Débat de Noovo : Fréchette admet des « erreurs » de la CAQ et prend PSPP pour cible

La chef caquiste Christine Fréchette a lancé la plupart de ses piques vers le leader péquiste Paul St-Pierre Plamondon, mercredi soir, lors du deuxième débat télévisé de la campagne électorale au Québec.
Les chefs des cinq principaux partis politiques étaient réunis pour le Grand débat des chefs, la première joute oratoire organisée par Noovo–Crave, au campus Bell de L’Île-des-Sœurs, à Montréal.
Les chefs ont débattu d'une vingtaine de thématiques en plus de répondre aux questions pour ou contre
du modérateur Michel Bherer. Le tout en 1 h 30, soit trente minutes de moins que lors du Face-à-face de TVA, la veille.
D’emblée, la cheffe de la Coalition avenir Québec (CAQ) a reconnu des erreurs passées de son parti.
Dans les dernières années, on va se le dire, la CAQ n'a pas été parfaite. Puis on a appris de ça. Et j'ai corrigé les erreurs du passé.
Après le débat, questionnée par les journalistes à quelles erreurs elle faisait référence dans son message d’introduction, Mme Fréchette a répondu qu’un nouveau gouvernement caquiste n'investirait plus autant dans de jeunes pousses comme Northvolt ou Lion électrique.

Dans son point de presse post-débat, Christine Fréchette a critiqué les « trous » du cadre financier du Parti québécois.
Photo : Noovo et Crave / Paul Ducharme
Mais la première ministre sortante ne s’est pas étendue sur son amende honorable.
Mme Fréchette a lancé les hostilités en ciblant son principal rival, M. St-Pierre Plamondon, qui mène dans la plupart des sondages, selon l’agrégateur Qc125, une référence.
Dans le contexte de la guerre tarifaire, est-ce vraiment le temps d'ajouter de l'incertitude avec le référendum [sur l’indépendance du Québec] de Paul St-Pierre Plamondon?
, a-t-elle demandé.
Le chef péquiste a répondu que la véritable source d'instabilité serait un autre quatre ans d'un mauvais gouvernement qui gaspille à tout vent les fonds publics
.
Mme Fréchette n’a pas manqué une occasion de marteler ses arguments sur l’incertitude qu’un référendum apporterait, même lors d’échange avec d’autres chefs sur des sujets différents.
Pour sa part, Charles Milliard est entré dans la mêlée en contestant la pertinence d’une démarche référendaire, rappelant que, selon les sondages, 70 % des Québécois seraient dans le camp du non
.

Charles Milliard s'est dit satisfait de ses performances aux débats d'hier et d'aujourd'hui.
Photo : The Canadian Press / Christopher Katsarov
En partant de votre logique, 80 % des Québécois ne veulent pas du Parti libéral
, a rétorqué M. St-Pierre Plamondon, sourire en coin. Alors, si vous voulez gouverner par les sondages…
Toujours sur la question de la souveraineté, Éric Duhaime a décidé de s’en prendre à Ruba Ghazal, qui souhaite aussi consulter les Québécois sur l’indépendance en mettant en place une assemblée constituante. Coût de la mesure : 840 millions de dollars sur quatre ans.
Pensez-vous vraiment que dans le contexte économique actuel, avec le fait que les Québécois à 70 % ne veulent pas de référendum, trouvez-vous ça responsable d'injecter 800 millions d'argent qu'on n'a pas?

Éric Duhaime s'est réjoui que les chefs aient eu « un moment rassembleur » autour de la question de l'itinérance, où tous se sont dits d'accord pour la tenue d'un sommet national sur la question.
Photo : The Canadian Press / Christopher Katsarov
Un pays, ça se fait pas juste par un parti politique, ça se fait par le peuple pour le peuple
, a répondu la co-porte-parole solidaire, qui a dit vouloir consulter toute la population québécoise
, citant notamment les Premières Nations, les anglophones et les immigrants.
Ghazal et Duhaime s’affrontent sur les gaz de schiste
Faut-il, oui ou non, exploiter les gaz de schiste au Québec? Oui
, répond le chef conservateur. Non
, réplique la co-porte-parole de Québec solidaire.
Exploiter notre gaz naturel aura un effet positif sur l'environnement
, a lancé Éric Duhaime, affirmant que le gaz liquéfié permettrait à des pays en Europe de cesser d'utiliser le charbon comme énergie.

Ruba Ghazal estime que la confession de Christine Fréchette selon laquelle « la CAQ n'a pas été parfaite », à trois semaines des élections, survient « trop tard ».
Photo : Noovo et Crave / Paul Ducharme
Vous devriez être d'accord avec ça
, a lancé le chef conservateur.
Totalement contre, a rétorqué Ruba Ghazal. [Ça va] saccager notre environnement, notre territoire qu'on aime tant.
Elle a plaidé que le gaz était une énergie qui [est] en train de s'épuiser, qu'on le veuille ou pas
.
Oui, mais on peux-tu s'enrichir en attendant?
a lancé M. Duhaime.

6:03
Milliard fait la liste d’épicerie des échecs de la CAQ
Dans un échange quelque peu houleux, Charles Milliard a utilisé l'analogie des formats familiaux de chez Costco pour dénoncer ce qu'il qualifie de gaspillage des fonds publics et de mauvaise gestion des finances publiques par le gouvernement de la CAQ.
Ça vient en format géant et en paquet de 6
, a raillé M. Milliard, citant Northvolt, Nemaska Lithium, le projet informatique SIFA, le fiasco SAAQclic, Lion électrique et la venue des Kings de Los Angeles à Québec.
En réponse, Mme Fréchette a défendu la gestion de son gouvernement en affirmant que la CAQ a généré une croissance économique comme nulle autre auparavant
.
Elle a ensuite déplacé le débat vers la question de la souveraineté dans une attaque ciblant vraisemblablement M. St-Pierre Plamondon, demandant à Charles Milliard s'il pensait, lui aussi, que la tenue d'un référendum nuirait au coût de la vie et créerait de l'incertitude.
Je vais m'arranger avec M. Plamondon au niveau du référendum
, lui a répondu M. Milliard.
Avec les informations de Jean-François Thériault et de Jérôme Labbé
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