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Sunday, November 8, 2026

Une simulation de sauvetage hors du commun près d’Ottawa

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Imaginez la scène : un hélicoptère et un avion entièrement téléguidés s’activent dans le ciel au-dessus d’une zone boisée, repèrent et évacuent ensuite une personne en détresse. Le tout avec un seul humain impliqué dans l'opération.

Cette opération de sauvetage simulée, une première selon l’entreprise Ribbit, a eu lieu au sud-ouest d’Ottawa en mai dernier.

L’initiative a été menée conjointement par le nouveau Centre d’innovation sur les drones du Conseil national de recherches du Canada (CNRC), et le concepteur d’aéronefs autonomes Ribbit, basé à Toronto.

Dans le cadre de l’exercice simulé, un hélicoptère Bell 412EP autonome appartenant au CNRC et un avion Cessna 150 autonome de Ribbit avaient pour mission d’effectuer des manœuvres au-dessus de la municipalité de Smiths Falls.

Des membres de Ribbit et du Conseil national de recherche du Canada entourés du Cessna 150 et du Bell 412, soit les deux appareils utilisés lors de l'opération de sauvetage entièrement téléguidée.

Des membres de Ribbit et du Conseil national de recherche du Canada entourés du Cessna 150 et du Bell 412, soit les deux appareils utilisés lors de l'opération de sauvetage entièrement téléguidée.

Photo : CNRC et Ribbit

Les deux appareils étaient entièrement téléguidés par un commandant des Forces armées canadiennes posté dans l’hélicoptère. Un pilote de sécurité se trouvait également à l’intérieur du Cessna en cas d’urgence.

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Un pilote était à bord de chacun des appareils en cas de problème, mais il n'était pas aux commandes lors de la simulation.

Photo : CNRC et Ribbit

L’objectif de l’ambitieuse opération était fort simple : tester les capacités opérationnelles des deux appareils entièrement autonomes dans un scénario de sauvetage.

Le cofondateur et directeur des opérations chez Ribbit, Jeremy Wang, assure que l’exercice est la première démonstration de l'autonomie collaborative entre des aéronefs de type et de taille différents.

C’est une première pour le Canada et c'est une première mondiale.

Une photo montrant des écrans radars et un pilote dans un hélicoptère.

Un aperçu des écrans utilisés par les équipes au sol pour suivre l'opération de sauvetage simulée.

Photo : CNRC et Ribbit

Un fort potentiel pour le secteur de l’aviation

L’utilisation d’aéronefs entièrement téléguidés est vouée à un avenir florissant, si l'on en croit le directeur du Laboratoire de dronotique et d'autonomie de vol au CNRC, Charles Vidal.

On voit vraiment un fort potentiel lors de situations, par exemple, de recherche et sauvetage en milieu éloigné où l’on n'est pas certain où peuvent être situés les individus, précise-t-il.

Ces tests pourraient éventuellement mener à d’autres applications névralgiques, poursuit M. Vidal.

Trois personnes regardent des écrans de surveillance de vol.

Des équipes étaient également au sol afin d'assurer le bon déroulement des opérations.

Photo : CNRC et Ribbit

On peut penser à la lutte contre les feux de forêt, où il serait possible d'être plus efficace en déployant des aéronefs autonomes ainsi que des drones plus facilement pour identifier et cartographier les points chauds, illustre-t-il.

Lorsque les conditions de vol ne sont pas adéquates pour des vols traditionnels habités, on peut penser que les plateformes autonomes pourraient avoir un rôle à jouer, comme la logistique dans le nord où souvent la météo est difficile.

Charles Vidal.

Le directeur du Laboratoire de dronotique et d'autonomie de vol au CNRC, Charles Vidal

Photo : Nicolas Seguin / CNRC

Cette technologie pourrait aussi être fort utile dans les applications militaires, ajoute Jeremy Wang. Ils ne veulent pas accepter des risques d'utiliser des avions avec des pilotes dans les environnements plus contestés, indique-t-il.

Selon Jeremy Wang, le CNRC et son entreprise ont d’ailleurs poussé l’exercice encore plus loin la semaine dernière, lors d’une opération impliquant également des drones, sur la base des Forces armées canadiennes à Petawawa.

Nous avons fait des missions avec des hélicoptères du CNRC, des hélicoptères de l'Aviation royale canadienne et aussi des petits drones d'une entreprise québécoise, raconte M. Wang.

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Des drones virtuels ont également été utilisés lors de l’opération au-dessus de Smiths Falls, en mai, afin de pousser l’exercice encore plus loin.

Est-ce qu’il est possible de contrôler des drones ou d'autres plateformes autonomes de manière à vraiment augmenter l'efficacité de la recherche, donc permettre de couvrir plus de superficies plus rapidement? se questionne Charles Vidal.

Jeremy Wang croit que le jour n’est pas si loin où il sera commun d’avoir dans le ciel des avions sans aucun pilote à bord.

Photo : CNRC et Ribbit

Y a-t-il un pilote dans l’avion?

Jeremy Wang croit que le jour n’est pas si loin où il sera commun d’avoir dans le ciel des avions sans aucun pilote à bord.

Maintenant, la réglementation requiert un pilote. Dans l'avenir, peut-être qu’on peut avoir un pilote pour deux avions, lance-t-il.

Même s’il croit que cette technologie sera de plus en plus utilisée au fil des décennies, M. Wang estime toutefois que les pilotes seront toujours nécessaires.

Si l’on remplace tous les pilotes, ce n’est pas bon parce qu’on va perdre toutes les compétences de pilotage, dit-il.

Jeremy Wang.

Jeremy Wang, prédisent et directeur général de l'entreprise Ribbit

Photo : Ribbit

Quoi qu’il en soit, l’industrie des drones et des vols autonomes est en plein essor au Canada.

Depuis l’arrivée au pouvoir de Mark Carney, le gouvernement fédéral mise énormément sur l’industrie de la défense pour stimuler l’économie canadienne et renforcer la souveraineté du pays.

En avril 2026, le gouvernement canadien a notamment annoncé un investissement de 105 millions de dollars sur trois ans afin de créer le Centre d'innovation sur les drones du CNRC.

Le ministre de la Défense nationale, David McGuinty, a aussi annoncé la création d'un Carrefour sécurisé de l'innovation pour la défense consacré aux systèmes sans pilote en juillet.

On est présentement en train de développer de nouveaux laboratoires, entre autres à Ottawa et à Mirabel, pour vraiment créer des capacités uniques de recherche et de développement pour appuyer l'industrie canadienne à se développer plus rapidement dans ce secteur en pleine effervescence, raconte Charles Vidal. Avec cet investissement, ça permet vraiment de doubler l'expertise.

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