En Côte d'Ivoire, les ravages des crèmes éclaircissantes pour la santé

Crèmes, savons, lotions... Les cosmétiques font partie du quotidien de millions de personnes. Mais derrière les promesses de beauté se cachent aussi des produits non conformes, aux conséquences parfois graves pour la santé. Illustration en Côte d’Ivoire, où une ONG tire la sonnette d’alarme. Elle affirme avoir recensé ces derniers mois plusieurs dizaines de victimes dont certaines souffrent de séquelles durables. L’organisation appelle à un renforcement des contrôles.
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Avec notre correspondant à Abidjan, Abdoul Aziz Diallo
« Tu es clair, il te blanchit, tu es noir, il te donne un teint métissé » : sur les réseaux sociaux, les promesses de transformation du teint sont légion. Des produits cosmétiques importés ou fabriqués de manière artisanale sont vendus, sans toujours respecter les normes en vigueur.
Une pratique qui peut avoir de lourdes conséquences. Sofi en a fait les frais. Son corps porte encore les stigmates de l'une de ces pommades éclaircissantes. « Il y en a d’autres même qui vont te conseiller qu'il faut prendre ça, c’est bon. Au fur et à mesure que tu l'utilises, tu vois que c’est en train de gâter ta peau : des taches sur le corps, mon cou, mes bras. Ce n’est pas joli, en tout cas. Pour m’habiller même, tu ne peux pas porter [de hauts sans manches] parce que tout ton corps est rempli de taches. Les gens te regardent. Quand tu passes, tu as honte », confie-t-elle.
Plus de 2 600 produits cosmétiques classés à « haut risque »
Comme Sofi, elles sont nombreuses à subir les conséquences de l’utilisation de cosmétiques non conformes. L’ONG CEMC-CI affirme avoir déjà pris en charge plus de 250 victimes, souffrant notamment de brûlures, de lésions cutanées ou d’autres complications.
Son président, Marcelin Doh, alerte sur les risques liés à certaines substances contenues dans ces produits. « Là où les produits présentent encore plus de danger, c’est avec les produits fabriqués de façon artisanale. Sur le terrain, nous avons constaté que les gens fabriquent des produits avec l’huile de frein, avec les grains de javel ou l’huile de moteur. C’est un gros risque », précise-t-il.
Plus de 2 600 produits cosmétiques classés à « haut risque » ont été recensés lors d’une récente campagne de vérification menée par l’Autorité ivoirienne de régulation pharmaceutique. Face à la circulation de produits non conformes, l’AIRP assure renforcer la surveillance du marché. Des prélèvements inopinés sont notamment effectués dans les points de vente pour contrôler la conformité des produits. Quelles sont les substances interdites et comment les consommateurs peuvent-ils se protéger ?
Nous conseillons aux populations d’acheter exclusivement dans les circuits légaux, par exemple dans les pharmacies et dans les commerces officiellement déclarés. C’est cette garantie-là qui peut leur permettre d’être sûrs que le produit qu’on leur vend est de qualité et leur offrir surtout un droit de recours.
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Dr Assane Coulibaly, directeur général de l’Autorité ivoirienne de régulation pharmaceutique
Abdoul Aziz Diallo
Les produits éclaircissants ne sont pas les seuls concernés. D’autres cosmétiques, censés faire grossir les fesses ou raffermir les tissus vaginaux, sont également pointés du doigt. Des produits dont l’utilisation peut aussi présenter des risques pour la santé.
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