Intelligence artificielle : quel avenir pour l'emploi et notre pacte social ?

Pour Bruno Colmant, l’intelligence artificielle a le potentiel de changer nos rapports aux autres et au monde. Dans cette perspective, il considère que le pacte social tel que pensé après la Seconde Guerre mondiale risque de devenir obsolète.
Jusqu’à présent, le modèle social européen se basait sur la notion de prélèvement sur le travail, permettant d’alimenter un système protégeant les plus démunis et les inactifs. Mais alors que l’IA commence à l’implanter un peu partout, notamment dans le monde du travail, le changement politique et sociétal qui doit le suivre, tarde à venir, remarque l'économiste : "Au lieu de repenser à un nouveau pacte social et fiscal, qui, à mon avis, devrait être de la même nature que celui qui était signé après la Seconde Guerre mondiale, on veut limiter les dépenses, c’est-à-dire déconstruire l’État social au motif de contraintes budgétaires".
© Kevin Frayer via Getty Images
L’intelligence artificielle risque de creuser les inégalités sociales
© Justin Sullivan via Getty Images
Une alternative européenne ?
Pour Bruno Colmant, ce fossé créé par le développement accéléré de l'IA est déjà le cas aux États-Unis, où les travailleurs sont confrontés à un certain darwinisme social : "La logique américaine est fondée sur la dérégulation, la déréglementation complète de l’intelligence artificielle. Ça s’inscrit parfaitement dans l’atomisation des individus qui est elle-même un produit dérivé du néolibéralisme, à savoir qu’on doit dépouiller les humains de toute protection sociale".
L'IA risque donc d'intensifier cette tendance. Il est dès lors essentiel pour l’Europe, à son échelle, d’imposer une vision plus axée sur la cohésion sociale. Dans ce sens, l’économiste défend la nécessité d’une certaine redistribution des recettes générées par cette nouvelle technologie.
► Écoutez ci-dessus l’intégralité de cette discussion dans le podcast des Couleurs de l’Info.
KioskNews shows a cleaned-up reading view extracted from the publisher’s page — the original always lives on their site, not ours.