Noms d’un poteau!
Cravate orange nouée au cou, Éric Duhaime a profité de la Journée de la vérité et de la réconciliation, mercredi, pour promettre une relation fondée sur le respect avec les Premières Nations.
Ces discours ont beau se répéter d’une élection à l’autre, ils dépassent rarement l’état de vœux pieux formulés en période électorale, que les partis abandonnent à la porte de l’Assemblée nationale une fois élus.
« Encore des mots, toujours des mots, les mêmes mots », chantait Dalida.
Afin de vérifier si le camp conservateur énonçait « des mots faciles, des mots fragiles », Le Devoir a sorti son petit côté polisson pour tester la solidité de l’engagement conservateur. L’affichette apposée sur le lutrin du chef conservateur parlait de « Reconnaître les autochtones comme peuples fondateurs ». Tiens, tiens : « Avant de reconnaître, il faut connaître, M. Duhaime : pouvez-vous nous dire il y a combien de nations autochtones au Québec et les nommer, s’il vous plaît ?»
Bon joueur, le chef conservateur a esquissé une réponse. « Je dirais 12… peut-être 14 ? »
Un candidat, à ses côtés, a rapidement volé à sa rescousse : « Il y en a 11. Je peux vous les nommer, si vous voulez. »
François Plamondon, recherchiste pour le parti et chair à canon de la formation dans Mercier, où il affronte Ruba Ghazal, a pris le micro pour énumérer le nom de chaque nation du Québec — et en langue autochtone, par-dessus le marché !
« Vite de même, ce n’est pas toujours facile, a-t-il commencé, mais on a les Wendats ; les Atikamekw ; les Abénaquis ; les Anichinabés ; les Wolastoqiyik ; les Kanien’kehá : ka ; les Innus et les Inuits, les Micmacs — les Mohawks je l’ai déjà dit, ce sont les Kanien’kehá : ka — ; les Cris… il m’en manque un… les Naskapis ! Voilà. »
Selon toutes les définitions, François Plamondon, à qui l’agrégateur de sondages Québec 125+ 2 accorde un pourcentage d’appuis se comptant sur les doigts d’une main dans Mercier, est un candidat poteau, un soldat sacrifié dans une des deux circonscriptions les plus hostiles au conservatisme.
Le 5 octobre, François Plamondon passera sans doute à l’abattoir électoral. Il aura toutefois prouvé, l’instant d’une annonce à Québec, que la différence entre une bonne ou une mauvaise période, au hockey comme en politique, dépend parfois d’un poteau à la bonne place, au bon moment !
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