PunchPanel names 33 miners who died in NSCDC custody in NigerDaily MaverickWildlife is not livestock — Aucamp’s dangerous plan to turn conservation into agricultureInquirerMimaropa drug bust in Palawan yields ₱51,884 worth of ‘shabu’The Jerusalem PostIDF kills three terrorists in Gaza, including Hamas Nukhba who kidnapped Alexander Dancyg on Oct. 7ESPNThe joy and pain that define baseball were in full force in Rays' incredible Game 4 winSoompiGong Myoung Signs With BH EntertainmentThe South AfricanElections 2026: What is a spoilt vote? Here are 7 examples [photos]ZDF heuteAktuelle Pressemitteilungen des ZDF3DNewsAmazon потратит ещё $11,5 млрд на борьбу со Starlink — США одобрили поглощение GlobalstarVilaWebBiel Mesquida, la Bressola i el Correllengua Agermanat, entre els Premis 31 de Desembre de l’OCBSRF NewsNach Rückführung aus Nigeria – Ist es riskant, Ebola-Patienten in Schweizer Spitälern zu haben?Rai NewsSpagna: scontro tra treni, precipitano vagoni: decine di morti e numerosi feriti
The Daily Newsstand · Free, Always
Wednesday, October 28, 2026

Femmes dans la rue, le soir | « Je me sens tout le temps en danger »

Translate

Diana Rodriguez, 19 ans, travaille et vit dans le quartier Hochelaga-Maisonneuve. Lorsqu’elle quitte la crémerie où elle travaille, le soir, elle ne se sent pas en sécurité en marchant vers le métro ou en attendant son taxi.

« Surtout en tant que femme. Je me sens tout le temps en danger, et je préfère prendre des mesures, comme appeler une amie ou ma mère. Comme ça, si quelque chose arrive, quelqu’un était au courant d’où j’étais », dit-elle.

La jeune femme est loin d’être une exception, montre une étude de l’Institut national de santé publique du Québec (INSPQ) dévoilée il y a quelques mois.

Si 97 % des hommes disent se sentir en sécurité en marchant seuls dans leur voisinage quand il fait noir, chez les femmes, cette proportion baisse à 87 %.

« C’est important de documenter le sentiment de sécurité parce qu’on sait que c’est un facteur déterminant dans l’usage des lieux publics et que ça peut influencer les choix et les comportements », dit Catherine Moreau, conseillère scientifique et autrice de l’étude.

« Faire attention aux hommes »

Ainsi, près de quatre femmes sur dix (37,8 %) disent prendre une voiture, un taxi ou les transports en commun plutôt que de marcher pour se sentir plus en sécurité. Seuls 12 % des hommes font de même.

Près de 14 % des femmes restent à la maison en soirée par peur de sortir seules, contre 2 % des hommes.

« On est beaucoup éduquées, surtout les femmes quand on est jeunes, à faire attention quand on sort le soir, à faire attention aux hommes, donc c’est sûr que plus on vieillit, plus on s’informe sur le sujet », dit Chloé Blanc-Schmitt, croisée dans le Vieux-Montréal avec deux de ses amies un mercredi soir d’octobre.

Il y a des inquiétudes qui viennent avec ça. C’est clair que quand on se promène le soir, on essaie de garder ça en tête, on ne met pas d’écouteurs, de musique, pour être le plus en sécurité.

Chloé Blanc-Schmitt

L’INSPQ s’est penché sur la question à la demande du Secrétariat à la condition féminine, dans le cadre de sa stratégie pour l’égalité entre les femmes et les hommes.

Pour les femmes, ces différences de comportements dans l’espace public peuvent signifier qu’elles sont limitées dans leurs activités sociales, éducatives, dans leur travail, illustre Mme Moreau.

Des techniques pour avoir moins peur

Le Conseil jeunesse de Montréal s’est aussi intéressé au sentiment de sécurité. Sa consultation, menée auprès des jeunes de 15 à 30 ans, démontre que ce sont les femmes qui se sentent le moins en sécurité dans la métropole.

« Le sentiment de sécurité, c’est la capacité de se présenter en public comme on est, sans altérations, et se sentir accepté », définit Gaëlle Guillaume, présidente de ce Conseil.

Communiquer le lieu où l’on se trouve, changer de trottoir, faire semblant de parler à quelqu’un au téléphone sont au nombre des « tactiques d’évitement » utilisées quand la peur se fait sentir chez les personnes sondées par l’organisme.

Stellie Desgagnés-Legros explique qu’elle essaie « de se camoufler » lorsqu’elle marche dans la rue, le soir.

« Je mets ma capuche, je suis dans mon monde, les gens ne veulent pas trop me déranger. J’ai pas l’air gentille, j’ai l’air un peu menaçante », affirme-t-elle, suscitant les rires de ses deux amies.

Le quart des jeunes sondés par le Conseil jeunesse disent adopter une telle tactique « d’ajustements corporels, comme le port de lunettes de soleil, une démarche rapide, une posture ramassée, une démarche droite », lit-on dans le rapport.

« Tout le monde a droit à la rue, aux espaces publics. Ce serait quand même dommage, surtout dans un contexte où l’on voit beaucoup la montée du masculinisme, de voir qu’on n’a pas des droits égaux à la ville », dit Gaëlle Guillaume.

De même, les quartiers de Montréal ne sont pas tous égaux.

Outremont, Rosemont–La Petite-Patrie, Saint-Laurent et Le Plateau-Mont-Royal figurent au nombre des endroits où les jeunes se sentent le mieux. À Montréal-Nord, 18 % des jeunes disent ne « jamais » avoir l’impression d’être en sécurité. Suivent Mercier–Hochelaga-Maisonneuve et Ville-Marie (16 %), Saint-Léonard et Villeray–Saint-Michel–Parc-Extension (14 %), puis Verdun (13 %).

« Les facteurs sécurisants, c’est la présence des familles, des arrondissements où on a misé sur des aménagements sécuritaires, verts, inclusifs. On ne le réalise pas, mais le banc cassé, la lumière qui n’a pas été remplacée et qui clignote, des parcs et des mobiliers urbains qui sont en mauvais état : tout ça contribue [à l’insécurité] », dit Mme Guillaume.

Un portrait aux réalités multiples

Le sentiment de sécurité ne va pas nécessairement de pair avec la hausse de la criminalité. « Pour la période de 2018 à 2022, le taux global d’infractions contre la personne déclarées par la police commises dans les lieux publics au Québec a augmenté de 19 %. Cette augmentation est davantage marquée chez les hommes (+21,7 %) que chez les femmes (+15 %) », note l’INSPQ dans son rapport. « Les hommes sont les principales victimes d’homicides, de tentatives de meurtre, tandis que les femmes sont majoritairement victimes d’infractions sexuelles. Environ cinq infractions sexuelles sur six sont commises envers les femmes. Ça inclut les agressions sexuelles, mais aussi les contacts sexuels et le voyeurisme dans les lieux publics », dit Catherine Moreau, conseillère scientifique à l’INSPQ. Elle ajoute que les femmes sont aussi la cible d’autres comportements violents et sexistes comme les incivilités, le harcèlement de rue, comme les sifflements, les regards insistants, « des comportements qui ne sont pas nécessairement criminalisés ».

View the original on La Presse →

KioskNews shows a cleaned-up reading view extracted from the publisher’s page — the original always lives on their site, not ours.