La Suède, la Norvège et la Finlande annoncent qu’elles boycotteront la Russie

Des puissances du hockey, comme la Suède, la Finlande et la Tchéquie, ont annoncé qu'elles refuseront d'affronter la Russie au Championnat du monde de l'an prochain, tandis qu'une vague de boycottage déferle sur l'Europe et qu'elle comprend maintenant 6 des 16 pays qui participeront au tournoi masculin.
La fracture dans le monde du hockey s'est accentuée mardi. La Suède, 11 fois championne, la Norvège, la Lettonie et le Danemark ont ratifié une entente de boycottage, sans compter la menace d'un commanditaire majeur de se retirer de l'aventure, après que la Finlande eut annoncé, lundi, qu’elle ralliait d’autres pays à son appel au boycottage des matchs contre la Russie.
La Fédération tchèque de hockey a décidé d'adhérer au mouvement, après avoir initialement indiqué qu'elle attendrait une rencontre de son conseil d'administration la semaine prochaine pour rendre sa décision. L'Autriche a aussi mentionné à l'Associated Press qu'elle évaluait ses options, et l'Allemagne hésite à présenter le Championnat du monde de hockey masculin.
Le Tribunal arbitral du sport (TAS) a statué la semaine dernière que la Fédération internationale de hockey sur glace (IIHF) devait réintégrer les équipes russes, dès le Championnat du monde de hockey junior, qui s'amorcera le mois prochain au Canada.
Le mondial junior commencera le 26 décembre à Edmonton et à Red Deer. Hockey Canada a fait savoir vendredi qu’elle sollicitait des précisions auprès de l'IIHF quant aux répercussions du retour de la Russie dans l’événement.
Le gouvernement fédéral canadien a déjà exprimé son opposition au retour de la Russie et a indiqué qu’il maintiendrait des restrictions à l’endroit des athlètes russes lors d’événements organisés au Canada et bénéficiant d’un financement fédéral. Hockey Canada a confirmé que le Championnat du monde de hockey junior ne reçoit aucun financement fédéral. La première ministre de l’Alberta, Danielle Smith, a déclaré que la province se conformerait à la décision du TAS.
Pour l'instant, l'IIHF n'a pas réagi au mouvement de boycottage.
De son côté, la Fédération suédoise a annoncé mardi que son conseil d’administration avait décidé de ne pas affronter la Russie, tout en maintenant sa participation aux autres rencontres du Championnat du monde. Il s’agit d’un revirement par rapport à la semaine dernière. La Suède avait alors fait savoir qu’un boycottage était exclu, à la suite de la décision rendue vendredi par le TAS.
Les "Trois Couronnes" n’affronteront pas la Russie lors du prochain Championnat du monde
, a déclaré Anders Larsson, président de la Fédération, par communiqué, en utilisant le surnom de l’équipe.
Le communiqué de la Suède a été publié peu de temps après la décision de la Norvège de procéder au boycottage des matchs contre la Russie.
Notre position est que la Russie devrait être exclue de tous les championnats internationaux tant que la guerre en Ukraine se poursuit et que la situation reste inchangée
, a déclaré la Fédération norvégienne par communiqué.
Parallèlement, cette décision repose sur notre responsabilité de protéger la sécurité et le bien-être de nos joueurs, du personnel de l’équipe et de leurs familles. Nous estimons que disputer des matchs contre la Russie, dans les circonstances actuelles, pourrait exposer nos joueurs et le personnel de l’équipe à des risques importants en matière de sécurité. Notre priorité est donc leur santé, leur bien-être et leur sécurité personnelle
, a ajouté l'organisation qui chapeaute le hockey norvégien.
Dans son communiqué, la Norvège n’a fait référence qu’au Championnat du monde de hockey masculin, qui aura lieu en mai, et a précisé que son équipe disputerait les autres matchs du tournoi.
Le secrétaire général, Petter Salsten, a déclaré à l’Associated Press que, dans le cadre du Championnat du monde de hockey junior, la Norvège pourrait être exclue du tournoi par l'IIHF pour faire place à la Russie, car elle était la dernière équipe à s’être qualifiée.
Le président de la Fédération danoise de hockey a indiqué à l’agence de presse Ritzau que ses équipes ne joueraient pas contre la Russie. La Fédération lettonne a, quant à elle, réaffirmé sa position ferme et de longue date
: ne pas affronter la Russie ou son alliée, le Bélarus.
De son côté, la Fédération autrichienne a fait savoir à l’AP, par communiqué, qu’elle soutient la décision de la Finlande et de la Norvège
et qu’elle examine si d’autres nations européennes pourraient se joindre à un boycottage collectif.
Nous n’excluons donc pas l’option d’un boycottage et nous poursuivons nos échanges avec les autorités à ce sujet
, a précisé la Fédération autrichienne.
La Finlande est la championne en titre du mondial de hockey masculin, et la Norvège a remporté la médaille de bronze cette année.
Le fait que la Norvège se joigne au boycottage signifie qu’au moins une équipe dans chacun des deux groupes s’est maintenant engagée à ne pas affronter la Russie.
Un deuxième commanditaire se retire
Le fabricant finlandais de pneus Nokian Tyres a annoncé qu’il ne parrainerait plus le Championnat du monde si la Russie y participait.
Tiina Frazer, vice-présidente principale chargée de la marque, du marketing et des communications, a déclaré que, dans les circonstances actuelles, maintenir ce parrainage, si la Russie participe, ne serait pas en phase avec nos valeurs
.
Cette annonce s'est produite au lendemain de la déclaration du fabricant suédois de mobilier AJ Products, commanditaire du tournoi depuis 1989, indiquant qu’il demanderait le retrait de son logo si la Russie devait jouer.
Un peu plus tôt, l'Allemagne a annoncé qu'elle pourrait renoncer à accueillir le Championnat du monde de hockey masculin, l'année prochaine, en raison de préoccupations liées aux coûts et à la sécurité.
Les tournois de hockey junior sont également touchés : la ville finlandaise de Turku a mentionné qu’elle ne coorganiserait pas le Championnat du monde de l’année prochaine si la Russie y participait.
Le gouvernement tchèque pourrait interdire l’entrée des joueuses russes pour le Championnat du monde des moins de 18 ans, qui se tiendra en janvier dans ce pays.
Parmi les personnalités politiques favorables au retour de la Russie se trouve le premier ministre slovaque pro-russe, Robert Fico.
Je me suis aussi toujours demandé quelle était la valeur d’une médaille d’or si, pour l’obtenir, on n’a pas eu besoin de battre les hockeyeurs russes, qui comptent indéniablement parmi les meilleurs du monde
, a-t-il écrit samedi sur les réseaux sociaux.
Le Championnat du monde de hockey féminin, qui commencera plus tard cette semaine, au Danemark, n’est pas concerné par la décision du TAS et se déroulera sans la Russie.
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