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Saturday, October 3, 2026

Faut-il croire Mediapart après ses révélations sur les propos antisémites attribués à Jordan Bardella?

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Ce sont des informations fracassantes qui bousculent le début de campagne, à quelques mois de la présidentielle en France. Le journal en ligne Mediapart a été, cette semaine, au centre de révélations sur le passé antisémite de Jordan Bardella. Pourtant, le président du Rassemblement national nie les propos qui lui sont attribués.

Jordan Bardella a déclaré qu'il allait porter plainte pour diffamation et pour « faux et usage de faux » après la publication par Mediapart de messages complotistes et antisémites qu'il aurait tenus en 2013 sur la messagerie de Facebook, lorsqu'il avait 17 ou 18 ans. Après avoir attaqué le journal en ligne en l'associant à une « barbouzerie », le président du Rassemblement national (RN) a déclaré, selon ses proposés, « la guerre totale », expression empruntée tant à Léon Daudet, cofondateur de l'Action française, qu'au nazi Joseph Goebbels.

La meilleure défense étant sans doute l'attaque, Marine Le Pen a conseillé à Mediapart de revêtir « son costume en kevlar », en voulant faire croire à une tentative de déstabilisation d'extrême gauche. Au RN, le journaliste Edwy Plenel – au passé trotskyste – est cité comme étant le « propriétaire de Mediapart », alors qu'il n'en que le cofondateur, et les preuves avancées sont qualifiées « de faux grossier ».

Quelles sont les preuves du journal en ligne ?

Mediapart ne publie pas seulement des extraits venant de deux sources différentes. Il explique aussi sa méthode, qui a consisté à demander à l'une de ses sources de solliciter auprès de Facebook – donc Meta – un téléchargement de ses échanges en 2013 avec Jordan Bardella. Puis, cela été authentifié par huissier, prouvant ainsi, selon le journal, que cette conversation n'a pas été modifiée a posteriori. Mediapart s'est aussi assuré qu'il s'agissait bien du bon Jordan Bardella par des éléments biographiques.

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Mediapart peut-il être victime d'une manipulation ?

C'est très peu probable. D'abord parce que ce journal a l'habitude d'enquêter : il a révélé les principales affaires politico-financières de ces dernières années, des enregistrements de Liliane Bettencourt au compte bancaire suisse de Jérôme Cahuzac, le ministre du Budget socialiste, en passant par le financement de la campagne de Nicolas Sarkozy par Mouammar Kadhafi qui a valu à l'ancien président une condamnation en justice et un séjour en prison. Le RN accuse d'ailleurs Mediapart d'avoir publié une fausse note libyenne alors que le journal a bénéficié d'un non-lieu et même reçu un chèque de Sarkozy conservé à la rédaction après sa plainte.

Au total, Mediapart précise que sur plus de 300 procédures judiciaires, il n'a eu que cinq condamnations définitives, antérieures à 2013 et jamais sur ses grandes révélations. Enfin, il faut ajouter que ce n'est pas la première fois que Jordan Bardella est mis en cause pour ses échanges passés : il l'avait déjà été en 2024 par l'émission Complément d'enquête sur France 2 pour des messages sur Twitter où il qualifiait l'antisémite Alain Soral de « grand sociologue ». La plainte pour diffamation, annoncée par Bardella, n'est jamais arrivée.

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