieu au Cambodge du 14 au 17 novembre – une rencontre où M. Carney croit qu’il faut examiner les mesures que les pays membres de la Francophonie doivent prendre pour élargir la place qu’occupe actuellement la langue française dans l’espace numérique, entre autres choses.

Paul St-Pierre Plamondon doit participer à ce sommet dont le thème sera « Créer, innover, entreprendre en français ».

Ensuite, il veut s’assurer que le courant passe bien entre Ottawa et Québec, comme c’était le cas lorsque François Legault était premier ministre et encore plus lorsque l’ancienne première ministre Christine Fréchette était aux commandes, parce que « c’est dans l’intérêt des Québécois », laisse tomber M. Carney durant cette entrevue d’une trentaine de minutes qui s’est déroulée entièrement en français à l’issue du sommet Canada-Union européenne.

PHOTO CHARLES WILLIAM PELLETIER, LA PRESSE

Le premier ministre Mark Carney en entrevue avec notre journaliste Joël-Denis Bellavance, vendredi

Ce courant, a-t-il rappelé, a permis de régler au cours des derniers mois plusieurs dossiers qui auront des retombées économiques substantielles au Québec pour les décennies à venir.

Il a donné en exemple le projet d’expansion du Port de Montréal à Contrecœur ; l’entente de 10 milliards de dollars sur 10 ans pour financer les projets d’infrastructures prioritaires de Québec ; les 10 milliards de dollars pour bonifier l’entente de développement hydroélectrique de Churchill Falls et Gull Island entre Québec et Terre-Neuve-et-Labrador ; le contrat de 11 milliards pour la construction de six nouveaux brise-glaces par Chantier Davie Canada inc., à Lévis ; et le contrat de 4,7 milliards pour la construction et l’entretien de 313 voitures pour VIA Rail par Alstom dans ses usines de La Pocatière et de Thunder Bay en Ontario.

Mark Carney a ainsi signalé sa volonté de tourner rapidement la page sur la confrontation qui a éclaté cette semaine relativement à l’organisation du sommet Canada-Union européenne dans la métropole et le refus de Paul St-Pierre Plamondon d’y assister parce qu’il ne pouvait pas prendre la parole devant les dignitaires européens.

« Nous pouvons travailler ensemble. […] Je suis optimiste », avance-t-il.

« Fédéralisme coopératif »

Son optimisme prudent s’appuie sur l’entretien téléphonique qu’il a eu avec M. St-Pierre Plamondon le lendemain de sa victoire aux élections du 5 octobre. Ils avaient alors établi des priorités communes comme la lutte contre l’itinérance, les investissements dans les infrastructures et l’économie au moment où la guerre tarifaire de l’administration Trump continue de sévir.

PHOTO EDOUARD PLANTE-FRÉCHETTE, ARCHIVES LA PRESSE

Le premier ministre Paul St-Pierre Plamondon

« Je travaille avec tous les premiers ministres au Canada, peu importe leur parti politique, dans un esprit de collaboration, de fédéralisme coopératif. Alors j’ai hâte de commencer à mettre l’accent sur les enjeux spécifiques, de travailler avec lui pour trouver des solutions pour les Québécois et les Québécoises », a-t-il exposé.

« J’espère que nous aurons une rencontre dans quelques jours. Ce serait une bonne idée. Je serai de nouveau à Montréal dans une semaine ou 10 jours. Je peux aussi le recevoir à Ottawa s’il veut. Il faut avoir une réunion avant le Sommet de la Francophonie », a-t-il ajouté.

Durant cette rencontre qu’il propose, M. Carney souhaiterait aussi faire le point sur les intentions de Paul St-Pierre Plamondon au sujet de l’entente de développement hydroélectrique de Churchill Falls et Gull Island, conclue à l’aide du fédéral, entre Québec et Terre-Neuve-et-Labrador à la toute veille du déclenchement de la dernière campagne électorale.

S’il avait au départ soulevé des doutes sur la mise en œuvre de cette entente, M. St-Pierre Plamondon a indiqué qu’il souhaitait en évaluer les détails afin de s’assurer que les intérêts du Québec sont bien protégés.

Le prochain sommet au Canada

M. Carney a aussi souligné que ce sera au tour du Canada d’accueillir, en 2028, le Sommet de la Francophonie, dans la région d’Ottawa-Gatineau, et qu’il souhaite préparer cette rencontre internationale de concert avec le premier ministre du Québec et la première ministre du Nouveau-Brunswick, Susan Holt.

« J’ai un job à faire avec les autres chefs de gouvernement afin de commencer la préparation pour le sommet ici au Canada en 2028. L’un des grands enjeux pour les pays francophones, c’est la place du français sur le numérique. Il faut utiliser le pouvoir de tous les pays francophones afin d’améliorer par exemple la découvrabilité. C’est d’ailleurs l’un des objectifs que nous avons avec notre alliance avec l’Union européenne, mais la Francophonie est parfaite pour faire avancer cela.

« Le Canada va avoir l’occasion d’accueillir le Sommet de la Francophonie. Cela veut dire deux années de préparation, de travail sur des enjeux, des initiatives et je veux travailler sur tout cela avec M. St-Pierre Plamondon et Mme Holt et les autres chefs de gouvernement », a-t-il dit.

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