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Thursday, September 17, 2026

Le cuivre à des niveaux records : quand la menace Trump redistribue les stocks mondiaux

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Pour saisir ce qui se joue sur les marchés, il faut d’abord distinguer deux formes de cuivre : celui que l’on extrait des mines et celui que l’industrie peut réellement utiliser. Le minerai brut doit en effet être traité et transformé pour devenir du cuivre raffiné, utilisé ensuite dans les câbles, les réseaux électriques ou les équipements électroniques. Le parallèle avec le pétrole est éclairant : de la même façon qu’il existe une différence entre le brut sorti d’un puits et l’essence disponible à la pompe, le cuivre suit une chaîne de transformation avant d’atteindre l’économie réelle.

Or, au premier semestre 2026, la production minière mondiale a reculé de 1%, alors que la demande, elle, continue d’augmenter. Le problème : l’offre minière ne peut pas s’ajuster rapidement. Ouvrir une nouvelle mine nécessite des années de développement, entre la découverte du gisement, l’obtention des autorisations et la construction des infrastructures. Une contrainte structurelle qui pèse sur les perspectives à long terme du marché.

Pas de pénurie immédiate, mais des stocks qui se déplacent

À court terme, il ne manque pas encore de cuivre raffiné sur le marché mondial. Mais la question n’est pas seulement celle de la quantité totale disponible : elle est aussi celle de l’endroit où se trouvent les stocks et de la capacité à les faire circuler. C’est précisément là que la situation se complique. Depuis plusieurs mois, Donald Trump envisage d’imposer des droits de douane sur le cuivre raffiné importé aux États-Unis. Cette perspective a déclenché une véritable course aux stocks de la part des opérateurs, désireux de faire entrer le métal sur le territoire américain avant qu’une éventuelle taxe ne renchérisse ces importations.

Le résultat est saisissant : en juillet, plus de 220.000 tonnes de cuivre ont afflué vers les États-Unis, un record mensuel. Début septembre, les stocks du Comex — la principale place américaine pour les contrats sur le cuivre — atteignaient environ 680.000 tonnes, soit huit fois plus qu’au début de l’année 2025. Le cuivre ne disparaît donc pas : il se concentre aux États-Unis, tandis que les stocks disponibles ailleurs, notamment à Londres, se raréfient. Et c’est cette raréfaction relative qui tire les prix vers le haut.

La "prime tarifaire" : quand les anticipations font le prix

Les marchés financiers n’attendent pas les décisions pour réagir : ils les anticipent. Le prix du cuivre avait ainsi largement intégré l’hypothèse de droits de douane américains, créant ce que les opérateurs appellent une "prime tarifaire". Mais jeudi, l’agence Reuters a rapporté que la Maison-Blanche n’avait toujours pas tranché. Immédiatement, une partie de cette prime s’est évaporée, entraînant un recul de plus de 3% du cours en une seule séance — illustrant à quel point le prix du cuivre est aujourd’hui suspendu aux décisions commerciales de Washington autant qu’aux fondamentaux du marché.

Le prix du cuivre se trouve donc pris en étau entre deux temporalités : des tensions structurelles de long terme liées aux limites de la production minière, et des turbulences de court terme dictées par la politique commerciale américaine. Une instabilité qui a des conséquences bien concrètes : ces prix records alimentent également une hausse des vols de câbles, phénomène déjà préoccupant dans de nombreux pays européens.

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