La création d'entreprises en plein boom en Wallonie, en baisse à Bruxelles et à l'échelle nationale

Il ne faut pas se fier aux apparences. En termes de création de starters, des nouvelles entreprises, 2025 a été une année record. 128.147 nouvelles entreprises individuelles ou société ont vu le jour. Ce n’est cependant que 0,77% de plus qu’en 2024 alors que dans les années d’avant le coronavirus, le taux de croissance du nombre de start-ups était plus élevé: en moyenne plus de 5% par an.
Ce chiffre des créations de starters en 2025 en cache aussi un autre, celui des fermetures d’entreprises. L’an dernier, 116.930 entreprises ont cessé leurs activités, en partie pour raison de faillite. Les créations d’entreprises ont donc assez peu compensé les fermetures. Au total, la Belgique n’a compté en 2024 que 11.217 entreprises de plus que l’année précédente, soit une croissance nette de 0,81%, soit le chiffre le plus bas de la dernière décennie.
Ces chiffres ressortent de l’Atlas des Starters publié par l’UCM (Union des Classes Moyennes), l’Unizo (Classes moyennes flamandes) et la société GraydonCreditsafe.
On crée plus de starters en Wallonie qu’ailleurs dans le pays
Certes, c’est toujours en Flandre que la majorité des entreprises nouvellement crées se trouvent : 54,5% au nord du pays, contre 23,2% en Wallonie et 12,1% à Bruxelles.
Cependant, c’est en Wallonie que la croissance du nombre de starters en Belgique en 2025 est la plus forte. En 2025, 29.774 nouvelles entreprises ont été créées au sud du pays. C’est une augmentation d’au moins 14,76% par rapport à 2024 et c’est un nouveau record.
En revanche, du côté flamand, la création de nouvelles entreprises est restée stable avec 69.869 starters (-0.08% par rapport à 2024). A Bruxelles, le nombre de starters a quant à lui diminué de 1,47% pour atteindre 15.467 créations de nouvelles entreprises. On compte aussi moins de start-ups (-16,45%) qui ont leur siège social à l’étranger ou pas d’adresse connue en Belgique.
Pas forcément une victoire pour l’UCM
Face à cette croissance du nombre de starters plus importante au sud du pays, l’UCM ne crie cependant pas victoire. Elle attribue cette forte progression à "deux phénomènes".
Il y a, d’une part, explique Anne-Sophie Snyers, la secrétaire générale de l’UCM, "l’abandon de l’exigence de gestion depuis octobre 2025 en Wallonie, une mesure déjà en vigueur depuis plusieurs années dans les autres Régions". Ce changement de réglementation relance l’entrepreneuriat en Wallonie. Auparavant, pour se lancer comme indépendant, des compétences de gestion de base étaient requises, une obligation qui était jugée "obsolète" par le législateur.
D’autre part, la limitation des allocations de chômage au niveau fédéral a également poussé les Wallons à créer leur entreprise, pointe Anne-Sophie Snyers. Celle-ci souligne qu’il faudra vérifier si ces nouvelles entreprises se maintiennent dans le temps. "Il va falloir garder le cap et encourager les entreprises à se développer", dit-elle.
Plutôt des entreprises individuelles que des PME
Ce qui marque l’année 2025, c’est le retour en force des entreprises individuelles ou unipersonnelles nouvellement créées. En 2025, 69.832 nouvelles entreprises individuelles ont été créées. C’est 5,6% de plus qu’en 2024. Par contre, la création de nouvelles entreprises ayant du personnel a diminué de 4,47% pour atteindre 58.315 unités. Parmi les starts-ups, on compte donc 54,5% d’entreprises individuelles.
En termes de créations futures d’emplois, cette évolution n’est pas anodine. Une PME et une start-up individuelle ne sont pas forcément vouées à grandir de la même manière. "Les entreprises unipersonnelles se soucient surtout, […] de gagner leur vie pour eux-mêmes, pour leur foyer, etc. Mais n’ont pas nécessairement cette envie de croître (et donc d’embaucher, ndlr)", commente Eric Van den Broel, chez GraysonCreditsafe.
Quels secteurs en croissance ou en déclin ?
C’est dans le secteur de la santé que la création de nouvelles entreprises est la plus forte. En 2025, 11.418 nouvelles entreprises y sont apparues (+ 10,21% par rapport à 2024). La croissance est aussi forte du côté des transports (+ 12,54%) et du secteur primaire (+ 25,78%).
Il y a par contre des secteurs où la création de nouvelles entreprises ne compense pas les fermetures. C’est le cas de l’agriculture, de l’industrie, de la construction, du commerce, de l’hébergement et des services alimentaires. Selon les auteurs de l’étude, l’érosion dans plusieurs secteurs traditionnels est inquiétante pour l’évolution du tissu économique belge.
Des starters plus solides ?
Deux starters sur trois survivent aux cinq premières années, notent les auteurs de l’étude. Ainsi, parmi les entreprises fondées en 2021, 66,7% étaient encore actives à la fin de 2025. Selon Eric Van den Broel, chez Graydon, les créateurs d’entreprise ont retenu les leçons de la période du Covid. "Avant le Covid, les entreprises ne tenaient pas compte de l’évolution des chocs et des risques et ne se constituaient pas des réserves", explique Eric Van den Broel. Cette situation a changé à partir de 2021-2022 et les jeunes entreprises ont souvent aujourd’hui les reins plus solides.
Plus de créateurs d’entreprise que de créatrices
De manière globale, on compte en 2025 plus d’hommes et de femmes qui dirigent une nouvelle entreprise. Toutefois, la part des hommes qui créent une nouvelle société augmente plus vite que celle des femmes. En 2025, on trouve ainsi un homme à la tête d’une start-up dans 62,9% des cas alors que des femmes ne dirigent que 37,08% des entreprises débutantes. Il y a une dizaine d’années, en 2015, la part des starters dirigées par des femmes étaient encore de 42,62%.
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