Les ministres provinciaux de la Santé demandent à Ottawa de renouveler du financement

(Ottawa) Les ministres de la Santé provinciaux sont préoccupés des effets « profonds et négatifs » sur les patients et les employés du secteur de la santé qui pourraient advenir si des accords de financement relatifs à la santé mentale, à la dépendance et aux soins à domicile ne sont pas renouvelés dans le prochain budget du gouvernement fédéral.
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Sarah Ritchie La Presse Canadienne
Ils se sont réunis en début de semaine, en présence de leurs homologues des ministères des Finances, pour discuter de la perte de financement prévue de 1,2 milliard en mars prochain.
Dans un communiqué publié jeudi, les ministres indiquent qu’ils sont « unis pour demander au gouvernement fédéral de s’asseoir à la table des négociations en tant que partenaire financier à part entière et engagé, et de garantir de toute urgence que les Canadiens continueront d’avoir accès aux soins et services vitaux dont ils ont besoin ».
La présidente et cheffe de direction de l’Association canadienne pour la santé mentale, Marion Cooper, affirme que le financement dédié à la santé mentale et aux dépendances au cours de la dernière décennie avait permis la création de programmes et de services dans tout le pays, allant des programmes destinés aux jeunes à la prévention, en passant par le soutien par les pairs.
« De constater d’une réduction du financement ciblé serait problématique et préoccupant quand on sait que les besoins sont importants dans notre communauté, même avec le niveau de financement actuel », dit-elle.
Mme Cooper indique qu’il existe un « consensus assez fort » entre les différents ordres de gouvernement et les organisations de défense des droits sur la nécessité d’un financement ciblé.
« S’il est intégré dans un cadre plus large comme le Transfert canadien en matière de santé, nous craignons que ces ressources ne soient pas nécessairement axées vers la santé mentale ou les organismes communautaires », explique-t-elle.
Les ministres de la Santé avancent que la fin des accords de financement équivaut à un « précipice budgétaire » qui aura un impact tangible sur les patients, et préviennent que cela pourrait entraîner des pertes d’emplois dans le secteur de la santé.
Un financement aux utilisations précises
Dans le budget 2023, le gouvernement fédéral s’est engagé à consacrer un total de 200 milliards à du financement supplémentaire dans le domaine de la santé sur une période de 10 ans.
Ces fonds devaient contribuer à élargir l’accès à la première ligne, à réduire les retards dans les listes d’attente de chirurgie, à améliorer les services de santé mentale et de prise en charge des dépendances, ainsi qu’à moderniser le système de santé, à la suite des problèmes généralisés rencontrés dans le secteur des soins de santé à travers le pays pendant et après la pandémie de COVID-19.
Une partie de cette somme, soit 4,8 milliards, a été réservée sur quatre ans pour améliorer les soins à domicile, les soins de proximité ainsi que les services de santé mentale et de prise en charge des dépendances. Ce financement doit prendre fin en mars 2027.
Un autre financement de 3 milliards destiné à améliorer la sécurité des soins de longue durée doit prendre fin en 2026, et 1,7 milliard destinés aux salaires des préposés aux bénéficiaires seront versés d’ici 2028.
Les provinces et les territoires font aussi part de leurs inquiétudes quant à l’avenir du Transfert canadien en matière de santé, dont la croissance est garantie à hauteur de 5 % par an jusqu’en 2028. Le budget fédéral prévoit que ce transfert augmentera d’au moins 3 % par an après cette date. Les premiers ministres provinciaux estiment que le seuil de 5 % doit être maintenu.
Les ministres de la Santé indiquent que la ministre fédérale de la Santé, Marjorie Michel, et le ministre fédéral des Finances, François-Philippe Champagne, ont décidé de ne pas participer à la réunion de cette semaine.
PHOTO ADRIAN WYLD, ARCHIVES LA PRESSE CANADIENNE
La ministre fédérale de la Santé, Marjorie Michel
Depuis son entrée en fonction l’année dernière, Mme Michel affirme que la santé mentale figure parmi ses trois principales priorités en tant que ministre.
Elle doit rencontrer ses homologues provinciaux et territoriaux plus tard ce mois-ci à Winnipeg, et un porte-parole de son cabinet indique qu’elle a l’intention d’aborder cette réunion dans un esprit de collaboration.
« Il est important de noter que de nombreux programmes gouvernementaux et engagements de financement sont conclus pour des durées déterminées, ce qui permet au gouvernement d’examiner ou d’évaluer périodiquement leur efficacité avant de décider de les renouveler ou d’y apporter des modifications », écrit le porte-parole pour Mme Michel, Alexandre Bergeron, dans une déclaration transmise par courriel.
M. Champagne doit présenter le prochain plan budgétaire des libéraux plus tard cet automne.
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