RTP DesportoFlamengo falha final da LibertadoresInquirerBicol launches ‘Bring Your Own Bote’ drive to fight plastic wastePunchPeter Obi can never be South-East’s best — UmahiESPNCaleb Williams, Bears find just enough to hold off PatsThe Jerusalem PostJared Kushner had access to billions in UAE, Saudi funds, including Israeli bank account - reportBollywood HungamaMadhur Bhandarkar announces Syama – The Missing Chapter on Dr. Syama Prasad MukherjeeInquirer EntertainmentQCinema 2026 unveils lineup, Bianca Umali’s ‘Ella Arcangel’ is opening filmCNN TürkYeni DTS:X desteği ile daha fazla esneklikRTL BoulevardVolvo schrapt nog eens 2500 banen, wijst naar zwakke verkoop in ChinaDaily MaverickCONSTITUTION @ 30: Art, justice and Ruth Bader Ginsburg — Celebrating 30 years of the Constitutional CourtZDF heuteAktuelle Pressemitteilungen des ZDFSky TG24Addio a Ryu Murakami, enfant terrible della letteratura giapponese
The Daily Newsstand · Free, Always
Friday, October 23, 2026

Comment l’arrivée de l’iPod, il y a 25 ans, a bouleversé l’industrie musicale

Translate

Le 23 octobre 2001, Steve Jobs dévoilait le tout premier iPod devant une centaine de journalistes au siège social d’Apple en Californie, avec une promesse aux mélomanes : « 1000 chansons dans votre poche ». Un quart de siècle plus tard, l’appareil au design épuré a cédé sa place à l'iPhone, mais il aura marqué à jamais l’industrie musicale.

Au tournant des années 2000, les ventes de disques compacts commencent à décliner après une période dorée qui vient d’atteindre un sommet historique. Le format MP3 – qui permet de compresser et transférer les pistes d’un CD vers un ordinateur – gagne du terrain, propulsé par Napster, pionnier du partage pair à pair lancé en 1999.

L’industrie du disque a paniqué avec l’arrivée de Napster, parce que les gens pouvaient s’échanger la musique entre eux. Ça a créé un réseau de distribution en dehors des circuits marchands, explique Roland-Yves Carignan, professeur à l’École des médias de l’UQAM dans le programme Médias numériques et société, ainsi que celui de journalisme.

L'iPod a été accueilli avec un mélange d'excitation et d'appréhension, et les deux étaient justifiés, se souvient Luc De Larochellière, qui en 40 ans de carrière a connu autant l'avant que l'après-iPod.

Pour le marché québécois, ça va tuer l'industrie d'une certaine façon, parce que ça va nous ramener dans un monde d'artisanat où les albums sont des cartes de visite, finalement. Et on ne vit plus en faisant des disques, aujourd'hui.

Au Québec, on est passés de 50 à 60% de consommation locale à environ 5 %. Ceci dit, est-ce que je reviendrais moi-même en arrière au niveau de ma façon d'écouter de la musique? Probablement pas, mais disons que ça a été une grosse tempête.

L'homme d'affaires parle sur scène devant une image d'un iPod.

Steve Jobs, cofondateur et ex-PDG d'Apple décédé en 2011, a dévoilé le premier modèle du iPod le 23 octobre 2001.

Photo : The Associated Press

L’iPod et iTunes : une solution au piratage

Face à l'éclatement de leur modèle, huilé pendant des décennies, les maisons de disques se rebiffent et intentent des poursuites contre Napster, ainsi que ses utilisateurs. Une approche qu’elles seront vite amenées à réviser face à l'engouement pour l’iPod, mais aussi pour l’application iTunes, lancée neuf mois plus tôt.

Face au piratage, Apple est arrivé avec une solution élégante, officielle, légale : iTunes, un équivalent de Napster, mais qui protège les droits. On pouvait transférer nos propres CD, mais ils étaient encodés de manière à prouver qu’on avait déjà acheté la musique, explique M. Carignan.

Les acteurs de l’industrie encore récalcitrants se rallieront en grande partie à Apple en 2003 avec le lancement de l’iTunes Store, qui permet aux utilisateurs d’acheter des chansons à la pièce pour 99 cents.

C’est venu sauver les meubles, ça a permis à l’industrie du disque de ne pas tout perdre, poursuit M. Carignan. L’iTunes Store a été un succès immédiat. En quelques mois, il y avait déjà 25 millions de pièces qui avaient été téléchargées.

Steve Jobs présente quatre modèles d'iPod Nano

Différents modèles du iPod Nano, produit par Apple de 2005 à 2017

Photo : Reuters / Robert Galbraith

À terme, la bouée de sauvetage des maisons de disques viendra diminuer leur poids dans l'industrie, alors qu’Apple s’impose de plus en plus comme intermédiaire entre l’artiste et son public.

Aujourd’hui, qui distribue de la musique? Ce sont les grandes entreprises technologiques, et la première à l’avoir fait, c’est Apple, résume Roland-Yves Carignan.

Ce dernier affirme d'ailleurs que Spotify, lancé en 2006, était littéralement financé par l'industrie du disque pour faire concurrence à Apple.

Avec Spotify, on a assisté à la dématérialisation de la musique. Au début, avec l’iTunes Store, on achetait la musique à la pièce. Aujourd’hui, la notion de propriété s’étiole, on n’achète plus, on s’abonne.

Du iPod au jukebox céleste

Si l’iPod n’était pas le premier lecteur MP3 sur le marché en 2001, il s’est distingué avec son format compact, la durée de vie de sa batterie et son espace de stockage de 5 GO, soit l’équivalent de 1000 chansons, alors que ses concurrents volumineux et encombrants pouvaient stocker tout au plus 10 à 12 chansons.

L’appareil a aussi pu bénéficier d’une importante campagne de marketing, qui a marqué les esprits avec ses publicités sur fonds colorés, où les écouteurs blancs iconiques de l’iPod se découpent sur des silhouettes en train de danser.

Entre 2001 et 2022, année où Apple a mis fin à la commercialisation de l’iPod, l’appareil s’est décliné en plusieurs familles, dont les iPod mini, nano, shuffle et touch, et s’est vendu à environ 450 millions d’exemplaires dans le monde. Le gadget autrefois révolutionnaire a graduellement été remplacé par l'iPhone, couteau suisse d'Apple dévoilé en 2007.

En 2007, le PDG d'Apple, Steve Jobs, présentait le premier modèle du téléphone iPhone.

En 2007, le PDG d'Apple, Steve Jobs, présentait le premier modèle du téléphone iPhone.

Photo : Getty Images / David Paul Morris

Selon André Mondoux, professeur à la retraite de l’École des médias de l’UQAM qui a suivi de près les balbutiements du marché musical numérique, l’iPod a réussi à sublimer une tendance qui se dessinait depuis quelques années déjà.

Comme une sorte de Walkman sur les stéroïdes, l’iPod s’inscrit dans une dynamique d'hyperindividualisme, c’est-à-dire l’emphase mise sur un individu émancipé de toutes normes, qui se libère d’une logique marchande. C’est ce que je veux, quand je veux, où je veux, illustre-t-il.

Selon lui, le modèle popularisé par Apple a aussi pavé la voie au celestial jukebox, un concept déjà évoqué en 1994 par le juriste américain Paul Goldstein; une sorte de jukebox dans le ciel qui donnerait accès à tout moment à un catalogue presque illimité de musique, comme Spotify et Apple Music aujourd’hui.

Avec les informations de Nabi-Alexandre Chartier

À lire aussi :

View the original on Radio-Canada →

KioskNews shows a cleaned-up reading view extracted from the publisher’s page — the original always lives on their site, not ours.