Crise bancaire : le Paraguay a un nouveau président, l’ancien Santiago Peña destitué et placé en détention à domicile

La débâcle bancaire, qui a pris en moins de 48 heures une tournure politique pour aboutir au final à la chute du président, a éclaté mardi avec la mise sous tutelle par la Banque centrale (BCP) d’une banque en ligne, Ueno Bank, pour insolvabilité.
L’intervention de la BCP avait gelé les dépôts de près de trois millions de personnes, le nombre de clients que revendiquait Ueno, soit près de la moitié de la population du Paraguay. Des entreprises, des institutions et des retraités ont aussi été affectées.
Santiago Peña était avant même sa présidence et jusqu’à 2025 actionnaire du conglomérat financier propriétaire de la banque en déroute, ont rappelé des sénateurs pour l’accusation lors du procès. M. Peña n’était pas présent à l’audience, mais défendu par ses avocats, qui ont questionné la validité du procès, car le Parlement "n’a pas compétence pour juger une personne qui a décidé de renoncer à sa charge", a plaidé l’un des conseils, Ricardo Preda, en référence à la démission présentée jeudi par le chef de l’État. Mais le Parlement l’avait refusée, rendant inévitable un procès en destitution, qui revient au Sénat. Si la démission avait été acceptée, M. Peña, devenu alors sénateur à vie, aurait joui d’une immunité parlementaire. En parallèle au procès, la Banque centrale du Paraguay a commencé à reverser leurs fonds, sous forme d’avances, à des épargnants victimes de la crise de la banque Ueno.
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