Vives tensions entre Israël et le Royaume-Uni: le consulat britannique fermé à Jérusalem
Le chef de la diplomatie israélienne a annoncé mardi la fermeture du consulat britannique à Jérusalem, en représailles à l’annonce de sanctions contre les colonies israéliennes en Cisjordanie par Londres et d’autres pays occidentaux.
Source: Belga, AFP
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Israël dénonce des critiques “scandaleuses”
Qualifiant les critiques britanniques de “scandaleuses” lors d’une conférence de presse, le ministre israélien des Affaires étrangères Gidéon Saar a annoncé la fermeture du consulat du Royaume-Uni à Jérusalem, ajoutant que cette mesure avait reçu l’aval du Premier ministre Benjamin Netanyahu. Le consulat britannique est situé à Jérusalem-Est, partie du territoire historiquement palestinien dont Israël a pris le contrôle lors de la guerre des Six Jours en 1967.
Capitale “indivisible” mais non reconnue
Israël considère Jérusalem comme sa capitale indivisible, une position qui n’est pas reconnue par la communauté internationale, à l’exception d’une poignée de pays, dont les États-Unis. “La Jérusalem unifiée est la capitale d’Israël et se trouve sous sa pleine souveraineté”, a dit M. Saar. “Toute activité étrangère dans cette zone doit s’effectuer par les voies établies et convenues, sans porter atteinte à la souveraineté d’Israël”, a-t-il assuré. En 2024, Israël avait interdit au consulat espagnol à Jérusalem de proposer ses services consulaires aux Palestiniens de Cisjordanie occupée, après la reconnaissance de l’État de Palestine par Madrid.
11 députés britanniques sanctionnés
Par ailleurs, 11 députés britanniques jugés “antisémites” ou “anti-Israël”, dont l’ancien dirigeant du Parti travailliste Jeremy Corbyn, ainsi qu’un avocat ayant représenté le mouvement islamiste Hamas, ont été frappés d’une interdiction d’entrer en Israël. En outre, des représentants britanniques travaillant au centre de coordination international chargé de superviser le cessez-le-feu dans la bande de Gaza seront expulsés, a annoncé M. Saar, sans toutefois dire combien de personnes étaient concernées.
“Nettoyage ethnique en cours en Cisjordanie”
“Les accusations portées aujourd’hui par le ministre britannique des Affaires étrangères devant le Parlement britannique sont des mensonges scandaleux”, a déclaré M. Saar, après que son homologue britannique Ed Miliband eut accusé le gouvernement israélien de fermer les yeux sur le “nettoyage ethnique en cours en Cisjordanie” selon lui. “Cette initiative britannique est moralement biaisée et constitue une ingérence flagrante dans les affaires d’un État souverain, ainsi que dans son processus électoral”, a affirmé M. Saar, en référence aux élections législatives très disputées du 27 octobre en Israël.
Quid des autres pays signataires ?
Les contre-mesures annoncées mardi visent uniquement le Royaume-Uni et pas les autres pays ayant annoncé leur intention de sanctionner le commerce avec les colonies israéliennes, une décision que M. Saar a justifiée en affirmant que Londres avait “initié et mené ce mouvement”. “Mais nous prendrons également des contre-mesures contre tout autre pays qui agit ou agira contre Israël”, a assuré le ministre israélien.
Washington exclut des sanctions
Le secrétaire d’Etat américain Marco Rubio a déploré mardi les “tensions en Cisjordanie” occupée entre colons israéliens et population palestinienne mais a exclu que les Etats-Unis prennent des sanctions comparables à celles adoptées par ces douze pays. “De toute évidence nous n’allons pas faire comme eux”, a-t-il déclaré à l’aéroport de Miami, en partance pour une tournée en Amérique latine, interrogé sur les sanctions britanniques. “Mais nous partageons l’objectif de la stabilité. Nous ne voulons pas assister à une augmentation de la violence ou du conflit ou des tensions en Cisjordanie à un moment très sensible dans la région”, a-t-il néanmoins ajouté.
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