Inondé, Bangkok s’adapte en faisant flotter ses marchés
Dans un quartier inondé de l’est de la capitale thaïe, Bangkok, des commerçants font flotter leurs plateaux de fruits et de poissons sur l’eau, que des clients viennent acheter en bateau ou à la nage, dans ce pays habitué aux marchés flottants, les très touristiques floating markets.
Dans le quartier de Bang Kapi, la vie reprend son cours et les commerçants ont ouvert leurs étals, les pieds dans l’eau, selon une photographe de l’AFP.
Deux jours après que les autorités ont déclaré l’état de catastrophe naturelle à l’échelle de la ville en raison de fortes pluies, certaines parties de la capitale thaïlandaise restent sous les eaux.
Un des clients arrivés en bateau y charge une brouette remplie à ras bord de fruits et de légumes.
D’autres sortent des magasins voisins avec des chariots qu’ils font avancer à travers les eaux, chargés de produits de première nécessité.
Les boîtes en styromousse et les bacs en plastique sont très prisés pour transporter les marchandises et les jeunes enfants sur les eaux.
Un habitant a même utilisé une piscine gonflable pour y charger son épicerie.
Aucun décès n’a encore été signalé à la suite des inondations de ce week-end à Bangkok, mais les dégâts causés aux habitations et aux commerces devraient être importants. Mais au total, huit personnes ont trouvé la mort dans des provinces de l’est du pays (cinq à Sa Kaeo, deux à Chanthaburi et une à Saraburi), selon le gouvernement.
« Jusqu’à une semaine » pour drainer
À Bangkok, les stations de pompage fonctionnent à plein régime depuis des jours, mais il pourrait falloir « jusqu’à une semaine » pour drainer toute l’eau, a averti dimanche le gouverneur Chadchart Sittipunt.
Des milliers de personnes ont été évacuées vers des hébergements d’urgence.
Hors de la capitale thaïlandaise, plus de 500 000 foyers représentant 1,7 million de personnes répartis dans 27 provinces de ce pays d’Asie du Sud-Est ont été touchés. Quelque 52 000 foyers supplémentaires ont été touchés dans la capitale.
Les écoles ont été fermées et la population a été invitée à télétravailler. Plus de 80 000 personnes ne peuvent pas quitter leur domicile lundi, selon le ministère de l’Intérieur.
Huit morts au Myanmar
Les pluies qui ont frappé la Thaïlande depuis le 16 septembre ont également touché le sud de le Myanmar voisin, où huit personnes sont mortes en raison d’inondations et de glissements de terrain selon les secours.
« Nous avons retrouvé huit corps. Et entre 20 à 30 personnes sont portées disparues » à Launglon, dans la région de Tanintharyi, a déclaré Hein Htet, de l’association People’s Administration Team. Parmi les victimes, trois adolescents réfugiés dans un monastère ont été emportés par un glissement de terrain qui a détruit 18 bâtiments, a-t-il précisé.
Les autorités n’ont encore communiqué aucun bilan officiel, dans ce pays où la guerre civile complique les opérations d’aide. Le conflit rend souvent difficile, pour les organisations humanitaires, l’évaluation de l’ampleur même des catastrophes naturelles.
Pire saison qu’à l’habitude
La Thaïlande est habituée à un temps pluvieux et le mois de septembre marque le pic de la saison des pluies, mais il a été plus humide cette année que d’habitude, selon les données du département de drainage et d’assainissement.
La capitale a enregistré 487 mm de pluie entre le 1er et le 25 du mois, contre une moyenne de presque 269 mm pour la même période de 1991 à 2020.
Les scientifiques avertissent que l’intensité et la fréquence des phénomènes météorologiques extrêmes vont augmenter à mesure que la planète continue de se réchauffer en raison des émissions de combustibles fossiles.
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