Piraterie en eau douce
La caravane conservatrice s’arrêtait à Saint-Augustin, jeudi, pour une entrevue dans le sous-sol du sulfureux Jeff Fillion, l’ancienne terreur des ondes hertziennes à Québec. Confortablement assis dans son studio maison, l’homme de radio devenu « capitaine des pirates » a accueilli Éric Duhaime en ami dans son repaire.
« On a même pensé à ta p’tite clémentine », a-t-il gentiment lancé au chef conservateur avant de lui tendre un agrume aux couleurs résolument solidaires. Il paraît qu’un seau de poulet frit aurait même suivi si Éric Duhaime n’avait pas dû couper court à l’entrevue pour s’éclipser à une autre station !
L’entretien entre les deux anciens collègues de Radio X se déroulait sous l’oreille plus ou moins attentive de Tiger, l’adorable morkie devenu la mascotte non-officielle de la Radio Pirate. La petite bête sommeillait sous les caresses de son maître pendant qu’« Éric », derrière le micro, se prélassait dans une entrevue qui le flattait largement, lui aussi, dans le sens du poil.
Le chef conservateur répétait vouloir servir de « chien de garde des contribuables » à l’Assemblée nationale pendant que Tiger se reposait, bien assoupi, dans sa couchette. Il faudra sans doute prendre un autre modèle que ce mignon morkie pour satisfaire une base conservatrice avide de brasser la cage ! Le petit chien au nom de grand félin n’a jamais bronché, japé ni montré l’ombre d’une dent contre qui que ce soit pendant la demi-heure d’entrevue — un peu à l’image de son maître et de ses questions bien sages.
À l’abordage !
De retour sur la terre ferme, Éric Duhaime a eu droit à un accueil aussi chaleureux lors d’une marche des aînés tenue au centre-ville de Québec. Rares étaient les gens aux cheveux blancs opposés à l’entrée du conservateur à l’Assemblée nationale. « Il va brasser, racontait Irène Gingras. Ça prend ça. » Idem dans la halte-bouffe du centre commercial des Galeries de la Capitale, un peu plus tard en journée, où Éric Duhaime avait la popularité d’une barquette de frites après un long jeûne. « Hein ! C’est M. Duhaime ! Malade ! » a lancé un jeune venu de Sept-Îles. Cet enthousiasme, voire cette affection sincère à l’égard du chef conservateur, ponctue les derniers jours de sa campagne.
Signe que le navire conservateur, quatre ans après la pandémie, ne vogue plus autant à contre-courant.
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