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Monday, August 31, 2026

Le procureur du Roi interpelle De Wever et recadre Philippe Close

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Julien Moinil, procureur du Roi de Bruxelles © Nicolas Maeterlinck

Après avoir formulé des demandes claires aux responsables politiques lors d’une grande conférence organisée vendredi, Julien Moinil a enfoncé le clou dans “Face à Buxant”, sur le plateau de RTL Info. Afin de lutter efficacement contre le crime organisé, le procureur du Roi de Bruxelles appelle à mettre de côté “les camps politiques”. Il nuance également les propos du bourgmestre de Bruxelles, Philippe Close (PS), qui s’est tourné vers le port d’Anvers pour pointer les responsabilités concernant le trafic de drogue dans la capitale.

Source: RTL Info, Belga

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“N’importe quel citoyen peut se prendre une balle. Cela ne va pas se calmer”, a averti Julien Moinil vendredi, lors d’une conférence de presse consacrée à la nouvelle vague de violences liées au narcotrafic. Environ 150 fusillades ont été recensées depuis les tirs à l’arme de guerre survenus le 5 février 2025 à Clémenceau.

Dimanche sur le plateau de RTL Info, le procureur du Roi de Bruxelles a à nouveau interpellé les responsables politiques et pointé du doigt une certaine inaction sur le plan judiciaire. Depuis son entrée en fonction en janvier 2025, il assure n’avoir “reçu aucun renfort”. “Il faut demander (NDLR : aux élus politiques) quelles mesures concrètes ils ont prises (...) Je ne parle pas sur le plan de la police, parce que c’est vrai que la PJF (NDLR: Police judiciaire fédérale) de Bruxelles a reçu des renforts, mais qui sont insuffisants, puisque ces renforts ne permettent pas de compléter le cadre.”

Il appelle à l’unité au sein de la sphère politique. “Je pense qu’il est plus que temps de beaucoup plus se parler et de travailler ensemble. Mais il y a manifestement des camps, ce qu’il n’y a pas dans la magistrature”, avance-t-il avant d’envoyer un message à Bart De Wever. “Il fait manifestement un excellent travail au niveau de l’Ukraine. Notre pays a besoin de lui aussi sur (...) la sécurité intérieure.”

“Est-ce qu’Anvers fait le job? Non.”

Julien Moinil,Procureur du Roi de Bruxelles

Il est également revenu sur la récente sortie de Philippe Close (PS) qui a invité à regarder vers le port d’Anvers pour expliquer l’ampleur du trafic de drogue dans la capitale. “La drogue n’arrive pas à Bruxelles par parachute (...) Pourquoi n’intervient-on pas plus à Anvers?”, a interrogé le bourgmestre de Bruxelles, la semaine dernière.

“Aujourd’hui on sent du côté du Premier ministre (Bart De Wever) et peut-être des gens qui l’entourent, comme la ministre de la Justice (Annelies Verlinden) et le ministre en charge des douanes (Jan Jambon), qui sont tous des Anversois, qu’on veut protéger le port d’Anvers. Comment est-ce audible auprès de la population qu’on ne soit pas plus hard?”, regrette Philippe Close.

Un avis tranché, nuancé par Julien Moinil, qui assure que seule “une partie” de la drogue alimentant le trafic à Bruxelles provient d’Anvers. “On a quand même une saisie d’une tonne de stupéfiants au port de Bruxelles et on a de la drogue qui vient d’être saisie, plusieurs centaines de kilos, qui venait soit des États-Unis ou de Thaïlande. La drogue vient de partout et pas nécessairement d’Anvers. Il y a aussi les aéroports. Mais est-ce qu’Anvers fait le job? Non. On contrôle moins de 5% des conteneurs.”

Requêtes

Julien Moinil souhaite des renforts pour les tribunaux, le parquet général et la cour d’appel. Il réclame davantage de moyens pour l’Institut national de criminalistique et de criminologie. Il demande par ailleurs 10 millions d’euros supplémentaires pour son parquet.

Le procureur veut aussi l’exécution effective des peines de prison et des mesures alternatives. Actuellement, 81 condamnations sont suspendues en raison de la surpopulation carcérale, dont neuf pour des faits liés aux stupéfiants et 27 pour des violences. Le suivi d’une mesure alternative peut, quant à lui, commencer avec plus d’un an de retard.

Le procureur du Roi de Bruxelles plaide aussi pour l’éloignement des personnes sans titre de séjour qui commettent des infractions. En 2025, les polices bruxelloises en ont interpellé 7.000, dont plus de 90% ont été relâchées faute de places disponibles pour l’Office des étrangers, selon lui. Cette situation offre aux organisations criminelles une main-d’œuvre bon marché et démotive les policiers, affirme-t-il.

Julien Moinil appelle à réunir une task force autour du Premier ministre afin de coordonner la réponse des différents niveaux de pouvoir.

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